BUFQUIN des ESSARTS Marius, Georges, Gustave. Pseudonyme : Durandal.

Par Jean-Louis Delaet

Marcinelle (aujourd’hui Charleroi, pr. Hainaut, arr. Charleroi), 17 mars 1896 – Montigny-le-Tilleul (pr. Hainaut, arr. Charleroi), 6 septembre 1973. Journaliste, rédacteur en chef du Journal de Charleroi (socialiste), conseiller communal socialiste de Marcinelle, député de l’arrondissement de Charleroi, fils de Gustave, frère de Louis et Marcel Bufquin des Essarts.

Marius Bufquin des Essarts est le fils cadet de Gustave, neveu de Georges et de Jules et oncle de Jacques Bufquin des Essarts. Lors de ses études à l’athénée provincial de Morlanwelz (pr. Hainaut, arr. Thuin), il est attiré par une carrière artistique, tout au moins de critique. Cependant à dix-huit ans, il entre comme rédacteur au Journal de Charleroi où, à l’ombre de son père, il apprend le métier de journaliste.

Après l’occupation allemande de 1914-1918, pendant laquelle le journal ne paraît pas, Marius Bufquin des Essarts, rédacteur politique et social, écrit sous le pseudonyme de « Durandal ». En 1930, il prend en main la rédaction en chef et, en 1936, à la mort de son père, la direction. Il reste directeur-rédacteur en chef jusqu’en 1966, tandis que son frère Marcel s’occupe de la gestion de l’entreprise et de la rédaction sportive.

Élu en 1939 président de la section Hainaut-Namur de l’Association générale de la presse belge (AGPB), Marius Bufquin des Essarts préside pendant l’occupation allemande de 1940 à 1944, deux assemblées clandestines à Wépion (aujourd’hui commune de, pr. et arr. Namur) et à Namur avec, comme ordre du jour, « la liberté de la presse et le châtiment des traîtres et notamment des journalistes félons ». Dès 1940, il fonde le journal clandestin L’espoir, tout en collaborant à d’autres organes de la résistance comme Le monde du travail, La Libre Belgique. Il reçoit entre 700 et 1.000 journaux par mois qu’il se charge de diffuser. En décembre 1942, poursuivi, il prend le maquis avec toute sa famille. Il se cache d’abord à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), puis dans les Ardennes et dans d’autres villes, sous de nom de M. Bernard.

À la Libération, Marius Bufquin des Essarts crée l’association des journalistes résistants, La Plume brisée, rassemblant les journalistes professionnels qui ont refusé en mai 1940 de travailler sous le contrôle de l’occupant allemand. Après la guerre, il doit se défendre, mais avec succès, du reproche d’avoir abandonné les installations de son journal aux journalistes de la collaboration. Son mandat de président régional de l’AGPB est renouvelé et il est appelé par trois fois, en 1946-1948, 1954-1956 et 1962-1964, à la présidence nationale de l’association. Participant à de nombreux congrès internationaux, il dirige la délégation belge au congrès de la Fédération internationale des journalistes à Bordeaux. Voyageur et curieux de nature, il visite notamment le Zaïre (actuel Congo), le Maroc et la Turquie d’où il rapporte notes et reportages. Il est aussi vice-président de la Fédération des journaux belges, membre associé de l’Association belge et internationale des critiques d’art, membre de l’Institut international de la presse et de l’ASBL Les Amis du Hainaut.

Dans les années 1950 et surtout 1960, la situation du Journal de Charleroi n’est pas excellente : le matériel d’impression est vieux, la rédaction peu nombreuse, les moyens limités. Devenu le simple moniteur des organisations socialistes de la région de Charleroi, sévère et ennuyeux, passant sous silence erreurs et compromissions du Parti socialiste belge (PSB), le Journal de Charleroi tombe d’un tirage de 50.000 exemplaires en 1951 à moins de 35.000 en 1965. Autrefois premier sur la place de Charleroi, il est dépassé par La Nouvelle gazette et Indépendance. Racheté en juillet 1966 par la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB), la Centrale des métallurgistes et le Syndicat des employés, techniciens et cadres de Belgique (SETCa), qui en épongent les dettes, le journal fusionne en février 1967 avec l’Indépendance sous une nouvelle formule, Le journal et Indépendance. Marius Bufquin des Essarts, sans descendance directe ou indirecte, se voit conférer le titre de directeur honoraire et le versement d’une rente.

Conseiller communal de Marcinelle de 1939 à 1946, Marius Bufquin des Essarts est, en 1936 et en 1939, député suppléant de l’arrondissement de Charleroi, et remplace, effectivement quelques mois à la libération, Émile Brunet, décédé, jusqu’aux élections législatives de février 1946.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article166978, notice BUFQUIN des ESSARTS Marius, Georges, Gustave. Pseudonyme : Durandal. par Jean-Louis Delaet, version mise en ligne le 29 octobre 2014, dernière modification le 13 décembre 2019.

Par Jean-Louis Delaet

ŒUVRE : Georges Wasterlain, Préface de Jules Destrée, Bruxelles, 1933 – Histoire du POB, Préface de J. Delvigne, Huy, 1937 (avec S. Mazy) – Sous les pseudonymes « Durandal » et « Jean La Sambre », Jules Destrée et Paul Pastur, Préface de François André, Charleroi, 1938.

SOURCES : Le journal et Indépendance, 12 septembre 1973 – Pays de Charleroi, 23 avril 1938 – HARMEGNIES, L., « Entré dans sa centième année il y a 17 ans, le journal de Charleroi ... », La presse, 1954-2, p. 12-16 – La presse, 1954-3, p. 3-4 – Radioscopie de la presse belge, Verviers, 1975, p. 397-396.

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