BRIGNOLI Robert, Lucien dit Chapier

Par Daniel Grason

Né le 18 février 1925 à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 3 décembre 1953 à Paris XIIIe arr. (Seine) ; ajusteur-monteur ; communiste ; résistant FTP ; déporté.

Fils de Michele Brignoli, menuisier et de Blanche, née Trancourt, sans profession, Robert Brignoli fut orphelin de mère à l’âge de deux ans. Antifasciste, son père se porta volontaire en Espagne républicaine, il le confia à une amie militante. Robert Brignoli alla à l’école primaire, suivit des cours à l’école Professionnelle pratique d’Argenteuil, puis exerça le métier d’ajusteur-monteur aux Établissements BMW, installés dans la ville où il vivait avec son père 41 rue Félifeu à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise).
Contacté par un militant communiste, il accepta d’entrer dans les FTP, il quitta le domicile familial début décembre 1942. Il demeurait à l’hôtel « Rive Gauche » au 25 Rue des Saints-Pères à Paris VIe arrondissement. Permanent de l’organisation, il toucha cinq cents francs d’appointements et fut nommé responsable du groupe d’Argenteuil en formation.
Il cacha du matériel dans un débarras au domicile familial à l’insu de son père. Le 13 décembre 1942 la Brigade spéciale d’intervention du commissariat de Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine) arrêtaient Henri Fongarnand dit René Rolland et Roger Pinçon à la gare de Clichy Levallois-Perret. Tous deux portaient sur eux des documents relatifs aux FTP, Henri Fongarnand en était le responsable militaire.
Le 17 décembre 1942, Robert Brignoli avait un rendez-vous avec un membre de l’organisation dans un café de Boulogne-Billancourt. Des inspecteurs de la BS2 l’interpellèrent en compagnie de Manuel Laumonier, fouillé, il portait sur lui un pistolet automatique, un carnet de rendez-vous, des documents sur l’armement nécessaire à un détachement, ainsi que des conseils avec les formules chimiques sur la fabrication d’engins explosifs et incendiaires.

Les inspecteurs perquisitionnèrent le domicile familial, dans un placard servant de débarras dont seul Robert Brignoli avait la clef, ils découvraient deux matraques à boules de plomb, un pistolet calibre 7,65 mm, une bouteille et un flacon d’acide sulfurique ainsi qu’un bidon d’essence, cinq feuillets sur l’armement du groupe, un carnet de notes, trois opuscules « La Défense passive », « Manuel du Légionnaire » et « Le Maréchal a dit », cinq brochures en langue italienne et deux manuels d’instruction des FTP.
Interrogé sans ménagement dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, il déclara qu’un ancien élève de l’école Professionnelle le recruta. Il distribua pendant plusieurs mois des tracts du parti communiste clandestin jusqu’en juin 1942, adhéra au parti clandestin. Quitta quelques mois Argenteuil, il revint, accepta d’entrer dans les FTP, avec des appointements de deux mille cinq cents francs par mois.
Le groupe d’Argenteuil devait porter le nom de Gabriel Péri, ex-député communiste d’Argenteuil, fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien. Très jeune, âgé de dix-sept ans, Robert Brignoli connaissait les pseudonymes de plusieurs FTP : « Menars », « Broussin », « Antin »… Il insista sur le fait qu’il n’avait commis aucun attentat. Il fut incarcéré à la prison de Fresnes.
Il était 8 juillet 1943 dans un wagon de cinquante-six hommes au départ de la gare de l’Est à destination de Natzwiler (Bas-Rhin) où les détenus étaient immatriculés. Classé « NN » (Nuit et Brouillard) ce qui signifiait destiné à disparaître, Robert Brignoli était dirigé sur le Kommando extérieur de travail de Erzingen (Allemagne). Transféré avec d’autres détenus en septembre 1944 par la route ou le train à Dachau, il ne fit qu’y transiter et était incorporé au Kommando d’Allach. Matricule 4327, Robert Brignoli était libéré le 30 avril 1945 par l’armée américaine.
Argenteuil étant situé hors du ressort de la préfecture de police de Paris, Robert Brignoli après la Libération ne fut pas convoqué à témoigner devant la commission d’épuration de la police. Il a été homologué combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Déporté interné résistant (DIR).
Il se maria avec Angèle Richard le 3 août 1946 en mairie d’Argenteuil. Divorcé le 7 juin 1951, il épousa Suzanne Mortier le 4 avril 1953 en mairie de Drocourt (Seine-et-Oise, Yvelines). Robert Brignoli mourut le 3 décembre 1953 à l’âge de vingt-huit ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166953, notice BRIGNOLI Robert, Lucien dit Chapier par Daniel Grason, version mise en ligne le 26 octobre 2014, dernière modification le 16 février 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 599, 77W 3116, PCF carton 13 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste, GB 114 BS2, KB 8, KB 18. – Bureau Résistance GR 16 P 91063. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, Paris 20e (arr.).

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