VÉRON Alfred, Charles, Théophile

Par René Vandenkoornhuyse

Né le 5 janvier 1924 à Sangatte (Pas-de-Calais), fusillé sans jugement 3 septembre 1944 à la citadelle de Calais  ; résistant FTPF.

Alfred Véron
Alfred Véron

Alfred Véron naquit à Sangatte où il fit ses études primaires puis fréquenta le collège classique rue Leveux jusqu’au brevet. Ses parents tenant un commerce d’ameublement 158 Boulevard La Fayette, Alfred Véron interrompit ses études pour les seconder. Jeune homme calme, il cachait sous un masque d’indifférence, des sentiments résistants bien enracinés. À l’insu de ses parents, il se joignit à des camarades FTP. Outre des distributions de tracts, des transports d’armes, des ventes de vignettes du Front National. Il participa avec Fernand Gouverneur, Jean Bodechon et Roland Le Gal, le 16 mars 1944, au sabotage de cinq camions allemands, rue Gustave Cuvelier, à Calais  : pneus lacérés au rasoir et incendie des cabines. Il ne participa pas au sabotage de l’usine Brampton, étant absent de Calais. Il était en compagnie de Roland Le Gal quand celui-ci tomba dans le souricière placée dans sa chambre par la Gestapo allemande .Il fut enfermé à la prison rue du Pont Lottin et torturé ainsi que ses camarades par l’oberfeldwebel Herzorg. Il a été fusillé sur l’ordre du lieutenant-colonel Ludwig Schroeder, commandant allemand de la forteresse pendant le siège de Calais, ainsi que Roland Le Gal, Alfred Legros, Fernand Gouverneur, Jean Bodechon. Le grade de caporal lui fut attribué.

Il a fallu attendre la fin de la guerre pour que la recherche des corps soit entreprise .Enfin des propos de prisonniers de guerre et des interrogatoires effectués en Angleterre apportèrent la confirmation que, après avoir été fusillés, les cinq FTP avaient été enterrés dans la citadelle. Mais compte tenu de l’étendue de cette fortification construite par Vauban, il ne fut pas facile de retrouver une fosse avec cinq corps. Après maints recoupements et investigations, la police judiciaire française retrouva en Angleterre, l’officier Allemand qui avait lu la sentence de mort à l’endroit de l’exécution, l’Oberleutnant Albin Kellner qui déclara que les cinq jeunes gens ont été fusillés au matin du dimanche 3 septembre 1944, l’un après l’autre et leurs corps jetés dans une fosse commune, il en désigna l’endroit. C’est dans une fosse située sous un tas de tuiles que les corps des suppliciés furent retrouvés.

La municipalité calaisienne décida de faire à ces héros des obsèques solennelles, elles eurent lieu le jeudi, 16 octobre 1947. Les corps ont été exposés au Palais de Justice Place Crèvecoeur où la foule leur rendit un dernier hommage. Alfred Véron est inhumé au cimetière de Blériot plage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article165531, notice VÉRON Alfred, Charles, Théophile par René Vandenkoornhuyse, version mise en ligne le 30 septembre 2014, dernière modification le 12 avril 2017.

Par René Vandenkoornhuyse

Alfred Véron
Alfred Véron
Stèle d'hommage aux fusillés de la citatelle de Calais
Stèle d’hommage aux fusillés de la citatelle de Calais
Cliché de René Vandenkoornhuyse

SOURCES : DAVCC Caen. — Robert Chaussois, Calais au bout du tunnel Mars 1943 à Janvier 1944, SA imprimerie centrale de l’ouest, la Roche-sur-Yon. — État civil. — Jean-Marie Fossier, Zone Interdite Nord Pas-de-Calais, imprimé à Lens (62) dans les ateliers d’IPC pour le compte de la FNDIRP.

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