LE MOUËL Joseph, Marie

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 9 février 1920 à Bubry (Morbihan), fusillé après condamnation à mort le 25 février 1944 à Vannes (Morbihan) ; cultivateur ; résistant ; FTPF homologué FFI.

Joseph Le Mouël
Joseph Le Mouël
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan-Mémorial de la Résistance

Joseph Le Mouël était le fils de Charles Marie Le Mouël, forgeron, et de Marie Boudouille, journalière. Célibataire, il était domicilié à Kerboharne en Bubry où il exerçait la profession de cultivateur.

Le 10 décembre 1943, à la suite de plusieurs accrochages entre résistants et gendarmes dans le secteur de Guéméné-Pontivy (Morbihan), en particulier l’attaque le 30 novembre 1943 de la gendarmerie de Guéméné où des armes avaient été dérobées, le capitaine de gendarmerie de Pontivy, Gauffenic, fit arrêter huit jeunes cachés dans une bâtisse abandonnée dans la lande de Malguénac au retour d’une mission, et qui avaient été dénoncés par un paysan des environs. Il s’agissait de huit Frans-tireurs et partisans français (FTPF) appartenant au groupe Vaillant-Couturier fondé en octobre 1942 sous l’impulsion de René Jehanno dans le canton de Plouay (Morbihan) : Raymond Guillemot,, Joseph Le Mouël, André Le Mouël, Jean Mahé, Ferdinand Malardé, Jean Robic, tous originaires de Bubry, ainsi qu’André Le Garrec et André Cojan originaires de Paris.
Ils furent livrés aux Allemands qui les transférèrent à la prison de Vannes (Morbihan), puis emmenèrent André Le Mouël le 13 décembre à Bubry pour lui faire désigner les domiciles des responsables FTPF Émile Le Carrer [Max] et René Jehanno [Jean]. L’opération tourna au fiasco pour les Allemands qui ne trouvèrent pas les deux responsables FTPF, laissèrent s’échapper André Le Mouël, mais arrêtèrent le père d’Émile Le Carrer comme otage.
Le 17 février 1944, Raymond Guillemot, Joseph Le Mouël, Jean Mahé, Ferdinand Malardé et Jean Robic furent condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de Vannes FK 750 pour actes de sabotage sur les voies ferrées (7 déraillements). Ils ont été fusillés le 25 février dans la prison de Vannes, place Nazareth, Joseph Le Mouël à 10 heures 38 en même temps que Jean Robic.
Dès le 28 décembre 1943, deux FTP avaient exécuté le paysan qui avait signalé aux gendarmes la présence des jeunes résistants de Bubry installés à Malguénac.
André Cojan et André Le Garrec ont été déportés NN (Nuit et Brouillard) le 4 mai 1944 au camp du Struthof. Ils ont été libérés le 22 avril 1945 à Sachsenhausen, et sont rentrés.

Dernière lettre de Joseph Le Mouël :
 
Vannes, le 25 février 1944
 
Bien chers parents,
 
Je vous envoie un petit mot qui va sûrement vous attrister ; je viens d’être condamné à mort par le tribunal allemand et on va être exécuté aujourd’hui même.
Mes chers parents, il ne faut pas vous chagriner pour moi, ayez du courage ma chère mère ; moi je vais être tué, mes trois frères prisonniers en Allemagne vont revenir à la maison bientôt.
Mes chers parents, je souhaite que vous soyez heureux après la guerre. je vous remercie des colis que vous m’avez envoyés tous les vendredis parce que, on était très mal nourri.
Mon cher frère André a été fusillé depuis longtemps [Joseph ignorait que son frère André qu’il n’avait pas revu depuis leur arrestation, était parvenu à s’échapper], je ne l’ai pas vu depuis les premiers jours qu’on était arrivé ici. Alors mes chers parents je vous dis Adieu pour la dernière fois. Chers parents, vous embrasserez tous mes frères, sœurs, neveux et nièces pour moi. Adieu mes chers parents, je vous embrasse bien fort de tout mon cœur.
Votre fils qui meurt en pensant à vous tous.

La Feldkommandantur de Vannes (FK 750) fit paraître dans L’Ouest-Eclair, La Bretagne et La Dépêche de Brest deux « Avis » rédigés en ces termes :
« Avis de la Feldkommandantur
Le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur de Vannes, a condamné à mort et fait fusiller quatre habitants du pays qui s’étaient réunis pour piller dans les environs de Locminé. Ils avaient, en outre commis plusieurs attaques et vols avec effractions chez des habitants du pays. Ils étaient armés et masqués ».

« Avis de la Feldkommandantur
Les habitants de Bubry : Raymond Guillemot, Joseph Le Mouël, Jean Robic, Jean Mahé et Ferdinand Malardé, qui appartenaient à une bande organisée, ont été condamnés à mort par le tribunal militaire allemand pour actes de sabotage sur les voies ferrées et pour d’autres actes de violences. À la suite du jugement, les condamnés ont été fusillés le 25 février 1944 ».

Joseph Le Mouël a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le titre d’Interné-résistant lui a été attribué en 1956.

À Saint-Avé, le nom de Joseph Le Mouël est inscrit sur le mémorial des fusillés
À Bubry, il figure sur le monument aux morts ainsi que sur une stèle inaugurée en 1998 dans le cimetière communal qui porte l’inscription :
« À la mémoire des cinq martyrs de la résistance FTPF de Bubry membres du groupe Vaillant-Couturier fusillés à Vannes par les nazis le 25 février 1944... ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166815, notice LE MOUËL Joseph, Marie par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 29 octobre 2014, dernière modification le 27 avril 2022.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Joseph Le Mouël
Joseph Le Mouël
SOURCE : René Le Guénic,
Morbihan-Mémorial de la Résistance
Dans <i>La Bretagne</i> du 3 mars 1944
Dans La Bretagne du 3 mars 1944
SOURCE : Archives départementales
du Morbihan, 2 W 11308
Sur le monument des fusillés</br>à Saint-Avé
Sur le monument des fusillés
à Saint-Avé
Sur le monument aux morts de Bubry
Sur le monument aux morts de Bubry
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, dossier 21 P 56 1359. — SHD, Vincennes, 16 P 361787. — Arch. Dép. Morbihan, 2 W 11308, exécutés par les Allemands. — J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés (1940-1944), op. cit. Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance, Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Quelques lettres de fusillés-Ce qu’ils ont écrit avant de mourir face aux pelotons d’exécution nazis ", Ami entends-tu... Journal de la Résistance bretonne-ANACR, numéros 28-29, 1er semestre 1975. — Mémorial GenWeb — Site des Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56.– État civil, Bubry (acte de naissance) ; Vannes (acte de décès).

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