BESSE Georges, Pierre

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 25 avril 1893 à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 25 mars 1979 à Paris (XIVe) ; professeur ; militant syndicaliste, responsable du Syndicat puis de la Société des professeurs des classes élémentaires, membre du bureau national du SNES (1944-1954).

Georges Besse
Georges Besse
Tribune d’un congrès du SNES au début des années 1950. De gauche à droite : Besse, Hombourger, Guerrapin, Fédensieu.

Fils de Jacques Besse, horticulteur, et d’Eugénie Loyer, sans profession, Georges Besse fut élève de l’École normale d’instituteurs de Versailles (octobre 1909-septembre 1912), et commença à enseigner comme instituteur à Meudon (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) de 1912 à 1921, chargé du cours complémentaire.

Engagé volontaire pour trois ans, en octobre 1913, dans le 120e Régiment d’infanterie, promu sergent-major le 15 septembre 1914, il fut fait prisonnier le 29 septembre suivant, resta en captivité en Saxe, au camp d’Altengraben (Altengrabow), et fut libéré à la fin novembre 1918. Il demeura sous les drapeaux jusqu’à la fin août 1919 comme interprète allemand-anglais au 2e bureau de l’État-major.

Après avoir réussi en 1921 au certificat d’aptitude pour l’enseignement dans les classes élémentaires de lycée, Georges Besse devint professeur de classe élémentaire au lycée de Saint-Quentin (Aisne), d’octobre 1921 à septembre 1929. Il fut nommé professeur de 8e au lycée Lakanal à Sceaux (Seine, Hauts-de-Seine) en 1929, avant de recevoir une affectation dans la même classe au lycée Montaigne à Paris, où il resta de 1930 à 1938, et où il côtoya notamment Maurice Janets, le secrétaire du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire puis du Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire à partir de 1937, affiliés à la FGE-CGT. Il fut ensuite chargé de l’enseignement du Français en 6e et 5e au lycée Voltaire, à partir d’octobre 1938.

Georges Besse avait été le secrétaire général puis le président du Syndicat des professeurs des classes élémentaires des lycées de garçons de France et des colonies au début de 1933. Démissionnaire « pour raisons familiales » le 25 janvier 1934, non remplacé, il retrouva cette responsabilité en octobre 1934 et la conserva jusqu’en 1938. Ce syndicat dissout, devint société régie par la loi de 1901, et s’affilia en 1936 à la Fédération générale de l’enseignement (CGT) unifiée. Georges Besse devint alors le président de la « Société des professeurs licenciés et certifiés des classes élémentaires des lycées de garçons de France et des colonies » jusqu’en novembre 1938, siégeant à la commission exécutive de la FGE.

Il épousa une institutrice qui devint directrice d’une école primaire dans le XIVe arrondissement de Paris ; le couple eut deux enfants et habitait au 1, rue Monticelli, dans un des immeubles destinés aux salariés du rectorat de Paris.

En 1942, le proviseur du lycée Voltaire indiquait que ce « maître principal » était « chargé de l’action morale dans une division de la section technique ». Deux ans plus tard, il était « chargé de préparer spécialement à leur épreuve de dictée suivie de questions, les candidats au concours des Arts et métiers ». Il était membre de la section du Front national universitaire de son lycée avant août 1944.

À la Libération, Georges Besse devint professeur de grammaire dans les sections modernes de l’établissement. Muté au lycée Montaigne en octobre 1947, il fut intégré dans le nouveau corps des certifiés (lettres modernes) en 1950, comme presque tous les anciens professeurs des classes élémentaires dont le corps était en extinction depuis 1947, et prit sa retraite en septembre 1957. Il avait été détaché en raison de ses responsabilités syndicales de 1947 à 1954.

Georges Besse, en octobre-décembre 1944, restait le président d’honneur de la Société des professeurs des classes élémentaires qui s’intégra dans le nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire. Membre du bureau national provisoire du SNES dès la création du syndicat à l’automne 1944, il en resta un des piliers jusqu’en 1954. Secrétaire responsable de la presse à partir de 1945, il resta rédacteur en chef de L’Université syndicaliste jusqu’en 1953.

Comme son ami Janets, il fut partisan du passage à la CGT-FO en 1948. Au congrès de mars 1948, il fut élu membre de la commission exécutive au titre des partisans de la CGT-FO. Après la fusion avec le Syndicat national des collèges modernes au printemps 1949, il fut élu à la commission administrative du nouveau SNES (classique, moderne) sur la liste « C » des partisans de la CGT-FO. Mais comme beaucoup de ses camarades, il revendiquait faire partie de la majorité, ce qui fut accepté par le secrétaire général Albert-Claude-Bay, une vieille connaissance et collègue au lycée Montaigne. Aux élections de 1950, il clarifia sa position en se faisant élire sur la liste « A » des « Autonomes ».

Georges Besse occupait en effet d’importantes responsabilités au bureau national. Membre suppléant du Comité consultatif en 1945-1946, il était devenu en 1947 secrétaire de la catégorie des certifiés, ce qui lui permettait de siéger au Comité technique paritaire ministériel : il dut abandonner la responsabilité à un ancien militant du SNCM, Robert Laforest, mais il devint secrétaire administratif, toujours rédacteur en chef de L’US. Il siégeait en outre comme titulaire à la 5e commission administrative paritaire nationale (catégorie des licenciés et certifiés) à la suite des élections de 1948 et 1952. Membre des sections permanentes de la CAPN, siégeant dans les commissions de promotion et les sous-commissions de mutations, il était un des interlocuteurs privilégiés de la sous-direction du personnel à la Direction générale de l’enseignement du second degré.

Aux élections à la CA nationale de 1954, il ne fut plus élu sur la liste de tendance mais sur la liste « A » des certifiés, et fut remplacé officiellement dans ses fonctions au BN par Jeanne Borgey : il avait en fait abandonné ses responsabilités à L’US dès la rentrée 1953. Il revint en tant qu’adjoint au BN en 1956, comme responsable des affaires personnelles.

Gorges Besse fut promu chevalier de la Légion d’honneur en juin 1947, en même temps que Marthe Fauré ; ils furent félicités dans L’US par le secrétaire général du SNES, Robert Guitton.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16588, notice BESSE Georges, Pierre par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 29 novembre 2016.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Georges Besse
Georges Besse
Tribune d’un congrès du SNES au début des années 1950. De gauche à droite : Besse, Hombourger, Guerrapin, Fédensieu.

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 17795, 17820, 26837, 27930. — Arch. Départ. Yvelines, registre matricules. — Arch. Départ. Hauts-de-Seine, état civil. — Archives IRHSES (L’US et brochure de l’ACREN 1948). — Renseignements fournis par André Robert.

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