BIDOUX Marcel

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, Gilles Morin

Né le 16 avril 1901, mort le 1er novembre 1975 à Paris ; journaliste ; militant socialiste SFIO du Pas-de-Calais, de la Seine, et de la Saône-et-Loire ; secrétaire adjoint de la fédération SFIO du Pas-de-Calais (1920-1930) ; membre de la CAP de la SFIO (1929-1931) ; résistant CAS, rédacteur en chef du Populaire.

Marcel Bidoux adhéra au Parti socialiste en 1918, il suivait alors les réunions électorales de Léon Blum dans Paris. Devenu, avec Raoul Evrard*, secrétaire administratif de la Fédération socialiste SFIO du Pas-de-Calais au lendemain de la scission de Tours (décembre 1920), il conserva ce poste jusqu’au début des années trente, époque à laquelle il fut remplacé par André Pantigny*. Gérant de l’Éclaireur, organe de la Fédération depuis 1921, il abandonna ce poste après son éviction de la direction fédérale et monta à Paris au siège du Parti SFIO pour y épauler son ami Paul Faure*. Il fut engagé comme secrétaire de rédaction du Populaire avant de devenir chef du service politique et parlementaire. Il fut inscrit sur les listes des journalistes professionnels (carte n° 1122) et du Syndicat des journalistes socialistes le 6 mars 1929.
Militant socialiste du XIIIe arr. de Paris et membre de la commission exécutive de la Seine, Bidoux siégeait à la CAP en 1929, 1930 et 1931. Il écrivait dans le journal de la tendance de la Bataille socialiste en 1929.
La Fédération socialiste de la Seine le présenta aux élections municipales du 5 mai 1929 dans le quartier Maison-Blanche (XIIIe arr.). Il fut battu par le communiste Louis Gélis avec 776 voix sur 13 638 inscrits. Le 26 octobre 1929, lors d’une élection partielle destinée à remplacer le conseiller communiste du quartier de la Gare (XIIIe arr.), Jean Colly décédé, Bidoux se mit en concurrence avec la populaire André Marty et recueillit 759 voix (6,04 % des inscrits).
Commis voyageur du socialisme, Marcel Bidoux tenta de conquérir un mandat électoral dans diverses régions. La Fédération socialiste de l’Aisne fit appel à lui pour la représenter aux élections législatives de mai 1932 dans la deuxième circonscription de Saint-Quentin où le député socialiste sortant Jean Deguise renonçait à son mandat pour raison de santé. Il obtint 3 931 voix sur 18 057 inscrits et fut battu au scrutin de ballottage avec 7 274 voix. On le signalait au Creusot (Saône-et-Loire), en 1935, après la conquête de la mairie par Paul Faure, puis dans l’Indre où il se présenta aux élections législatives d’avril 1936 dans la circonscription de Châteauroux contre le néo-socialiste Deschizeaux, député sortant. Il recueillit 10,86 % des voix des électeurs inscrits au premier tour. Soit par négligence, soit en raison d’une manœuvre politique, sa candidature ne fut pas retirée officiellement pour le second tour et 45 voix se portèrent sur son nom.
Collaborateur de Léon Blum au Populaire, lors de la débâcle le 11 juin 1940, il suivit l’équipe de direction du quotidien à Clermont-Ferrand où il devait être tiré sur les presses de la Montagne. Il se rendit à Bordeaux rencontrer Léon Blum et, à son retour, s’opposa à Gaillard, administrateur du Populaire qui voulait exclure l’ancien président du Conseil du journal, ainsi que ceux qui lui étaient restés fidèles. Après la disparition du Populaire, il entra dans le groupe de presse de Vincent Delpuech et travailla sous un faux nom (Dorcières) durant trois années, selon le témoignage de celui-ci.
Daniel Mayer présentait ainsi son action dans la résistance dans une lettre au militant de la Manche du 28 février 1945 : « Secrétaire de rédaction du Mot d’ordre durant la guerre, ne signe jamais une ligne, ayant seulement un emploi technique. Léon Blum le charge d’assurer l’intérim de la rédaction en chef du Populaire en juillet 1940, en attendant le retour de Rosenfeld. A travaillé ensuite avec Eugène Thomas dans un service de renseignement dès 1941, collaborait à la confection du Populaire clandestin et crée Gavroche dans la clandestinité ». Léon Blum lui avait confié non seulement la délégation de pouvoir de directeur du Populaire mais aussi celle d’actionnaire, pratiquement unique, de la société qui l’éditait.
À la Libération, Bidoux redevint rédacteur en chef du Populaire, en septembre 1944 et le demeura jusqu’en 1946. Délégué au Congrès des fédérations socialistes reconstituées de la SFIO en novembre 1944, il présida la commission jeunes. Il fut candidat à la première Assemblée constituante en octobre 1945 dans la Saône-et-Loire (3e de la liste qui compta deux élus). Il participa à la reconstruction de la fédération de l’ancien secrétaire général du parti, ce qui lui valut de violentes attaques des paul-fauristes. Eugène Gaillard, l’ancien administrateur du quotidien socialiste le mettait aussi en cause dans son éviction du quotidien.
L’activité principale de Bidoux resta le journalisme : il fut un temps rédacteur politique de La France de Bordeaux et finit sa carrière à La Nouvelle République du Centre-Ouest.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16682, notice BIDOUX Marcel par Jean Maitron, Claude Pennetier, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 29 mai 2019.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3229. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 176. — Arch. Dép. Indre, 3 M. — Arch. OURS, dossiers Manche. — Compte rendu du Congrès national extraordinaire de novembre 1944. — Arch. Jean Zyromski, dossier Fédération de la Seine. — Arch. Mary, CHS, boite 8. — La Vie socialiste, 26 octobre 1929, 14 mai 1932. — Cahiers de l’OURS, n° 138, 141, 154, 1983-1984. — Le Cri (Aisne), 1928-1932. — Le Monde, 4 novembre 1975. — Renseignements fournis par M. Piquet, ancien secrétaire national des Jeunesses socialistes. — Renseignements recueillis par Y. Le Maner et J. Raymond.

ICONOGRAPHIE : {Le Populaire}, 13 octobre 1929.

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