PRELATI Vincenzo

Par Daniel Grason

Né le 19 juillet 1899 à Castel Bolognese en Émilie Romagne (Italie) ; antifasciste ; volontaire en Espagne républicaine ; interné.

Fils de Carlo et d’Antonia, née Legabachi, Vincenzo Prelati s’engagea lors de la Grande Guerre en 1918, combattit à Bligny dans la Marne où il fut gazé à l’Hypéride et atteint de tuberculose pulmonaire bacillaire. Il épousa le 4 octobre 1921 dans sa ville natale Hélène Imitatori. Deux enfants naquirent, Muzia née en 1923 en Italie et Raoul en 1925 à Romilly-sur-Seine (Aube). En situation irrégulière, une mesure d’expulsion lui était notifiée le 5 septembre 1929 et le 27 septembre 1930. En 1931 il était condamné à deux mois de prison avec sursis et cent francs d’amende pour falsification de certificat.

Bien que pensionné à 80%, de convictions antifascistes il quitta la Belgique en février 1938, se rendit à la demande du Parti républicain espagnol en Espagne, fut incorporé dans la XIIe Brigade Garibaldi où il eut une mission de contrôle des effectifs, mais fut blessé. Il rentra en octobre 1938 en France en passant pat Cerbère (Pyrénées-Orientales). Il demeurait avec sa famille 7 Rue Saint-Claude à Paris IIIe arr. De santé fragile, il fut soigné pour maladie pulmonaire jusqu’en juin 1939 au sanatorium de Saint-Martin-du-Tertre (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Selon ses déclarations il s’engagea dans l’armée française en septembre 1940 et aurait été démobilisé le 4 août 1940 à Agen (Lot-et-Garonne).

Le 19 septembre 1941 la 3e section des Renseignements généraux transmettait son nom aux Allemands comme ancien volontaire en Espagne républicaine. Il était arrêté le 9 décembre 1941 pour infraction au décret sur le ravitaillement, mis à la disposition des Autorités allemandes, mais il resta au dépôt au 3 Quai de l’Horloge, Ier arr. Il écrivit le 28 février 1942 au ministre de l’intérieur, Vincenzo Prelati faisait état de son état de santé, demandait la liberté conditionnelle pour ne pas mourir en prison. Il soulignait que ses infirmités avaient été contractées sur les champs de bataille français.

Le 13 mars 1942, le capitaine de de Moissac, juge d’instruction l’inculpait de « trafic de titres de rationnement ». Arrêté, le 2 avril il était mis en liberté provisoire, le lendemain à nouveau interpellé, il était mis à la disposition de la 5e section des Renseignements généraux, interné au camp des Tourelles à Paris, XXe arr. Hospitalisé à Tenon en raison de son état de santé, il comparut le 2 mars 1943 devant le tribunal d’État avec ses deux complices François V… et Prosper T…, imprimeurs typographes qui fabriquaient les fausses cartes de textiles. Tous les trois étaient condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Vincenzo Prelati décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre française et italienne cessait de porter ses décorations pour manquement à l’honneur.

Vincenzo Prelati et probablement ses deux complices furent incarcérés à la centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines), il fut gracié en 1945 après trois ans de détention. Le Comité italien de libération nationale écrivit le 12 juin 1945 à Adrien Tixier, ministre de l’Intérieur pour lui demander « la révocation du décret d’expulsion émis à son égard ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166782, notice PRELATI Vincenzo par Daniel Grason, version mise en ligne le 20 octobre 2014, dernière modification le 20 octobre 2014.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0607, BA 1841, BA 2057. – Le Matin, 3 mars 1943.

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