BERTHO Yvonne, Jeanne, Simonne

Par Daniel Grason

Née le 2 mars 1908 à Paris (XIVe arr.), morte le 15 avril 1995 à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) ; militante communiste ; résistante ; internée.

Fille de Jeanne, vingt-et-un an, domestique et de père inconnu, Yvonne Bertho fut reconnue par sa mère le 12 juin 1908. Elle épousa le 22 juin 1929 Alfred Ernest Leroy en mairie du XVe arrondissement, elle divorça le 23 mai 1940.
Yvonne Bertho vivait 14 rue Louis-Rolland à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine). Elle était connue de la police pour avoir milité à la section du Parti communiste de Montrouge. Elle fut secrétaire de Léon Piginnier député-maire communiste de Malakoff.
Militante communiste en 1940, arrêtée le 6 janvier 1940 pour distribution de tracts à Boulogne-Billancourt, elle fut condamnée le 5 avril 1940 à cinq ans de prison par le deuxième tribunal militaire de Paris pour « menées communistes ». Son pourvoi en cassation, comme celui de son co-inculpé, Lambert, fut rejeté. Elle fut incarcérée à la prison de Tours (Indre-et-Loire) et libérée le 30 mai 1940, avant l’arrivée des troupes allemandes.
Elle fut repérée lors d’une filature d’inspecteurs de la BS1 le 24 novembre 1942, alors qu’elle rencontrait à 9 heures 15 Suzanne Lacipière à l’angle du boulevard Raspail et de la rue Chomel à Paris (VIIe arr.). Elle était inconnue des policiers et fut identifiée par la suite. Les deux femmes se rendirent à pied jusqu’au métro Chambre des Députés, elles se séparèrent à 10 heures 15. Yvonne Bertho emprunta le métro et se rendit à Montrouge au 44, avenue Aristide-Briand.
Le 23 février les deux militantes se rencontrèrent à 10 heures 10 face au 62 de la rue de Provence à Paris (IXe arr.). Elles allèrent dans un café, conversèrent, puis se séparèrent, Yvonne Bertho regagna de Montrouge. Elle fut interpellée le 2 mars 1943 à la station de métro Cité Universitaire alors qu’elle était en compagnie de Suzanne Lacipière. Les policiers filaient des militants et militantes impliquée dans ce qui deviendra l’affaire Pierre Brossard.
Interrogée dans les locaux des Brigades spéciales, puis incarcérée, elle a été internée à la caserne des Tourelles à Paris (XXe arr.). Yvonne Bertho fut libérée le 6 avril 1944.
Après la guerre, elle épousa en mairie du XXe arrondissement Marcel Léonard Suchet le 6 décembre 1947 dont elle divorça le 9 décembre 1957. Elle mourut à l’âge de 87 ans le 15 avril 1995 à Montfermeil (Seine-Saint-Denis).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16507, notice BERTHO Yvonne, Jeanne, Simonne par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 mars 2020, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 89, 77 W 3101-219674, 77 W 646-219793. – Archives de la justice militaire au Blanc notes de Jean-Pierre Besse. – Bureau Résistance GR 16 P 54006 (non homologuée). – Louis Poulhès, Un camp d’internement en plein Paris : les Tourelles 1940-1945, Éd. Atlande, 2019. – État civil numérisé Paris XIVe arrondissement 14N 416, acte n° 2034.

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