BERTHOLET Jean, Eugène, Louis

Par Jacques Girault

Né le 22 août 1931 à Bourgoin-Jallieu (Isère), mort le 16 avril 2021 à Trélazé (Maine-et-Loire) ; professeur de l’enseignement technique professionnel ; militant syndicaliste du SNEP-CGT ; maire communiste de Trélazé de 1977 à 1995, conseiller régional (1986-1998).

Jean Bertholet reçut les premiers sacrements catholiques. Après avoir fréquenté le collège de La Mure (Isère) à partir de 1945, il obtint le baccalauréat au lycée de Vernon (Eure), obtint la propédeutique à la Sorbonne et commença une licence d’italien. Marié uniquement civilement en mai 1956 avec Christiane Bourdarie à Meaux (Seine-et-Marne), il eut eut trois enfants. Il effectua vingt-huit mois de service militaire (septembre 1956-fin 1958) dans un régiment d’infanterie coloniale. Il dut aux conséquences d’un accident de ne pas aller combattre en Algérie. Stagiaire à l’École normale nationale d’apprentissage (1959-1960, il adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (CGT).

Professeur stagiaire de lettres au centre d’apprentissage de Narcé à Brain-sur-l’Authion (Maine-et-Loire) en 1960-1961, Jean Bertholet s’installa à Trélazé en 1961 et enseigna au collège devenu lycée d’enseignement professionnel de la ville. Son épouse, institutrice en école maternelle, adhérait au Parti communiste français et à l’Union des femmes françaises. Il fut le secrétaire de la section académique de Nantes du SNETP (1962-1972).

Membre du Parti communiste français depuis 1953, Jean Bertholet était secrétaire de la section de Trélazé au début des années 1960, qui publiait un journal sous forme de supplément à l’Humanité-dimanche, La Marianne. Membre du comité en 1961, puis du bureau à partir de 1962 de la fédération communiste, il en devint troisième secrétaire en 1966, chargé de la propagande. En 1972, il accéda à la responsabilité de premier secrétaire fédéral non permanent. Il le demeura jusqu’en 1977 lors de son élection comme maire de Trélazé.

De 1962 à 1997, Bertholet, candidat du Parti communiste à toutes les élections législatives dans la deuxième circonscription contre Jean Foyer, régulièrement élu au premier tour, obtint notamment : le 18 novembre 1962, 3 620 voix sur 55 381 inscrits et 36 212 suffrages exprimés ; le 5 mars 1967, 7 006 voix sur 57 487 inscrits et 45 835 suffrages exprimés ; le 23 juin 1968, 4 982 voix sur 61 649 inscrits et 49 918 suffrages exprimés ; le 4 mars 1973, 6 230 voix sur 57 487 inscrits et 45 835 suffrages exprimés ; le 12 mars 1978, 8 077 voix sur 74 238 inscrits et 61 699 suffrages exprimés. Il se présenta aussi aux élections législatives en 1981, en 1986 (tête de la liste communiste), en 1988, en 1993 et en 1997 (comme suppléant), aux élections sénatoriales en 1992. Aux élection régionales, en tête de la liste communiste, il fut élu le 16 mars 1986. Candidat à nouveau en 1992, il ne fut pas réélu, mais il le fut à nouveau en 1998 sur une liste d’union avec les socialistes, en désaccord avec leur fédération et les Verts.
Il représenta le Parti communiste aux élections départementales dans le canton d’Angers Sud-Est en 1967 (2 479 puis 2 419 voix), dans le canton Angers-Trélazé ou Angers IV (1973 - 1 625 voix, deuxième, puis 2 914 voix -, 1979 - 2 158 voix, deuxième, puis 5 003 voix, 1985 - 2 243 voix, puis 4 320 voix alors que le canton semblait acquis pour la gauche selon la presse -). La droite l’emportait dans ces diverses consultations, mais à condition de bons reports des voix de gauche, le candidat communiste ne paraissait nullement marginalisé.

En 1965 et en 1971, aux élection municipales à Trélazé, Bertholet conduisit une liste d’union de la gauche « soutenue par le PCF et des personnalités socialistes et républicaines », qui ne comprenait pas les conseillers socialistes minoritaires dans la municipalité sortante dominée par les centristes. Une liste analogue l’emporta en 1977 (62,5 % des suffrages exprimés) et il devint maire de la commune, seul maire communiste du département. Ouest-France le présentait alors comme « un monument », un « homme de dialogue » qui savait être ferme. Réélu en 1983 (70 % des voix), dans son commentaire, Le Courrier d’Angers indiquait alors que « l’image et la crédibilité » du maire avaient « pesé lourd », sa liste « Ensemble continuons. Se rassembler à gauche » ne l’emporta en 1989 qu’au terme d’une élection triangulaire (42, 6 % puis 45, 6 % au deuxième tour, le 19 mars), puisque la section du Parti socialiste avait constitué une liste pour ces élections. Le 11 juin 1995, la liste « L’avenir ensemble » qu’il dirigeait fut battue (45, 9 % des suffrages exprimés). Conseiller municipal d’opposition, il ne se représenta pas en 2001.

Pendant ses trois mandats de maire, Bertholet lutta contre la dégradation de la situation économique dans sa commune, en organisant une « opération ardoises » en juin 1983 (envoi de 5 000 lettres accompagnées d’une ardoise au Premier ministre Pierre Mauroy). La Manufacture des allumettes ferma en 1981, des emplois furent supprimés dans les ardoisières (1983 et 1993), une société déposa son bilan en 1986. Toutes les énergies municipales furent mises au service de la défense de l’emploi et des ardoisières (campagne sur le thème « l’ardoise a de l’avenir »). Parallèlement, des actions aboutirent à l’installation de quelques entreprises dans la zone industrielle, les emplois augmentant d’un peu plus d’un quart en une dizaine d’années. En novembre 2013, quand fut annoncée la fermeture des dernières ardoisières, il protesta dans la presse régionale « Pour Trélazé, cette fermeture est un drame. L’ardoise est liée à l’histoire trélazéenne, pas seulement physiquement, mais également culturellement. C’est grâce à l’ardoise que l’identité trélazéenne a été forgée, avec les différentes immigrations. »

Toujours membre du Parti communiste, Bertholet continua de militer dans le cadre de l’Espace Marx et du Mouvement de la Paix. Le 24 mars 2003, Le Courrier d’Angers publiait une photographie de Bertholet s’adressant aux manifestants d’Angers sous le titre « De Washington à Angers, l’ancien maire de Trélazé se débat pour la paix ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16508, notice BERTHOLET Jean, Eugène, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 27 août 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements et documentation fournis par l’intéressé.

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