BIEAU Louis

Par Gilles Morin

Né le 14 juillet 1885 à Saint-Gilles (Gard), mort le 3 avril 1961 à Nîmes (Gard) ; fonctionnaire ; militant et élu socialiste de Nîmes (Gard) ; secrétaire de la fédération socialiste du Gard de 1922 à 1944, conseiller général de Nîmes (1925-1940) ; président de la Commission départementale.

Militant socialiste du Gard, rédacteur au Combat social, troisième série, à partir de 1899, Louis Bieau échoua en 1913 au conseil général dans le canton de Sauve, avec 386 voix contre 520 au radical sortant réélu. Il était toujours à la veille de la Deuxième Guerre mondiale le directeur politique du Combat social. Entré à la mairie le 15 octobre 1908, au secrétariat du cabinet du maire, il fut nommé chef de bureau le 1er novembre 1912, chef de division le 1er octobre 1919 et receveur des hospices le 1er janvier 1925.
Surtout, Bieau fut « pendant vingt-huit ans » secrétaire de la fédération socialiste SFIO du département. Il était en fonction en 1922 et l’était toujours à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Conseiller général du 2e canton de Nîmes, du 26 juillet 1925 (où il fut élu au deuxième tour) à 1937, il a présidé la commission départementale et a été candidat SFIO aux sénatoriales de 1929. Battu au renouvellement cantonal en octobre 1937, il fut réélu conseiller général à une partielle dans le premier canton de Nîmes (fin 1937 probablement). Il ne put se présenter aux municipales durant toutes ces années, de par ses fonctions professionnelles : il était en effet président de l’Office départemental des HBM et restait receveur des hospices. Vichy le releva de ses fonctions le 31 janvier 1940, à la suite d’un arrêté ministériel daté du 12 décembre 1940 et il fut mis à la retraite le 1er mai suivant.
Bieau, qui était très lié à Hubert Rouger fréquenta Daniel Mayer à Marseille en 1941-1943. Des réunions socialistes clandestines se tinrent à son domicile et il fut désigné comme secrétaire fédéral du parti clandestin.
Après la Libération, Bieau fut réintégré dans son emploi. Il précisa qu’il n’acceptait cette réintégration que comme une réparation morale et ne reprit pas son poste pour des raisons personnelles. Sur les listes électorales de 1950, il était présenté comme directeur de société. Il fut maintenu dans la SFIO et demeura un militant actif de la fédération du Gard. Il militait en faveur de la réintégration d’Hubert Rouger, pour lequel il fit des attestations de résistance. Il prenait position dans les nombreux conflits qui traversaient cette fédération désormais dirigée par Désiré Rousset. Il soutint ainsi le sénateur Tailhades en 1959, qui se représentait sans l’accord de la fédération. Louis Bieau fut une dernière fois candidat de la SFIO aux élections aux législatives de novembre 1958, dans la première circonscription du Gard. Il décéda trois années plus tard.
A-t-il un rapport avec le délégué de ce nom au Congrès des fédérations socialistes reconstituées de la SFIO en novembre 1944, siégeant à la commission jeunes et présentant le rapport de cette commission au congrès ? Le même, semble-t-il, intervint au congrès de 1945, au nom des Jeunesses.
Il avait épousé Claudine Philibert le 11 juillet 1931 à Nîmes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16686, notice BIEAU Louis par Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 5 décembre 2022.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat. F7/13082, rapport des 11 avril 1927, 18 décembre 1928, 3 juin 1929 et F7/13025, rapport du 24 juillet 1934 ; F/1cII/146 et 561. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, I, pp. 317 et 378. — Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, p. 71. — PS-SFIO, Rapports des congrès nationaux Paris, Libairie populaire, 1932, 1933, 1938. — J. L. D’Artrey (dir.), Les élections sénatoriales, 1927-1932, résultats officiels, Librairie G. Roustan, sd. et Conseils généraux, élections, résultats officiels, juillet 1925-octobre 1928, octobre 1931. — Arch. OURS, dossiers Gard et dossier Rouger. — Le Populaire, 31 mai 1924. — Profession de foi aux élections législatives de 1958. — Correspondance de M. Patrick Vazeilles des archives municipales de Nîmes, 29 septembre 2004. — Correspondance des Archives départementales du Gard, 17 septembre 2004. — Notice du DBMOF, tome 19.

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