SCHMIDLIN Joseph

Par Léon Strauss

Né le 29 mars 1876 à Petit-Landau (Haute-Alsace annexée), mort le 10 janvier 1944 au camp de sûreté de Schirmeck (Bas-Rhin) ; prêtre catholique resté allemand en 1918, professeur d’université en Allemagne ; adversaire du paganisme nazi.

Fils d’Auguste Schmidlin, instituteur à Blotzheim (Haute-Alsace) et de Nanette Hoefferlin, il fut ordonné prêtre à Strasbourg en 1899. Il poursuivit des études supérieures de théologie à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne). Docteur d’État à Strasbourg en 1905, il devint professeur d’histoire de l’Église, d’histoire des dogmes et de science des misions à l’université de Munster en Westphalie . Il fut désormais considéré par la diplomatie française comme un agent de propagande contre les missions catholiques française. En 1916, il rédigea un mémoire sur la culture allemande, le catholicisme et la guerre, où il déclarait que « la défaite et l’humiliation de la France peuvent seules amener sa conversion ». Il préconisait des démarches allemandes auprès de la Turquie et du Saint-Siège pour obtenir le transfert à l’Allemagne des établissements catholiques français dans l’Empire ottoman. Il ne rentra pas en Alsace redevenue française après la guerre. En 1928, inculpé de participation à un complot contre la sûreté de l’État lors du procès de Colmar contre certains autonomistes, il ne se présenta pas à la justice française et fut condamné par contumace à 15 ans de réclusion. Arrêté le 8 septembre 1931 par la police ou la gendarmerie française, il fut rapidement libéré et rentra en Allemagne.
Après la prise de pouvoir par Hitler, Schmidlin attaqua le paganisme nazi et fut mis à la retraite d’office le 14 juillet 1934. Incarcéré une première fois pour injure au Führer, il vécut après sa libération dans une clinique neurologique à Rottenmünster (Wurtemberg), où il se porta volontaire en 1940 pour assurer l’assistance spirituelle aux prisonniers de guerre français.
Emprisonné à nouveau dans les prisons de Fribourg, puis d’Offenbach en Allemagne, il fut transféré le 15 décembre 1943 en Alsace annexée de fait, au camp de Schirmeck. Amené le 8 janvier 1944 dans un cachot du Bunker du camp pour avoir désobéi à son chef de baraque Brauer qui le roua de coups, il mourut sans soins le 10 janvier 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166899, notice SCHMIDLIN Joseph par Léon Strauss, version mise en ligne le 23 octobre 2014, dernière modification le 23 novembre 2018.

Par Léon Strauss

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin , 153 J 12. – Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n° 33, Strasbourg, 1999, p.3470-3471. – Site internet du Cercle d’histoire de Blotzhein. — Livre-Mémorial de la Déportation , II, 6.

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