PEYTAVIN Émile, Jean, Albert. Pseudonyme dans la Résistance : colonel ERNEST

Par Gilles Morin

Né le 28 avril 1898 au Bleymard (Lozère), mort le 25 décembre 1972 à Mende (Lozère) ; professeur, directeur de collège technique, inspecteur général de l’enseignement technique ; militant socialiste et résistant de la Lozère.

Fils de Julien Peytavin, instituteur, et d’Angèle Boudon, sans profession, Émile Peytavin suivit des études à l’école des Arts et métiers de Cluny interrompues par la guerre. Incorporé le 18 avril 1917 dans le 16e régiment d’artillerie, très vite aspirant, il monta au front à partir de février 1918. Sa conduite courageuse lui valut en juin 1918 une citation, la Croix de guerre et la promotion au grade de sous-lieutenant en septembre. Selon son témoignage, victime des gaz asphyxiants, il déclara une pleurésie qui dégénéra en tuberculose et revint à Marvejols pour se soigner. Mais aucune mention de cette affection ne figure dans son dossier militaire qui indique qu’il fut mis à disposition du service général des prisonniers de guerre à Roanne le 5 septembre 1919 puis replacé, à sa demande, au grade de maréchal des logis chef, le 14 décembre 1919, et renvoyé à l’Ecole de Cluny où il dut terminer ses études. Cependant, il lui restait quatre mois de service militaire actif à faire, qu’il accomplit du 15 septembre 1920 au 28 février 1921 au 32e régiment d’artillerie, replacé dans son grade de sous-lieutenant.

Emile Peytavin commença à enseigner en 1922 comme professeur à l’école pratique de commerce et d’industrie de Mende, puis en 1929, fut nommé directeur de l’EPCI de Bort-les-Orgues (Corrèze).

Militant socialiste SFIO, il fut candidat à l’élection législative de 1928 à Marvejols, où il recueillit au 1er tour, 2 472 voix sur 12 130 inscrits, contre Pierre de Chambrun, élu de façon continue depuis 1902, qui fut réélu. Il n’eut pas plus de succès à la législative complémentaire du 2 avril 1933, en raison de l’élection de De Chambrun au Sénat. Après son départ du département en août 1929, il continua à publier des articles favorables à la participation ministérielle des socialistes dans l’Union des gauches de la Lozère.

Après avoir été rappelé en septembre 1939 et démobilisé en 1940, il retrouva son poste de directeur au collège de Brive (Corrèze). Se sachant menacé, il se retira à Mende où il prit la charge du secteur de la résistance (mouvement Combat), puis rentra dans la clandestinité. Il fut recherché par la direction des services de le police de sûreté, signalé par avis du 7 mars 1944 et dans la demande diffusion n° 233 du 1er mars 1944. Il était décrit ainsi « 45 ans, 1 m75, cheveux gris, front hauteur grande, yeux bleus, allure sportive ». En avril 1944, Gilbert de Chambrun (le fils de Pierre) le nomma à la tête des corps francs de la Libération (AS) qui regroupait tous les groupes et maquis, à l’exception des FTPF. Il fut l’un des organisateurs du maquis de Haute-Lozère. Surnommé lieutenant-colonel “Ernest”, il devint chef de la subdivision militaire de la Lozère et chef départemental FFI.

Emile Peytavin accéda aux fonctions de président du Comité départemental de Libération. À ce titre, il présida le comité de rédaction du journal La Lozère libre créé le 28 août 1944. Il fut proposé par le préfet pour siéger au conseil général en janvier 1945, comme représentant de Mende-ville.

En octobre 1945, il fut réintégré dans l’enseignement technique en qualité d’inspecteur principal de l’académie de Paris et fut nommé en juin 1946 membre du Conseil de l’enseignement technique. Puis il fut promu inspecteur général des disciplines industrielles à Paris, Lille et Montpellier. En 1953, il faisait partie du comité de parrainage de La Pensée.

Il prit sa retraite en 1968.

Marié, il était père d’un enfant en 1945.

Le lycée professionnel de Mende porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article165810, notice PEYTAVIN Émile, Jean, Albert. Pseudonyme dans la Résistance : colonel ERNEST par Gilles Morin, version mise en ligne le 5 octobre 2014, dernière modification le 10 avril 2021.

Par Gilles Morin

OEUVRE : De la Résistance au combat, Essai sur l’histoire de la Résistance en Lozère, par le lieutenant-colonel Peytavin, Mende, imprimerie Chaptal, 1945. — Communistes et chrétiens, Mende, 1952, Flammes brèves, Mende, 1960.

SOURCES : Arch. Nat., F/1bI/984.— Arch. Dép. Lozère, fonds Cordesse et Peytavin (100 J) ; état civil, registre matricule. — Le Combat social, 2 février, 10 août 1929, 15 février 1930. — PS-SFIO, Congrès nationaux, rapports, Paris, librairie populaire 1933. — Site de l’AJPN, page Marvejols 1939-1945, octobre 2014. — http://fr.calameo.com, seconde guerre mondiale, La Résistance à Mende. — Notes d’André Balent et d’Alain Dalançon.

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