RAVOLD Jean-Baptiste [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né le 6 janvier 1825 à Bliesbruck (Moselle), mort à Gerbéviller (Meurthe-et-Moselle) le 28 octobre 1910 ; instituteur démocrate, victime du coup d’État du 2 décembre 1851 ; installé à Saint Louis (Mo), rédacteur de La Tribune, membre de l’URLF ; rentré en France en novembre 1870.

Jean-Baptiste Ravold enseignait à l’externat privé Saint-Pierre-de Gerbéviller (Meurthe) depuis peu, quand il perdit sa place en 1850, à cause de sa réputation de démocrate acharné. Marié, père d’un enfant au moment du coup d’État, il fut d’abord emprisonné durant huit mois, puis transporté en Algérie et interné pendant six mois à Oran.

Après son retour, il installa à Gerbéviller une fabrique et un commerce de broderies. Mais, supportant mal le régime impérial et curieux de vivre dans une République qui avait réussi et qui venait de sortir victorieuse de la guerre de Sécession, une crise dont il avait peut-être aussi ressenti les effets dans sa fabrique à travers la difficulté de s’approvisionner en coton, Ravold passa de l’autre côté de l’océan Atlantique en 1865. Installé à Saint Louis (Missouri), il collabora au journal socialisant de Saint Louis, La Tribune. Membre de la section de l’Union républicaine de langue française de cette ville, il prit la parole à l’occasion du banquet organisé en 1870 pour commémorer l’anniversaire du 24 février, en présence d’une assistance de 600 personnes. Il nous dit également qu’il donna entre 1868 et 1870 des articles au journal des Fenians des États-Unis, Irish News, qui justifiait la résistance armée du peuple irlandais contre l’Angleterre.

À l’automne 1870, Ravold travailla avec le comité mis en place au sein de l’URLF pour défendre la cause spécifique de l’Alsace-Lorraine. Le 13 septembre, il prit la parole au grand meeting organisé à Saint Louis (600 personnes) pour expliquer que la France était mûre pour la République malgré les sentiments contraires exprimés par le conservateurs avides de compromis, puis pour y lire une adresse rédigée en commun avec les républicains allemands de la ville qui devait être envoyée au gouvernement prussien pour l’inviter à retirer ses armées. À l’issue de la manifestation 5 000 dollars furent récoltés pour la souscription nationale au profit des victimes de guerre.

Il rentra en France en novembre 1870 et fut nommé sous-inspecteur des enfants assistés en Meurthe-et-Moselle, de 1877 jusqu’à sa retraite en 1899.
En 1871, Jean-Baptiste Ravold, président du Comité électoral démocratique de Gerbéviller, fut aussi un des fondateurs du Cercle Républicain de la ville (association qui sera interdite par le préfet en janvier 1874).
En 1872, il fut employé comme journaliste au journal Le Progrès de l’Est.
Il avait publié un livre autobiographique intitulé Les Transportés de la Meurthe en 1852 (Paris, Degorce-Cadot et Nancy, Kleutgen, 1873, in-8°, VII, 2, 85 p.), où il parlait notamment d’un autre Mosellan, Antoine Quesne (voir ce nom), passé à Nancy et lui aussi transporté.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article165412, notice RAVOLD Jean-Baptiste [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 30 septembre 2014, dernière modification le 4 janvier 2021.

Par Michel Cordillot

SOURCES : Arch. Dép. de Meurthe-et-Moselle, 1 M 640. — Bulletin de l’Union républicaine, 31 mars 1870 ; Le Messager, 15 octobre 1870 ; Émile Duvernoy, « Notice sur Ravold », Cahiers lorrains, n° 9-10, septembre-octobre 1928, p. 124-125 ; Charles Clerc, Les Républicains de langue française aux Etats-Unis, 1848-1871, Thèse, Univ. Paris XIII, 2001, p. 317-318, 324, 332.

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