BIDEAU Jean [BIDEAU Jean-Louis, Roger, Désiré, dit]

Par Alain Dalançon

Né le 28 juillet 1932 à Lechiagat-en-Treffiagat (Finistère) ; professeur de l’enseignement technique ; militant communiste, militant syndicaliste du SNET puis du SNES, secrétaire de la section départementale du Finistère (1970-1980).

Fils unique, Jean Bideau ne connut jamais son père, ouvrier électricien à la compagnie Sud-Lumière, victime d’un accident du travail par électrocution quelques mois avant sa naissance ; sa mère, ouvrière dentellière, ne se remaria qu’en 1948 avec un cheminot, veuf également d’une Tchèque qu’il avait connue lorsqu’il était prisonnier de guerre et dont il avait eu une fille.

Jean Bideau fut élevé dans sa famille maternelle très militante. Son grand-père, marin pêcheur d’opinion très radicale et laïque dès le début du siècle, militant du Parti communiste français après la Seconde Guerre mondiale, veilla à son éducation, ainsi que son oncle, Jean-Désiré Larnicol. Ce dernier, élève sous-officier de la Marine nationale pensionné à 100 %, membre du PCF depuis 1934, maire de Treffiagat à partir de 1935, destitué en 1939, résistant, commandant des Francs-Tireurs et Partisans, fut rétabli maire en 1945, élu conseiller général communiste en 1947, et présida le Comité départemental d’action laïque du Finistère en 1970-1971. La mère de Jean Bideau fut également résistante, membre de l’organisation secrète du PCFet responsable de l’Union des femmes françaises à la Libération.

Après l’école communale publique de Lechiagat, où il fut un excellent élève, reçu premier de son canton au concours des bourses, Jean Bideau entra au cours complémentaire du Guilvinec en 1941 et se présenta, avec dérogation pour raison d’âge, au concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Quimper en septembre 1947, où il fut reçu le plus jeune normalien de France. Bachelier (mathématiques élémentaires) en 1950, il sortit de l’EN en 1951 et enseigna quelques semaines comme instituteur suppléant à Saint-Nic (Finistère). Puis, grâce à l’intervention de son directeur d’EN et de ses professeurs, il obtint une bourse pour aller préparer les concours d’entrée aux Écoles normales supérieures de Saint-Cloud et de l’enseignement technique au lycée Saint-Louis de Paris, où il demeura deux années. Admis en 1953 à l’ENSET (section B), il en sorti en 1956 après avoir obtenu en 1955 le certificat d’aptitude à l’enseignement technique B (construction mécanique). En septembre 1954, il s’était marié uniquement civilement avec Marie Trépos, employée au PTT, militante de la CGT et du PCF ; ils eurent deux garçons et une fille.

Après une année d’enseignement au lycée technique de Cherbourg (Manche), Jean Bideau accomplit son service militaire, sous surveillance, en raison de ses engagements politiques, de septembre 1957 à mars 1959 dans la Marine, à Loctudy. La naissance d’un second enfant en mai 1957 lui épargna en effet le départ en Algérie. De retour à la vie civile, il reprit son poste de professeur certifié au LT de Cherbourg puis fut muté au LT de Quimper ouvert en 1963, où il demeura jusqu’à sa prise de retraite en 1992.

Syndiqué au Syndicat national des instituteurs dès l’EN, jeune militant de l’Union de la Jeunesse républicaine de France, Jean Bideau adhéra à la FEN-CGT en 1951, puis milita aux Jeunesses communistes au lycée Saint-Louis, et adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique à l’ENSET. Il milita dans le courant « Unité d’action pour un syndicalisme efficace », notamment au côté de Jean Reynaud pour obtenir le statut de fonctionnaires aux élèves des ENS de Saint-Cloud et de l’ENSET, avec le soutien du secrétariat général du syndicat, Georges Lauré et Philippe Rabier qu’il rencontra alors.

Après son service militaire, Jean Bideau poursuivit son militantisme au SNET dans le courant UASE puis au Syndicat national des enseignements de second degré (classique, moderne et technique) dans le courant « Unité et action ». Secrétaire de la section syndicale du LT de Quimper de 1964 à 1973, il participa aux congrès nationaux de fusion en 1965 et 1966 et entra à la commission administrative et au bureau de la section académique (S3) de Rennes en 1966, où il demeura jusqu’en 1980. Durant les premières années de l’existence du nouveau syndicat, en raison d’une très forte minorité École émancipée, notamment dans les Côtes-du-Nord, le Morbihan et le Finistère, le courant U-A ne disposait pas de la majorité absolue dans le S3 dont les secrétaires étaient Jean-Yves Jaouen* et [Monique Vuaillat-<182070] avec lesquels il noua une solide amitié. Il se consacra donc à étendre l’influence du courant unitaire dans son département ; d’abord membre du bureau départemental dirigé par Henri Coustet-Larroque (autonome) et Paul Trémintin (École émancipée), à partir de 1967, il fit adopter des statuts nécessitant des élections qui lui permirent d’être élu secrétaire départemental en 1970, responsabilité qu’il conserva jusqu’en 1980 avec des majorités de plus en plus larges.

Cette progression du courant unitaire s’expliquait notamment par la part prise par Jean Bideau et ses camarades dans le mouvement de mai-juin 1968, leur participation au premier rang aux luttes laïques en 1970-1971 dans le cadre du Comité départemental d’action laïque, en liaison avec des sections départementales du SNI (M. Lucas) et de la FEN (R. Guillou) également à majorité U-A (dont Bideau était membre du secrétariat), leur investissement dans la campagne du SNES en direction de l’opinion publique pour la démocratisation des enseignements de second degré (notamment autour du film de 1972 « Le droit d’apprendre et le temps d’enseigner »).

Commissaire paritaire académique des certifiés, membre des commissions académique et départementale de la carte scolaire, de la commission départementale de la formation professionnelle, Jean Bideau participa à tous les combats de son syndicat, s’engageant en particulier dans son département pour la défense et le développement de l’enseignement public laïque, à la fois maintien des cours complémentaires ruraux (qui devinrent collèges) et défense des enseignements techniques longs dans les lycées généraux, dans l’attente d’un développement des capacités d’accueil et de diversification des formations des établissements techniques puis polyvalents. En raison de la communauté d’appartenance à la majorité U-A de sa section départementale de la FEN, il put militer à la Fédération des œuvres laïques, être élu à la CA départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (1967-1983), siéger aux commissions académique et départementale des Œuvres sociales.

Depuis 1948, Jean Bideau militait au PCF. Sans responsabilité à Cherbourg, il devint secrétaire de cellule à Quimper, membre du comité et du bureau de section où il siégeait toujours en 2005.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16674, notice BIDEAU Jean [BIDEAU Jean-Louis, Roger, Désiré, dit] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 21 janvier 2019.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. IRHSES (SNET, SNES : CA, congrès, L’Université syndicaliste. — Témoignages de l’intéressé et témoignages oraux.

ICONOGRAPHIE : Bideau à gauche de la tribune d’une réunion du CAL « bolchévick » 29, en 1970 dans la salle omnisport de Quimper (à sa gauche Gérard Alaphilippe, derrière le secrétaire du CAL, son oncle J.D Larnicol, président du comité (coll. particulière).

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