PIERRU Georges, Joseph, Ernest

Par André Balent, Julien Lucchini

Né le 31 mai 1922 à Calais (Pas-de-Calais), fusillé après condamnation le 31 mai 1944 à la butte du champ de tir la Madeleine (Villeneuve-lès-Maguelone, Hérault) ; employé de IWCT ; résistant. (MUR, AS)

Fils d’Ernest Pierru, lampiste au chemin de fer, et d’Ernestine Desplanque, sans profession, Georges Pierru, employé de IWCT — mais un certificat le présente comme étudiant — , célibataire, avait quitté Calais le 13 septembre 1941. Il s’était fixé à Montpellier et résidait dans le chef-lieu de l’Hérault à la même adresse que Raymond Migliario et ses parents, 27 rue du Courreau. Résistant, il était membre du groupe franc de Combat (puis Mouvements unis de la Résistance, MUR) depuis janvier 1943 avec Raymond Migliario et Jean Pitangue. Il devint chef de trentaine du groupe franc (GF) de Montpellier, puis adjoint départemental des groupes francs des MUR de l’Hérault. Finalement, le 3 mars 1944, il accéda à la direction départementale des GF de l’Hérault. Il fut chargé de faire sauter un magasin allemand avec Jean Pitangue. Ne pouvant réaliser cette action, ils décidèrent d’attaquer un hôtel occupé par les Allemands.
Ils furent tous dénoncés le lendemain par un agent infiltré des autorités allemandes : Pierre Berger, alias "Bendi" ou « Le Grand Pierre » (fusillé à la suite du procès Marty). En effet, le témoignage de Gérald Suberville qui dirigeait l’Action ouvrière (AO) des MUR de la R3 indique que le groupe de l’AS de Montpellier auquel appartenaient Pitangue, Pierru et Migliario était infiltré par des agents allemands, en l’occurrence deux militants du PPF tunisien affectés depuis juin 1943 à la Sipo-SD de Montpellier, Berger et Mouchet (alias "Henry"). Tous deux "travaillaient" pour le Sarrois Mahren, un des responsables du SD de Montpellier. Ce fut Berger qui, d’après le témoignage de Suberville que confirment d’autres sources, fut à l’origine de la chute des trois jeunes Montpelliérains, mettant fin à leurs actions dirigées contre les Allemands. Georges Pierru fut arrêté par la Sipo-SD le 6 avril 1944 à Montpellier.
Incarcéré à la prison de Montpellier jusqu’au 30 mai, date de sa condamnation à mort par le tribunal militaire allemand OFK 894 de Nîmes (Gard) qui siégea à la citadelle de Montpellier, Georges Pierru fut fusillé le même jour, au champ de tir de la Madeleine par les autorités allemandes, en compagnie de René Sénégas, Jean Pitangue, Raymond Migliario, Louis Rachinel un Parisien installé à Avignon puis à Montpellier, et de deux résistants gardois, Francis Gaussen, Aimé Sauvebois. Tous les sept étaient rattachés aux MUR et à l’AS. Il fut déclaré "mort pour la France" le 17 avril 1945. Son acte de décès dressé à l’état civil de Montpellier le 20 septembre 1944 indique qu’il mourut "vers le 30 mai".

Son nom est inscrit — de façon erronée, "Pierrue" avec une date, le 31 mai, qui ne correspond pas à celle de son acte de décès (30 mai) — sur les deux monuments ou plaques commémoratifs de la Madeleine. Une plaque a été posée à la butte de tir avec les seize noms de fusillés (par les GMR ou les Allemands) entre le 14 mars et le 11 juillet 1944. Trois cent mètres en contrebas, un monument commémoratif a été érigé ultérieurement, le long de la route départementale reliant Montpellier à Sète.

Voir : Lieu d’exécution de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166809, notice PIERRU Georges, Joseph, Ernest par André Balent, Julien Lucchini, version mise en ligne le 4 novembre 2014, dernière modification le 17 mai 2020.

Par André Balent, Julien Lucchini

SOURCES : DAVCC, Caen, Liste S 1744 (Notes Thomas Pouty). — Gérald Suberville, "L’affaire ¨Pierre Marty intendant de police devant la Cour de justice de Toulouse", in Les lendemains de Libération dans le Midi, Actes du colloque de Montpellier 1986, Montpellier, Université Paul-Valéry Montpellier III, 2e édition, Montpellier, 1998, 240 p., 1e édition, 1997 [pp. 3-26]. — État civil. — Site Mémorial Genweb consulté le 5 décembre 2015.

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