TOURNEL Marius, Cyrille, Godefroy

Par Julien Lucchini, Michel Thébault

Né le 8 novembre1891 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), fusillé ou décapité le 22 octobre 1941 à Rheinbach (Allemagne) ; ingénieur chimiste militaire ; résistant isolé, condamné à mort puis déporté.

Marius Tournel était le fils de Lucien Pascal Tournel, âgé de 29 ans à sa naissance, employé des chemins de fer et de Rosalie Eugénie Amouroux âgée de 23 ans, domiciliés au Golfe-Juan (Alpes-Maritimes). En 1911 lors de la conscription à Marseille, il était étudiant en sciences. Il fut mobilisé en 1914 et fit la première guerre mondiale au 10ème Régiment d’Artillerie puis au 39ème Régiment d’Infanterie. Démobilisé en 1919 il devint ingénieur chimiste d’abord à la poudrerie de Sorgues (Vaucluse) à partir de 1921. Promu ingénieur chimiste militaire de 2e classe, il fut dans les années 1930 affecté à la poudrerie de Sevran. Il était avant 1939 domicilié en région parisienne à Bellevue-Meudon (Seine-et-Oise), marié avec Lucienne Tournel. Il fut mobilisé en 1939, affecté à la poudrerie nationale d’Esquerdes (Pas-de-Calais). Il fut arrêté dès le 17 août 1940 pour "espionnage", un acte de résistance isolé qui nous reste inconnu à ce jour. Au début 1941, une vague d’arrestations amena d’autres arrestations. Le tribunal militaire de la Wehrmacht établit alors une liste de 25 personnes incarcérées dans la région parisienne. À partir de cette liste le tribunal de guerre du Reich (Reichskriegsgericht, RKG) à Berlin constitua une liste de 7 inculpés dont Marius Tournel. Il fut jugé le 17 mars 1941 à Paris par une chambre du 1er Sénat du RKG, déplacée à Paris, sous la présidence du juge Sellmer. Condamné à mort, il vit sa peine commuée. Il fut déporté en Allemagne, le 1er septembre 1941 vers Karlsruhe (Bade-Wütemberg) puis Rheinbach (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), prison pour les peines de travaux forcés, située au sud-ouest de Bonn. Il fut finalement fusillé ou décapité le 22 octobre 1941 à Rheinbach.
Il obtint la mention mort pour la France, fut homologué RIF (Résistance intérieure française) et DIR (Déporté-interné-résistant). Son nom est inscrit sur la plaque commémorative et le monument de la résistance d’Aix-en-Provence, à côté de la Fontaine Espéluque « La Ville d’Aix-en-Provence à ses Morts Déportés et Fusillés de la Résistance ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166871, notice TOURNEL Marius, Cyrille, Godefroy par Julien Lucchini, Michel Thébault, version mise en ligne le 22 octobre 2014, dernière modification le 26 mai 2019.

Par Julien Lucchini, Michel Thébault

SOURCES : SHD AVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes de Thomas Pouty) — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône (registre matricule et certificat de validation DIR) — Auguste Gerhards Tribunal de guerre du IIIème Reich Ed. Ministère de la Défense et du Cherche-midi, 2014 — Fondation pour la mémoire de la déportation — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil.

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