LE GAL Roland, Henri

Par René Vandenkoornhuyse

Né le 4 décembre 1923 à Aubenton (Aisne), fusillé sans jugement le 3 septembre 1944 à la citadelle de Calais (Pas-de-Calais) ; électricien ; résistant FTPF.

cliché René Vandenkoornhuyse
cliché René Vandenkoornhuyse

Fils de François Marie Le Gal et de Marie Julia Brulé, Roland Le Gal naquit à Aubenton (Aisne) et suivit ses études à Fourmies (Aisne). À quinze ans et demi, il obtint un brevet industriel et deux CAP de poseur installateur et monteur en électricité.

Dans la semaine qui suivit son engagement aux FTP le 10 mars 1944, Roland Le Gal fit ses premières armes, le 16 mars 1944, en compagnie de Jean Bodechon, d’Alfred Véron et Fernand Gouverneur lors du sabotage de cinq camions de l’armée allemande, rue Gustave Cuvelier. Quelques jours après l’attaque de l’usine Brampton de Calais, il fut arrêté au retour dans sa chambre. Il était accompagné d’Alfred Veron qui fut aussi appréhendé. Il a été fusillé avec Jean Bodechon, Alfred Legros, Fernand Gouverneur et Alfred Véron. Roland Legal avait le grade de sergent.

Il fallut attendre la fin de la guerre pour que la recherche des corps soit effectuée. Enfin, des confidences de prisonniers de guerre et des interrogatoires effectués en Angleterre apportèrent la confirmation que, après avoir été fusillés, les cinq FTP furent enterrés dans la citadelle. Mais compte tenu de l’étendue de cette fortification construite par Vauban, il ne fut pas facile de retrouver une fosse avec cinq corps. L’inspecteur de police Paul Dagbert, secrétaire général de l’amicale des résistants et passeurs d’hommes, écrivit au lieutenant-colonel Buckmaster, ancien chef de la French Section de la SOE à Londres. Après maints recoupements et investigations, la police judiciaire française retrouva en Angleterre l’officier allemand qui avait lu la sentence de mort à l’endroit de l’exécution : l’Oberleutnant Albin Kellner. L’officier déclara que les cinq jeunes gens avaient été fusillés au matin du dimanche 3 septembre 1944, l’un après l’autre et leurs corps jetés dans une fosse commune.

En 1972, Robert Chaussois retrouva en Forêt Noire l’Oberleutnant Albin Kellner alors âgé de soixante-quatorze ans, qui lui déclara « sur cet unique cas de résistance intérieure qui soit parvenu à ma connaissance, je me souviens que l’enquête fut menée par la police du port. Elle aboutit à l’arrestation, la condamnation des cinq combattants de la résistance. Ils furent fusillés par la compagnie de garde du port. J’ai lu la sentence sur les lieux de l’exécution et je ne me suis éloigné qu’à l’arrivée du médecin dont j’avais exigé la présence pour constater la mort avant l’inhumation faite de façon peu civilisée. En ma qualité de témoin désigné par le commandant de la forteresse, je déclare que ces hommes sont morts courageux et calmes ».

La municipalité calaisienne décida de faire à ces hommes des obsèques solennelles qui eurent lieu le jeudi 16 octobre 1947. Les corps furent exposés au palais de Justice, place Crèvecœur, où la foule leur rendit un dernier hommage. Roland Le Gal fut inhumé au cimetière d’Hirson (Aisne). Son nom fut inscrit sur la stèle des fusillés de Calais.

Déclaré « Mort pour la France » en janvier 1948, il fut homologué FFI et DIR (GR 16 P 354683). La médaille de la Résistance lui fut attribuée à titre posthume (décret du 3 sept. 1959, JO du 9).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article165528, notice LE GAL Roland, Henri par René Vandenkoornhuyse, version mise en ligne le 13 octobre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

Par René Vandenkoornhuyse

cliché René Vandenkoornhuyse
cliché René Vandenkoornhuyse
Roland Le Gal
Roland Le Gal

SOURCES : DAVCC, Caen. SHD, dossiers adm. résistants. Liste des médaillés de la Résistance à titre posthume (ap. 1948). — Robert Chaussois, Calais au bout du tunnel Mars 1943 à Janvier 1944, SA imprimerie centrale de l’ouest, la Roche-sur-Yon. — Jean-Marie Fossier, Zone Interdite Nord Pas-de-Calais, imprimé à Lens (62) dans les ateliers d’IPC pour le compte de la FNDIRP. — État civil. — Notes Frédéric Stévenot.

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