BERTHEREAU Paul, Henri, Louis

Par Paul Foulet

Né le 25 janvier 1911 à Fréteval (Loir-et-Cher), mort le 11 avril 1945 à Oranienburg (Allemagne) en déportation ; instituteur ; militant syndicaliste et communiste.

Paul Berthereau, le jour de son mariage en 1931.

Fils de Désiré Berthereau, employé des PTT (facteur receveur) et de Marie Joséphien Hérault, Paul Berthereau fut élève de l’École normale d’instituteurs de Blois (Loir-et-Cher) de 1927 à 1930. Après son service militaire accompli en 1930-1931, il fut nommé instituteur adjoint à Blois.
Paul Berthereau se maria le 10 mars 1931 à Saint-Gervais la Forêt ( banlieue de Blois) avec Mandard Madeleine Louise. Il adhéra au Syndicat des membres de l’enseignement laïc de Loir-et-Cher et au groupe des jeunes de la CGTU. À la fusion des deux syndicats d’instituteurs confédéré et unitaire, le 25 octobre 1934, Paul Berthereau fut élu membre du conseil syndical avec 371 voix sur 384 votants et 652 inscrits. Le 19 novembre 1936, il succèda à Maurice Millet* au poste de secrétaire général de la section départementale du SNI. Il mena de pair l’action syndicale et, comme militant communiste, l’action politique. Il avait constitué, dès 1934, de nombreux comités locaux de lutte contre la guerre et le fascisme, liés au mouvement Amsterdam-Pleyel ; il fut jusqu’en 1938 le secrétaire administratif du comité départemental et le responsable du bulletin mensuel des comités antifascistes de Loir-et-Cher. C’est à ce titre qu’il participa à l’organisation par le comité de coordination des forces antifascistes de Loir-et-Cher, à la manifestation populaire du 10 février 1935 à Blois ; c’est à ce titre également qu’il fut membre du Centre de liaison départemental des associations pacifistes de Loir-et-Cher, centre adhérant au Rassemblement universel pour la paix, RUP. Membre du comité départemental de Front populaire en avril 1936, il occupa alors une place importante dans l’action politique en Loir-et-Cher. Au congrès de l’UD, à Blois, le 20 décembre 1936, congrès présidé par Léon Jouhaux*, il intervint pour demander une modification des statuts donnant, dans la commission exécutive, la majorité aux membres élus sur les membres de droit, ce qui fut réalisé.
En 1937 et 1938, Paul Berthereau fut secrétaire départemental du Cartel des services publics ; à ce moment, élu en tête de liste au conseil syndical de la section départementale du SNI, le 3 janvier 1938, réélu secrétaire général, il avait, syndicalement, une position de premier plan dans le département. À la suite d’incidents d’ordre privé, il fut contraint de donner sa démission de secrétaire général de la section départementale du SNI le 23 décembre 1938 et déplacé d’office à Lunay, école mixte du hameau des Monts, en janvier 1939. Les élections au conseil syndical de la section du SNI qui s’ensuivirent, marquèrent le recul des ex-unitaires et leur disparition du conseil syndical, par 227 voix contre 26, où ils étaient majoritaires depuis 1938 (13 ex-unitaires, 7 ex-confédérés). Nommé de nouveau instituteur adjoint à Blois, mais changé d’école, le 18 avril 1939, Paul Berthereau fut mobilisé le 21 août 1939 comme lieutenant au 113e régiment d’infanterie puis muté au 23e régiment de marche des volontaires étrangers ; sa conduite au cours de la campagne de 1940 lui valut la croix de guerre avec palme.
Rendu à son activité civile le 6 août 1940, il assura en 1941 des liaisons syndicales. Il représentait officiellement ses collègues de Blois, en 1943, pour un règlement des indemnités de logement par la mairie de Blois et, auprès de l’inspecteur d’académie, pour une répartition de secours. Il avait repris contact avec des membres de l’UD-CGT (voir Gaston Chartrain*) répondant à l’appel du bureau clandestin de la CGT. Il fit partie du triangle de direction du syndicat des instituteurs illégal pendant la guerre. Il anima le Front national et l’organisation des Francs-tireurs et Partisans de Loir-et-Cher. Il fut arrêté le 8 mars 1944, torturé, emprisonné à Blois, déporté le 14 mai à Buchenwald (Allemagne), puis le 8 juin à Ellerich, camp satellite de Dora (Allemagne) ; ce camp fut évacué le 4 avril 1945 ; Paul Berthereau fut descendu mourant, du train près d’Oranienburg (Allemagne), le 14 avril 1945.

Sa femme Madeleine a tenu à Blois un magasin de vêtements pour femme au pied du château et est devenue Présidente de veuves des déportés du Loir-et-Cher.

Le couple a eu trois enfants : Micheline, Pierre (lui-aussi instituteur communiste, très marqué psychologiquement par la mort de son père. Il lui apportait à manger à la prison de Blois. Il eut un destin tragique) et Jacques (décédé dans un accident de la route).

Une rue à Blois porte le nom de Paul Berthereau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16495, notice BERTHEREAU Paul, Henri, Louis par Paul Foulet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 22 mars 2021.

Par Paul Foulet

Paul Berthereau, le jour de son mariage en 1931.

SOURCES : Arch. Dép. Loir-et-Cher, fonds de la Bourse du Travail de Blois. — Bulletin départemental de l’instruction primaire de Loir-et-Cher. — Livre d’Or de l’enseignement public de Loir-et-Cher 1939-1945. — Bulletin de la section du Loir-et-Cher du SNI. — Bulletin de la section départementale du syndicat de l’enseignement laïc. — Bulletin des comités antifascistes de Loir-et-Cher. — Paix et Liberté, bulletin du Comité Amsterdam-Pleyel de Blois. — Mémorial de Buchenwald, Dora et Kommandos, édité par l’Association française Buchenwald, Dora et Kommandos, 1999. — Notes de Jean-Pierre Besse. — Notes de Marcel Coyau et d’Estelle Berthereau.

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