BÉTHUNE Marc, Antoine, Charles

Par Jacques Girault, Pierre Talleux

Né le 17 février 1901 à Graincourt-les-Havrincourt (Pas-de-Calais), mort le 3 août 1971 à Maisons-Laffitte (Yvelines) ; instituteur ; secrétaire général de la section du SNI du Pas-de-Calais.

Fils d’un employé basculeur de sucrerie du Cambrésis, Marc Béthune, malgré l’occupation allemande, put entrer à l’Ecole normale d’instituteurs, repliée à Berck. Son service militaire achevé, il exerça comme délégué pour enseigner la littérature, le français, l’histoire, à partir d’octobre 1926, à l’école primaire supérieure de Lens. En mars 1927, il demanda son renouvellement dans sa délégation, mais l’inspecteur d’Académie se montra « défavorable ».

Il se maria en août 1925 à Lens avec une institutrice. Le couple eut deux enfants.

Entre les deux guerres, Marc Béthune joua un rôle de premier plan dans le syndicalisme enseignant qui attirait des jeunes dans sa région. Face à une administration hostile, il devint conseiller syndical, membre du bureau de la section du Pas-de-Calais, sous la conduite de Gabrielle Hielle et d’Adolphe Baillet. Avec ce dernier comme secrétaire, il fut pendant plusieurs années, secrétaire adjoint de la section départementale de SNI. Il prit une part active dans la réussite de mouvements de grève notamment le 12 février 1934. En 1936, directeur d’école à Réty dans le Boulonnais, il organisa le combat des ouvriers des carrières de la région. En 1938, devenu instituteur au collège d’Arras, il fut le seul gréviste, le 30 novembre 1938. La même année, il siégeait au Conseil départemental de l’enseignement primaire.

Officier de réserve, Béthune passa toute la guerre en captivité en Allemagne (Oflag IV-D).

A son retour en France, nommé directeur du cours complémentaire de Bully-les-Mines, il occupa ce poste jusqu’à sa retraite. Il reprit son activité syndicale. Le 29 décembre 1945, au congrès national du SNI, il fut assesseur d’une séance et en 1946 devint secrétaire général de la section reconstituée. L’année suivante il laissa cette responsabilité à Baillet et demeura secrétaire adjoint jusqu’en 1952, année où il reprit jusqu’en 1956 les commandes de la section, Baillet étant devenu permanent à Paris et trésorier général du SNI. Le bureau national du SNI créa, le 23 septembre 1947, des commissions extra BN à mandat limité. Il fit partie de la Commission du statut de la fonction publique. Le 28 décembre 1947, pour la première fois, le bureau national fut élu à la proportionnelle. Il figurait parmi les vingt candidat sur la liste "Pour une action constructive dans l’indépendance du syndicalisme", conduite par Henri Aigueperse. Il obtint 707 voix et ne fut pas élu.

Marc Béthune, fut assesseur au bureau de la séance du 18 juillet 1951 lors du congrès du SNI, ainsi que de la séance du conseil national du 30 mars 1953. Il fut membre des commissions des résolutions des congrès nationaux de 1954 et 1955. Lors de ce dernier, le 21 juillet, dans son intervention après le rapport moral, il souhaita que le SNI favorise les convergences des luttes pour la laïcité. Lors de la rencontre franco-allemande d’enseignants au Sonnenberg du 29 août au 7 septembre 1955, il exposa la situation de l’école et des enseignants en France.

Il occupa aussi le secrétariat de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale de 1947 à 1948 puis de 1950 à 1957. Membre de la commission administrative nationale de la FEN (1951-1955), il fit partie de la commission Outre-mer.

Membre du Parti socialiste SFIO, Marc Béthune fut candidat au bureau national du parti en novembre 1947.

Après sa retraite en 1956, Marc Béthune, qui habitait Gif-sur-Yvette (Seine-et-Oise), se consacra à la Fédération générale des retraités à Paris et en devint l’un des secrétaires généraux. Il contribua à l’évolution de cette fédération et au resserrement étroit de ses liens avec les syndicats.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16619, notice BÉTHUNE Marc, Antoine, Charles par Jacques Girault, Pierre Talleux, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 décembre 2019.

Par Jacques Girault, Pierre Talleux

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 23565. — Arch. OURS. — Presse syndicale. — Note de Laurent Frajerman.

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