KOEPFLER Paul, Jean

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 14 février 1921 à Belfort (Territoire de Belfort), abattu par les Allemands le 31 mars 1943 à Poligny (Jura) ; marchand forain ; passeur ; agent des services de renseignement militaires, résistant.

Né dans une famille d’origine alsacienne, Paul Koepfler était fils de Caroline Madeleine Koepfler, sans profession. Déclaré à la naissance par le père, François Weichinger, allumeur de gaz, la reconnaissance fut annulée par jugement du Tribunal civil de Belfort le 4 mai 1921.

Paul Koepfler était marchand forain.

Après la défaite de 1940, Belfort avait été incluse dans la « zone réservée » (ou « zone interdite ») délimitée pour accueillir des colons allemands et était devenue de ce fait un point de passage vers la zone non-occupée pour les nombreux Alsaciens et Lorrains désireux d’échapper à la conscription dans les armées du IIIème Reich. Paul Koepfler se fit passeur et acquit une grande renommée après avoir réussi à faire franchir la ligne de démarcation à 120 personnes au cours de la nuit de Noël 1940. Cet exploit lui valut d’être condamné à mort par contumace et de voir sa tête mise à prix par les autorités allemandes. Il attira également l’attention des services de renseignement militaires français qui le recrutèrent pour effectuer des liaisons et des missions d’espionnage en zone interdite. Il s’était établi à Poligny (Jura).

Arrêté le 3 mars 1941 prés d’Arbois (Jura) alors qu’il retournait à Belfort, porteur d’un courrier important, il fut transféré à Besançon où il subit de durs sévices. Sa condamnation à mort ayant été confirmée, Paul Koepfler se trancha la gorge dans sa cellule, quatre jours avant la date prévue pour son exécution. La blessure était si profonde que les Allemands le jugèrent perdu et le firent transférer à la morgue de l’hôpital Saint-Jacques où il reçût les derniers sacrements. Mais le personnel médical réussit à le sauver et à le faire évader vers la zone non-occupée. Sa blessure lui avait tranché les cordes vocales et nécessitait des soins qu’il reçut à Poligny (Jura) puis à Lyon (Rhône). Il allait en conserver une large cicatrice et une forte altération de la voix. Le général Frère, gouverneur militaire de Lyon, lui adressa une lettre de félicitations pour sa conduite héroïque.

A l’automne 1941, il reprit ses activités de résistance. Après l’occupation de la zone sud en novembre 1942, les services allemands de contre-espionnage se lancèrent de nouveau à sa recherche. Ils finirent par le localiser grâce à des indicateurs. Le 31 mars 1943, alors que Paul Koepfler se trouvait au bar de l’Hôtel de Ville de Poligny avec des amis, deux policiers allemands en civil entrèrent dans l’établissement. Le résistant les repéra aussitôt et sortit. Mais les policiers qui étaient munis de sa photo lui emboîtèrent le pas et firent feu sur lui sans sommation. Mortellement blessé, Paul Koepfler s’effondra juste devant la mairie de Poligny. Le 2 avril 1943, prés de 4000 personnes assistèrent à ses obsèques.
Après la guerre, une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l’Hotel de Ville de Poligny pour perpétuer sa mémoire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164716, notice KOEPFLER Paul, Jean par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 29 octobre 2014, dernière modification le 30 juin 2020.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : Les cahiers français N° 43-58, édités par le Comité français de la libération nationale, Alger, 1943 . — André Bresson, Une poignée de braves : épisodes de la Résistance franc-comtoise, Nouvelles éditions jurassiennes, 1965. — Jean Riche, La Franche-Comté sous l’occupation allemande et sa libération, éd. Marque-Maillard, 1979 ; Musée de la résistance et de la déportation de Besançon. — Marie-Claude Pelot, Paul Koepfler, passeur et résistant, éd. Cabédita, 2017. — État civil.
ICONOGRAPHIE : http://histoiresdefamille.site.voila.fr. — www.plaques-commemoratives.org .

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