TAMIGI Jean Pierre

Par Julien Lucchini, Michel Thébault

Né le 16 janvier 1920 à Allevard (Isère), guillotiné après condamnation à mort le 19 avril 1944 à Stuttgart (Allemagne) ; ouvrier ajusteur à la SNCF ; résistant Ceux de la Libération et Résistance Fer.

Jean Pierre Tamigi, marié et père d’un enfant était domicilié 39 rue de La Chapelle Saint-Louis à Dijon (Côte-d’Or). Entré à la SNCF le 1er avril 1937, il était ouvrier ajusteur au dépôt des ateliers SNCF de Dijon-Perrigny. Il s’engagea dans la Résistance rejoignant à la fois un réseau des Forces Françaises Combattantes, Ceux de la Libération et le réseau Résistance Fer. Il participa à l’évasion de prisonniers, à divers sabotages, et à des réceptions de parachutages pour la Résistance.

Il fut arrêté le 31août 1943 au dépôt SNCF avec six autres camarades cheminots. Incarcéré à la prison de Dijon, il fut condamné à mort avec ses camarades par le tribunal militaire allemand FK 669 de Dijon le 27 novembre 1943, sous l’accusation de "détention d’armes et actes de terrorisme." La condamnation entraîna une violente réaction des cheminots. Le 29 novembre, les cheminots du dépôt de Dijon et des autres dépôts de la région se mirent en grève durant 2 heures, grève qui reprit deux jours plus tard, s’étendant sur la ligne Paris-Lyon et paralysant le trafic. Des milliers de voyageurs bloqués manifestèrent leur soutien aux cheminots. Le 2 décembre une délégation cheminote partit à Vichy rencontrer Pierre Laval qui promit d’intervenir auprès des autorités allemandes pour obtenir la grâce. Alors qu’une grève générale se préparait pour le 10 décembre, le 9 décembre une nouvelle délégation fut convoquée à Paris d’où elle put par téléphone annoncer la grâce des condamnés. La peine de mort fut commuée en déportation. Classés « Nacht und Nebel », ils furent déportés en Allemagne le 22 décembre 1943, et incarcérés à la prison de Karlsruhe.
En contradiction de la grâce accordée, Jean Pierre Tamigi et ses camarades furent de nouveau jugés, par le tribunal militaire allemand de Karlsruhe et condamnés à mort le 18 avril 1944. Jean Pierre Tamigi fut décapité le lendemain 19 avril 1944 à la prison d’Etat de Stuttgart. Il fut inhumé après la guerre dans la Nécropole nationale du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) où il repose depuis lors carré J, rang 3, tombe 52.

Il obtint la mention mort pour la France, le statut DIR (Déporté Interné Résistant) ainsi que la mention « Mort en déportation » (arrêté du 19/07/1999). Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance française par décret du 26/06/1947. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la SNCF de Dijon ainsi que sur la plaque commémorative des agents SNCF de Grenoble.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166830, notice TAMIGI Jean Pierre par Julien Lucchini, Michel Thébault, version mise en ligne le 21 octobre 2014, dernière modification le 3 janvier 2021.

Par Julien Lucchini, Michel Thébault

SOURCES : SHD Caen AVCC B VIII 4, Liste S 1744 (Notes de Thomas Pouty) Cote AC 21 P 157951 et SHD Vincennes GR 16 P 561694 (à consulter) — site internet rail et mémoire — Christian Bachelier Une entreprise publique dans la guerre : la SNCF 1939 - 1945 Actes du 8ème colloque de l’AHICF. Ed. PUF mai 2001 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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