ROTHAMER Georges, Gérard

Par Julien Lucchini, Claude Pennetier

Né le 16 mars 1919 à Boussières (Doubs), fusillé après condamnation le 26 septembre 1943 à la citadelle de Besançon (Doubs) ; serrurier, maréchal-ferrant ; résistant membre des FTPF.

Fils de Georges Rothamer, constructeur-mécanicien, et d’Élisa, Odile Courbet, sans profession, Georges Rothamer, serrurier puis maréchal-ferrant demeurant à Boussières, s’était marié le 27 décembre 1941 à Boussières avec Simone Retrouvey et était père d’un enfant. Il entra en contact mi-avril 1943 avec Marcel Simon il entra dans son groupe de résistance sous le nom de Delphin. Il fut chef de groupe avec à ses côtés son frère et son beau-frère, Gaston Retrouvey, les frères Marcellin et Roger Puget et l’instituteur René Roussey, tous de Boussières. Il prit part à sept attentats.
Le 2 juillet 1943, il fut arrêté à Boussières par la Sipo-SD pour « aide à l’ennemi et attentats terroristes ». Son dossier le mentionne comme chef du réseau Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Boussières. Membre du groupe Guy Môquet à partir de mars 1943, il avait, semble-t-il, participé à cinq attentats, ainsi qu’à l’attaque du fort de Montfaucon.
Incarcéré à la prison de la Butte à Besançon, Georges Rothamer fut condamné à mort, le 18 septembre 1943, par le tribunal militaire allemand FK 560 de Besançon.
Il a été fusillé le 26 septembre 1943 par les autorités allemandes à la citadelle de Besançon.
Il fut titulaire de la Médaille militaire, de la Médaille de la Résistance, de la Croix de guerre et reconnu comme DIR (interné résistant).

Dernières lettres
 
à Monsieur et Madame ROTHAMER, à Boussières.
 
Bien chers Parents et chère femme, ma petite fille chérie.
 
Je vais être fusillé dans un instant, et je viens vous dire un dernier adieu. J’ai vu le curé hier, je mourrai en chrétien. Je viens vous demander d’être très courageux, à tous, et de ne pas abandonner ma petite fille chérie.
Je vous demande pardon pour les peines que je vous ai faites. Si je vous avais témoigné plus de tendresse, et si j’avais plus aimé ma petite Simone et ma fille, je ne serais pas ici.
J’embrasse tendrement ma petite femme, ma gosse adorée. J’embrasse toute la famille. Votre fils.
 
Georges.
 
à Madame Georges ROTHAMER, à Boussières.
 
Ma petite femme adorée,
 
Je t’écris pour la dernière fois ; ils sont venus .me réveiller tout à l’heure pour vous le dire ; donc dans un instant, je serai fusillé. Je meurs en chrétien, et mes dernières pensées sont pour vous tous.
 
Elevez bien ma petite chérie ; unissez-vous tous pour en faire une jeune fille modèle. Je t’embrasse tendrement ainsi que ma petite gosse, mes sœurs, mon frère, mes beaux-frères, tes parents, ma petite maman chérie et mon papa si dévoué. Aimez-vous tous. Je vous confie ma fille.
Vive la France.
 
Georges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article165705, notice ROTHAMER Georges, Gérard par Julien Lucchini, Claude Pennetier, version mise en ligne le 9 décembre 2014, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Julien Lucchini, Claude Pennetier

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 4, Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). – Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 521465. — Fanny Monin, Les fusillés dans le département du Doubs de 1941, à 1944, Mémoire de master 1, Université de Franche-Comté, 2009. — Raymond Tourrain, L’Histoire du groupe Guy Mocquet, Amicale du groupe Guy Mocquet, imprimerie A. Eblé, Besançon, 1974, Besançon. — État civil.

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