COIRY Émile, Pierre, Marie, alias "Mermoz" pseudonyme de clandestinité

Par André Balent, Julien Lucchini

Né le 10 avril 1921 à Bains-sur-Oust (Ille-et-Vilaine), fusillé le 19 avril 1944 à Toulouse (Haute-Garonne) ; cultivateur ; résistant FTPF d’Ille-et-Vilaine puis du Lot.

Cultivateur, Émile Coiry, fils de Pierre Marie Coiry, cocher, et de Jeanne Legland, ménagère, vivait dans le Lot-et-Garonne et était célibataire.

Résistant, il avait été membre des FTP de Redon (Ille-et-Vilaine) de mars à août 1943. Il avait alors distribué la presse clandestine, délivré de fausses cartes d’identité, et avait pris part à plusieurs sabotages. Réfractaire au Service du travail obligatoire, sans doute inquiété, il était parti se réfugier dans les maquis FTP du Lot.

Coiry participa à un blocage de la route reliant Cajarc à Cahors près de Larnagol (Lot). Cette opération avait été commandée depuis Londres et dut exécutée par le groupe de FTPF commandé par Charles Boizard alias "Chamino" et Ange Ariza alias "Pitchoro" et qui comprenait, d’après un de ses membres, Robert Decosse alias "Pépel", des Français, des Espagnols, des Italiens et un Américain. Ils construisirent avec des pierres un barrage en épi et creusèrent des trous individuels. Ils furent victimes d’une dénonciation qui entraîna la venue, le 10 avril au matin de trois Tractions Citroën de la Police allemande. Celles-ci furent accueillies par un tir nourri qui provoqua des pertes chez les Allemands et la fuite des survivants. Ils revinrent en force dans l’après-midi. Les maquisards ne pouvant résister se replièrent. Un petit groupe monta vers le causse tout proche poursuivi par les Allemands. Robert Decosse qui intervenait le 4 novembre 2002 devant des élèves préparant le concours de la résistance et la déportation expliqua que arrivés sur le causse, "Un maquisard, Coiry ou Croizy dit Mermoz, d’un autre groupe, me crie : "Pépel , ils vont te tuer". Et il tomba net". Mais Decosse pensa sans doute qu’il était mort alors que, sans doute, il ne fut que blessé, car comment aurait-il pu être condamné à mort ?

En effet, le 18 avril 1944, Émile Coiry fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand STAB 564 de Toulouse (Haute-Garonne) et fut fusillé à la prison Saint-Michel de cette ville. Son corps a été enterré dans le charnier de Bordelongue (commune de Toulouse), le 19 avril à sept heures du matin en même temps que ceux de Charles Boizard et Georges Larrive. C’est le seul des vingt-huit corps dont l’identification, en septembre 1944, fut difficile et parfois mise en doute. Un avis du commandement allemand du 29 avril 1944 signala que trois résistants (Boizard, Coiry et Larrive) avaient été condamnés à mort et fusillés. Comme Boizard et Larrive furent identifiés parmi les cadavres du charnier de Bordelongue, il ne fait aucun doute que le vingt-huitième, non identifié, ne pouvait être que Coiry

Son nom figure sur le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale de Bains-sur-Oust (Ille-et-Vilaine). Il figure également sur la stèle érigée sur les lieux mêmes du charnier de Bordelongue en mémoire des vingt-huit fusillés qui ont été exhumés en septembre 1944. Mais ses nom et prénom y sont devenus : "Goiry Ernest" Cette liste, en incluant Coiry, diffère de celle du musée de la Résistance et de la déportation de Toulouse qui n’en comporte que vingt-sept.

Voir : Toulouse, prison Saint-Michel et charnier de Bordelongue (9 novembre 1943-18 avril 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166761, notice COIRY Émile, Pierre, Marie, alias "Mermoz" pseudonyme de clandestinité par André Balent, Julien Lucchini, version mise en ligne le 4 novembre 2014, dernière modification le 19 février 2020.

Par André Balent, Julien Lucchini

SOURCES : DAVCC, Caen, Liste S 1744 (Notes de Thomas Pouty). — Archives de René Durand, en particulier le témoignage retranscrit de Robert Decosse alias "Pépel" devant des élèves, 4 novembre 2002. — Courriel de René Durand, neveu du maquisard homonyme, René Durand, adressé à André Balent, 18 août 2017. — Mémorial GenWeb. — État civil. — Notes d’André Balent.

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