BAUDU Louis, Victor

Par Gilles Pichavant

Né le 30 décembre 1884 au Havre, (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; chaudronnier puis facteur mixte des chemins de fer de l’État au Havre ; syndicaliste CGT, révoqué en 1920 ; socialiste.

Fils d’un employé des chemins de fer et d’une couturière, Louis Baudu après une formation de chaudronnier, effectua son service militaire d’octobre 1905 à août 1906. Le 5 août 1907, il entra aux chemins de fer de l’État comme facteur mixte à la gare de Sauchay-Bellengreville à côté de Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), se maria à Harfleur (Seine-inférieure, Seine-Maritime) le 18 décembre 1909, et eut au moins un enfant.

En août 1914, affecté spécial à la gare du Havre, il donna son adhésion au syndicat CGT des Cheminots réactivé en 1916. En janvier 1918, il succéda à Pierre Egreteau au secrétariat de l’organisation. Il était assisté de Francis Fouré et d’Émile Médard (secrétaires adjoints), de Gabriel Jousson (trésorier), de Frédéric Bellamy (trésorier adjoint) et de Henri Feuilloley (Archiviste).

Il fut remplacé par Francis Fouré comme secrétaire du syndicat, au printemps 1919. D’après la police, celui-ci lui aurait reproché d’être trop modéré. Pourtant le 14 mai, alors qu’il était le secrétaire de la section socialiste d’Harfleur, il réunit les militants socialistes d’Harfleur salle Noblet, et fit voter un ordre du jour condamnant les arrestations de militants, suite à la 2e grève des chemins de fer. Cet ordre du jour se terminait par "Vive la Révolution".

D’après la police, Louis Baudu se livra « après le déclenchement de la grève générale par la CGT », à « une active propagande révolutionnaire ». A plusieurs reprises, et notamment les 7 et 10 mai, il aurait incité les grévistes métallurgistes à entrainer dans la grève les autres ouvriers des usines Bassot et Schneider, « si besoin en employant la force ». Il participa de manière active, à l’extension de la grève dans les services publics, et fut accusé de donner « un caractère révolutionnaire aux grèves », « dans le but de renverser l’ordre établi ».
Il fut arrêté par la police le 17 mai, sur ordre du préfet de Seine-inférieure qui se référait à une circulaire télégraphique du 3 mai 1920, émanant du ministre de l’Intérieur, se rattachant à l’inculpation sont furent l’objet Henri Sirolle, Gaston Monmousseau, André Leveque et Lucien Midol. C’était, en réalité, une manœuvre du gouvernement pour désorganiser la grande grève des cheminots et la gauche révolutionnaire en général. Une perquisition fut effectuée à son domicile par la gendarmerie, dans laquelle on trouva de nombreux exemplaires de l’Humanité, de La Tribune des cheminots, et de Les Chemins de fer de l’État. On trouva un seul exemplaire de La Vague, ainsi que de La Revue Communiste. On trouva des courriers de la fédération socialiste, ainsi quelques brochures communistes comme : La Constitution de la République des soviets ; Le Communisme ; Éloge des bolchéviks ; Aux peuples assassinés ; Les profiteurs de guerre ; etc., Il y avait aussi 51 cartes de grève de la Métallurgie, et 17 cartes de grève des cheminots.
Louis Baudu fut révoqué des chemins de fer le 14 mai, avec d’autres employés des chemins de fer du Havre : Frédérique Bellamy*, Gabriel Boutonnier, Armand Chaignaud*, François Dufros, Égreteau, Fournigault, Francis Fouré, Pierre Guerrier, Charles Heurteaux*, Jules Jézéquel, Gaëtan Josse, Auguste Lesauvage, ainsi que neuf agents temporaires dont Maurice Gateau.

En 1921, il quitta le Havre pour Saint-Santin-des-Maurs (Cantal) puis, réintégré comme facteur mixte à la gare d’Yvetot le 1er décembre 1924, il obtint sa mutation à Paris en 1925.
En 1920, il habitait 11 rue des Cent-Quatre à Harfleur puis 14 rue Rambuteau à Paris (3e arr.) à partir de 1925.

La fiche de renseignement de la police le décrit ainsi : taille 1m 60, cheveux et barbe bruns, visage ovale, bouche moyenne, et corpulence moyenne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164868, notice BAUDU Louis, Victor par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 1er avril 2021, dernière modification le 1er avril 2021.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. de Seine-Maritime, 2Z/76, 10M358, 10 MP 1408 Bureaux syndicaux 1918-1919, 1 MP 495 Grèves de 1920, 2 Z 183, État civil, Registre matricule militaire. — Le Fil Rouge, n° 34, revue de l’IHS-CGT-76. — Notes de Jean-Jacques Doré.

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