SARLANDIE Marc, Guillaume [Pseudonyme dans la Résistance : Étienne]

Par Dominique Tantin, Laurent Thiery, Michel Thébault

Né le 14 avril 1896 à Cherveix-Cubas (Dordogne), fusillé après condamnation à mort le 28 mars 1944 au fort Lobau de Bondues (Nord) ; instituteur ; résistant de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Marc Sarlandié était le fils de Gabriel Sarlandie, tailleur d’habits âgé de 28 ans et de Marguerite Mazin, sans profession âgée de 21 ans. Lors de sa mobilisation pour la première guerre mondiale en avril 1915, il était titulaire du Brevet de l’Enseignement Primaire et exerçait la profession d’instituteur. Incorporé dans plusieurs régiments d’infanterie successifs, il fut blessé aux deux bras à Maurepas (Somme) le 30 juillet 1916. Nommé caporal en avril 1917 il fut promu maréchal des logis le 23 décembre 1918. Démobilisé le 20 septembre 1919, il se maria le 1er octobre 1919 à Chaumont (Haute-Marne) avec Louise, Alphonsine, Marthe Legrand. Le couple résida d’abord à Guéret (Creuse), Nouvelle route de Sainte-Feyre, où naquit leur fils aîné Gabriel le 13 juillet 1920. Il résida ensuite à Orléans (Loiret) où naquit leur deuxième enfant Étiennette en 1927. et était père d’un enfant. En 1929 Marc Sarlandié devint instituteur public à l’école de garçons d’Humbercamps (Pas-de-Calais). Au recensement de 1931 d’Humbercamps la famille résidait à l’école, sur la Grande place du village. Il fut à nouveau mobilisé en septembre 1939 dans le 308ème Régiment d’Artillerie Portée et fut promu maréchal des logis chef le 1er janvier 1940.

Dès octobre 1940, Marc Sarlandie entra en clandestinité. Il s’occupa du recrutement de résistants et repéra des terrains propices aux parachutages, dont il traça les plans pour les aviateurs alliés.
Membre de l’OCM à partir d’août 1943, il était toujours domicilié à Humbercamps (Pas-de-Calais). Suite à une série d’arrestations, le réseau de l’OCM local tomba, et Marc Sarlandie se rapprocha du Bureau des opérations aériennes (BOA). Il fut arrêté à Humbercamps le 6 mars 1944 par la Geheimfeldpolizei 716 d’Arras avec Jean Watel et André Velut à l’occasion de l’évacuation du dépôt d’armes de La Herlière, constitué depuis septembre 1943 et caché dans un souterrain attenant à la ferme Labis. Le propriètaire, Achille Labis mourut en déportation. Incarcéré à Arras à la prison Saint-Nicaise, dans la chambre numéro 33, jusqu’au 14 mars 1944 puis à Loos-lès-Lille (Nord), il fut condamné à mort le 28 mars 1944 par le tribunal spécial du 65e corps d’armée allemand, celui relevant de « l’ange gardien des V1 ». Dans le plus grand secret, il a été fusillé le jour même au fort Lobau de Bondues avec deux membres de l’OCM, Julien Dautremer et Alfred Delaval, ainsi qu’avec deux résistants, Paul Riff et « Hubsch ». Jean Watel fut exécuté au même endroit le 1er mai 1944.

Il obtint la mention mort pour la France, fut homologué FFI et obtint le statut Interné-Résistant (DIR). Marc Sarlandie a été décoré à titre posthume de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre et par décret du 30 janvier 1916 de la Médaille de la Résistance. Son nom a été donné à l’école primaire publique d’Humbercamps dont il était l’instituteur, et figure avec son fils Gabriel sur le monument aux fusillés de Bondues, ainsi que sur le monument aux morts d’Humbercamps.

Son fils Gabriel Sarlandié, également engagé dans la Résistance, fut fusillé sommairement par les Allemands lors de la libération de Sailly-au-Bois (Pas-de-Calais) le 1er septembre 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164700, notice SARLANDIE Marc, Guillaume [Pseudonyme dans la Résistance : Étienne] par Dominique Tantin, Laurent Thiery, Michel Thébault, version mise en ligne le 9 décembre 2014, dernière modification le 24 juin 2021.

Par Dominique Tantin, Laurent Thiery, Michel Thébault

SOURCES : SHD Caen AVCC, Caen AC 21 P 670279 (Notes Thomas Pouty). — Arch. Dep. Creuse, Dordogne, Pas-de-Calais (état civil, registre matricule, recensements) — Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, op. cit. — Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256. — Site Internet http://www.ville-bondues.fr/musee/h. — Site Internet http://www.memoresist.org/spip.php?... — Mémoire des Hommes — Mémorial GenWeb. — Notes Julien Lucchini. — Fonds « André Velut » (La Coupole). – État civil en ligne cote 5MI08108_ 004, vue 7.

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