MULLER Charles

Par Frédéric Stroh

Né le 23 mai 1925 à Ballersdorf (Haut-Rhin), fusillé le 24 février 1943 au camp de concentration de Natzweiler –Struthof (Bas-Rhin) ; tentative de fuite en Suisse pour se soustraire à l’incorporation de force ; exécution sans jugement.

Suite à l’annexion de fait de l’Alsace en 1940 et au décret instituant le service militaire obligatoire dans la Wehrmacht en août 1942, Charles MULLER a tenté de passer en Suisse avec dix-sept autres jeunes hommes, dont Camille ABT*, au cours de la nuit du 12 au 13 février 1943. Mais arrivés à la frontière, ils ont été surpris par des gardes frontières allemands. Il s’en est suivi un échange de coups de feu, entrainant la mort d’un fonctionnaire allemand et de trois alsaciens. Charles MULLER a été arrêté le lendemain. Alors que ses treize compagnons ont été condamnés à mort le 16 février 1943 par le Sondergericht (Tribunal d’exception) à Strasbourg pour avoir « tué un garde frontière en tentant de passer la frontière suisse par la force dans le but de se soustraire au service militaire obligatoire » (§ 5 KSSVO), la procédure à son encontre a été disjointe, car il a été reconnu comme étant faible d’esprit par un médecin psychiatre. Une expertise médicale a donc été exigée pour savoir s’il était ou non responsable de ses actes. La procédure judiciaire a cependant été court-circuitée. Bien que non jugé et non majeur pénalement, il a été fusillé sur ordre, semble-t-il, du Gauleiter Robert Wagner, le 24 février 1943 au camp de concentration de Natzweiler (Struthof/Alsace), en même temps qu’Henri JAEGLE* et Paul MUNIER*. Contrairement à l’exécution de ses treize compagnons, celle de Charles MULLER n’a pas été rendue publique par la presse nazie régionale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article165254, notice MULLER Charles par Frédéric Stroh, version mise en ligne le 29 septembre 2014, dernière modification le 9 avril 2017.

Par Frédéric Stroh

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément