BURESI Toussaint

Par Jean-Pierre Bonnet et Marie-Louise Goergen

Né le 1er novembre 1902 à Petreto-Bicchisano (Corse), mort le 5 février 1999 ; pointeur-releveur puis facteur, révoqué en 1947 ; syndicaliste CGT et communiste.

Doté d’un certificat d’études primaires, Toussaint Buresi travailla comme cultivateur chez ses parents depuis l’âge de quatorze ans. Embauché comme journalier au chemin de fer de l’Est, il travailla successivement comme journalier à Gargan, à Pagny puis à Paris. Domicilié chez son frère, qui était facteur des postes, à Pavillons-sous-Bois, il entra comme homme d’équipe à l’essai au dépôt de Pantin en septembre 1921, puis, confirmé dans ses tâches, partit faire son service militaire en novembre 1922. Il effectua dix-huit mois de service au 3e Régiment d’infanterie alpine et fut libéré avec le grade de caporal. Il fut réembauché comme homme d’équipe à l’essai à Pantin en mai 1924 et entra au cadre permanent un an plus tard. Nommé pointeur-releveur à La Villette en avril 1938, il devait accéder au grade de facteur Matériel le 1er août 1946.
Mobilisé du 7 juin au 19 juillet 1940, il fut signalé comme très actif par la police, qui surveillait de près cet ancien membre du Parti communiste interdit. Arrêté le 24 septembre 1942, il fut interné au camp de Pithiviers du 1er octobre 1942 au 31 juillet 1943. Mis en liberté conditionnelle, Toussaint Buresi reprit son service en gare de Paris-La Villette le 4 août 1943, tout en servant les comités populaires.
Toussaint Buresi fut révoqué de la SNCF le 10 décembre 1947, à l’occasion des grèves de novembre-décembre, pour « entrave à la liberté du travail et sabotages ». La notification qui lui fut faite relate son activité pendant cette grève : « Le 28 novembre 1947, à 16h45, faisant partie d’un groupe de manifestants, a fait irruption dans le bureau du chef de service du canton 3V, a pris violemment par le bras le chef de service pour l’expulser du chantier. A participé à l’expulsion du surveillant du SE [Service électrique] de permanence au poste 3V. Enfin, est monté avec plusieurs manifestants dans la cabine du poste d’aiguillage V3 et en a expulsé les trois aiguilleurs. Après le départ des manifestants, le sabotage du poste a été constaté. » (dossier du personnel).
Le 20 décembre de la même année, Toussaint Buresi travaillait à la Société commerciale des sels (SOCOSEL) 49, quai de la Seine à Paris (XIXe arr.). Il fut amnistié en 1953 pour les faits incriminés, mais ne sera réintégré à la SNCF qu’avec l’amnistie de 1981.
Marié en février 1936 avec Marie-Jeanne Spinosi, auxiliaire de service hospitalier à l’Hôpital Saint-Louis à partir de 1944, il fut père de deux enfants ; un autre enfant né en 1930 était mort à l’âge de deux jours.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1665, notice BURESI Toussaint par Jean-Pierre Bonnet et Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 18 février 2019.

Par Jean-Pierre Bonnet et Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. SNCF de Béziers. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Notes de Georges Ribeill.

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