BIANCHINI Jacques, Antoine

Par Antoine Olivesi, Gilles Morin

Né le 13 avril 1901 à Sartène (Corse), mort le 30 mars 1988 à Ajaccio (Corse-du-Sud) ; instituteur ; directeur de CEG ; militant et élu socialiste Corse ; secrétaire fédéral adjoint SFIO, à la libération de l’île, secrétaire administratif en 1944-1946 ; conseiller général de Sartène (1945 à 1951) et député de la Corse (1946-1951).

Jacques Bianchini
Jacques Bianchini
Député

Fils d’agriculteurs (d’un jardinier sur l’état civil), Jacques Bianchini fit des études à l’école publique de Sartène, obtint le brevet élémentaire en 1917, entra à l’École normale d’instituteurs d’Ajaccio la même année et en sortit en 1920 titulaire du brevet supérieur. Instituteur et professeur de cours complémentaire d’octobre 1920 à décembre 1925, il fut ensuite professeur délégué (français-italien) à l’école primaire supérieure de Sartène, de janvier 1926 à septembre 1934. Directeur de cours complémentaire d’octobre 1934 à décembre 1940, maître de cours complémentaire de janvier 1941 à septembre 1960, il termina sa carrière comme directeur du CEG d’Ajaccio d’octobre 1960 à septembre 1963.

Jacques Bianchini fut toujours syndiqué au SNI puis au Syndicat national des collèges. Il avait constitué par ailleurs, en 1928, le syndicat des ouvriers agricoles de Sartène, affilié à la CGT, limitant ensuite son rôle à l’éducation des travailleurs de la région, exploités par les propriétaires terriens, aidant de ses conseils les responsables de ce syndicat.

Sur le plan politique, Bianchini adhéra au Parti socialiste SFIO en 1928 (section de Sartène) pour lutter contre les clans et les hommes politiques qui les représentaient, révolté par la domination quasi féodale des grands propriétaires fonciers du Sartenais, les « Sgiô ». Il fit toujours partie des organismes directeurs de cette section et de la Fédération départementale. Il devint secrétaire fédéral adjoint en 1943, à la libération de l’île, demeura secrétaire administratif en 1944-1946, et délégué à la propagande en 1944, après avoir contribué à la reconstitution du Parti socialiste clandestin. De 1929 à 1953, il participa à tous les congrès départementaux ainsi qu’à de nombreux congrès nationaux, notamment à celui de Paris, en 1944.

Candidat SFIO au conseil général d’octobre 1931, dans le canton de Sartène, jacques Bianchini fut candidat du Parti socialiste aux élections législatives dans la circonscription de Sartène contre le député sortant de Rocca-Serra l’année suivante ; il recueillit 1 818 voix sur 13 902 électeurs inscrits et 6 994 votants, meilleur résultat obtenu en Corse. Un rapport du sous-préfet de Sartène, sur le Premier mai 1934, signalait qu’il était parmi les dirigeants de la manifestation de protestation contre les décrets-lois frappant les fonctionnaires et les retraités sous les fenêtres de Pietri, ministre de la Marine. Il prit la parole pendant le meeting. Le préfet demandait des sanctions contre Bianchini et les autres enseignants. Le ministre de l’Éducation nationale, le 31 mai 1934, demandait que l’on lui retirât sa délégation à l’EPS, ce qui fut fait, avec en prime un blâme ministériel avec inscription au dossier et un déplacement d’office à Calenzana dans le nord de l’île. En 1936, cette injustice, dont le tout-puissant François Pietri fut alors jugé responsable, fut réparée et Bianchini fut nommé directeur du cours complémentaire de Porto-Vecchio, dans le fief de Rocca-Serra. Entre-temps, il avait été élu, en octobre 1934, conseiller d’arrondissement du canton de Sartène, ce qui représentait, là encore, l’un des rares succès de la gauche non radicale.

Sous le régime de Vichy, Jacques Bianchini fut, dès la rentrée des classes de 1940, de nouveau rétrogradé, déplacé d’office et nommé adjoint dans un petit cours complémentaire de village. En 1944, il fut nommé membre de l’Assemblée départementale intérimaire, puis, malgré son échec à la mairie de Sartène, élu grâce aux voix radicales et au soutien de la fille de l’ancien député Landry, l’année suivante, conseiller général du canton de Sartène contre un candidat du Front national de Libération. Il demeura conseiller général SFIO de Sartène jusqu’en octobre 1951. Élu au premier tour avec 1 346 voix, contre le candidat communiste Beneditti (1 311 voix). Il se présenta à la présidence du conseil général en septembre 1946, obtint 12 voix contre 30 au radical Paul Giacobbi. Il ne se représenta pas au conseil général en 1951.

Candidat à la Première Assemblée constituante en octobre 1945 et à la seconde en juin 1946 comme tête de liste, il constitua une liste commune, avec Arthur Giovoni, maire communiste d’Ajaccio aux législatives du 10 novembre 1946 où il était classé en 2° position, sur une liste d’Union républicaine et résistante présentée par les Fédérations socialiste et communiste de la Corse. Élu député, il demanda son apparentement au groupe socialiste après que le congrès de la fédération l’eut exclu. À l’Assemblée nationale, il appartint à plusieurs commissions (moyens de transports, tourisme, PTT, marine marchande) et intervint particulièrement dans les discussions budgétaires concernant les postiers ainsi que dans les problèmes de réfection du réseau routier, de nationalisation de certaines compagnies maritimes, des relations maritimes et aériennes entre la Corse et le continent. Il ne fut pas réélu, en 1951, par suite de la remontée des forces de droite en Corse.

Marié en juillet 1924 à Olmeto (Corse), divorcé en 1963, il se remaria en juillet 1963 à Ajaccio. Il était père d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16654, notice BIANCHINI Jacques, Antoine par Antoine Olivesi, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 août 2021.

Par Antoine Olivesi, Gilles Morin

Jacques Bianchini
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Député

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII 105, 108/B, 203, 288 ; F/1cIV/152, F17/27 576. — Arch. OURS, lettre du 5 février 1947, AGM 128. — Conseils généraux, élections, résultats officiels, octobre 1931, Paris, J.L.L. D’Artrey directeur. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1951. — Réponse au questionnaire. — Le Petit Bastiais, 2 mai 1932. — J.O., Débats parlementaires, Chambre des députés, 22 juin 1932, p. 2326. — Le Petit Provençal, 8 octobre 1934. — Le Mémorial des Corses, op. cit., t. IV, p. 202-203 (photographies du militant). — Dictionnaire des parlementaires français, 1940-1958, tome 2, La Documentation française, 1992. — François Giacomini, L’implantation du Parti communiste en Corse 1920-1939, Paris 1, 1972. — Notes de Jacques Girault et d’Ange Stromboni.

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