STEPHAN Louis, Henri

Par Julien Lucchini, Claude Pennetier

Né le 14 août 1920 à Ferryville (Tunisie), fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé de commerce ; résistant.

Fils de Joseph, Vincent, Marie Stephan et de Marie, Joséphine Lancou, Louis Stephan fut des études au lycée Brest. Il était employé de commerce au magasin Dames de France à Brest et domicilié 9 rue Kérignan. Après la victoire allemande, il tenta de gagner l’Angleterre mais le bateau qu’il avait prit partit pour Casablanca. Du coup il rejoignit son père à Mers-El-Khébir o il était marin sur le Strasbourg. Il revint en France par l’Espagne ou par Marseille selon les sources.
Employé à la Pyrotechnie de Saint-Nicolas de Brest (Finistère), avec son frère Paul, il sortit des grenades et des munitions cachées au garade Abarnou. Résistant actif, il participa à l’évasion de neuf hommes à la prison de Pontaniou le 18 mars 1941. Il fut arrêté le 19 mai 1941 (des document allemands parlent du 16 mai) par les autorités allemandes pour « activité de franc-tireur », dans le cadre de l’affaire Élie. Membre du groupe du même nom, ainsi que du réseau Confrérie Notre-Dame (CND) Castille, il fut incarcéré à Brest, puis, le 1er juillet, fut transféré à Fresnes (Seine,
Val-de-Marne).
Le 22 novembre 1941, Louis Stephan fut condamné à mort par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Il a été fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien par les autorités allemandes. Il put laisser une lettre.
Son corps fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine, fosse 39.
Par une lettre du 17 décembre 1941, le maire de Brest demanda à de Brinon, d’intervenir auprès des autorités allemandes pour que les corps de onze brestois, soient rendus aux familles. Sans succès sur le moment.
Il repose au cimetière Saint-Martin à Brest.
La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée par décision du ministre des Anciens Combattants en date du 27 juillet 1948.
(Voir Georges Bernard*.)

Le 10 du 12 on me demande si je suis catholique, c’est donc que je suis foutu.
Je sens pourtant que je ne mérite pas la mort.
 
Fresnes, le 10 du 12
Jean, Adieu chère amie, cette lettre était tout ce que l’aimais voir venir. Pense à toutes les courses pénibles que je te demande de faire, j’avais besoin de me refaire une santé, maintenant c’est inutile. Je suis fusillé à 4 heures dans 2 heures environ. Je le sais depuis 12 heures. Je vais tomber en pensant à vous tous que j’aime et à la France que j’aurais aimé voir redevenir grande et belle comme jadis.
Que Dieu vous garde sur cette terre et que vous soyez tous heureux.
Ma mère habite à Callac de Bretagne, Ker Bourhis, Côtes du Nord.
Ecris lui tendrement pour l’aider à tenir cette secousse qui va lui faire tant de mal. Cette mère que j’aimais tant par dessus tout. J’avais confiance et j’aurais voulu vivre simplement heureux. Embrasse tes parents pour moi et adieu à Gaby. Ce bon copain qu’il soit épargné dans ce grand fléau qu’est la guerre.
Moi je paie pour les Communistes de PARIS. Je hais pourtant les communistes de tout nom coeur. Que la justice et la paix règne sur la terre le plus tôt possible. Que tu sois heureuse chère Jeanne ainsi que vous tous. Pense aux photos pour ma maman qui n’en a pas, pour ma Marraine et mes Amis. Je compte sur toi. Adieu chère Jeanne et je t’embrasse bien tendrement.
Vive la France et la liberté.
STEPHAN Louis

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166647, notice STEPHAN Louis, Henri par Julien Lucchini, Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 novembre 2014, dernière modification le 10 juillet 2021.

Par Julien Lucchini, Claude Pennetier

Louis Stéphan
Louis Stéphan

SOURCES : AVCC, Caen, B VIII dossier 2, Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). – Renseignements et photo communiqués par Gildas Priol. — Arch. Mun. Brest. — État civil. — Site Résistance-Brest. — Répertoire des fusillés du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine.

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