GLASSON Roger

Par Michel Thébault

Né le 12 février 1902 à Moutier (Suisse), fusillé par les Allemands le 27 février 1944, après condamnation à mort, à la citadelle de Besançon (Doubs) ; radioélectricien ; résistant groupe Lorraine et BCRA, réseau Action D.

Arch. Dép. Territoire de Belfort, 27 février 1944

Il était le fils de Fernand, Antoine Glasson horloger et de Clara Girod, tous deux domiciliés en 1902 à Moutier, dans le canton de Berne. Son père, né le 6 août 1872 à Moutier était en 1892, lors de la conscription à Belfort (classe 1892 et service militaire de novembre 1893 à septembre 1894 au 35ème régiment d’infanterie de Belfort), domicilié à Reconvilier (Suisse) à quelques kilomètres de Moutier où il exerçait la profession d’horloger. Roger Glasson né en Suisse en 1902 mais de parents français, fut après le retour de ses parents sur le sol français naturalisé français. En effet, le registre matricule de son père indique comme nouvelle adresse en 1909 Delle (Territoire de Belfort) à la frontière suisse, d’abord rue de l’Église, puis en 1913, 27, rue Thiers. Son père fut mobilisé du 1er août 1914 au 28 décembre 1918 d’abord à Belfort puis dans des régiments d’artillerie de campagne. A son retour la famille résidait à Belfort 23, rue Roussel.

Roger Glasson apprit le métier d’horloger, comme son père, métier qu’il exerçait lors de son mariage le 27 avril 1935 avec Adèle, Julia, Henriette Dougin, couturière (née le 4 novembre 1908 à Fresse, Haute-Saône). Il était alors domicilié à Bavilliers à la périphérie de Belfort. Le couple eut cinq enfants, Ariane née en 1936, Jocelyne en 1937, Serge en 1938, Chantal en 1941 et Raoul en 1942. Il exerçait alors la profession de radioélectricien et était investi dans la vie associative de Belfort président du Moto Club de Belfort et organisateur de « La Montée du Salbert ». Père de trois enfants en 1939, Roger Glasson ne fut pas mobilisé.

Il s’engagea dans la Résistance en novembre 1942 au sein du groupe Lorraine (Mouvement de Libération nationale, MLN), comme en témoigne le bulletin du mouvement Lorraine du 1er mai 1944, où son nom apparaît dans un encart « à nos camarades tombés face à l’ennemi le 27 février 1944 à Besançon » avec douze autres de ses camarades.
Il devint l’un des responsables du groupe et parallèlement s’engagea dans le réseau Action D. du BCRA, où vraisemblablement, sa profession l’amena à intégrer le Bureau des opérations aériennes (BOA). Il participa à la reconnaissance de terrains de parachutages dans la région de Belfort, puis dans la nuit du 16 au 17 août 1943 à un parachutage près de Foussemagne (Territoire-de-Belfort), sur un terrain nommé « Rossini ». Il participa au transport des containers à Danjoutin (Territoire-de-Belfort), puis en partie à Belfort.
Une interpellation, effectuée par une patrouille en civil de la Feldgendarmerie de Belfort dans la nuit du 9 au 10 décembre 1943, entraîna plusieurs arrestations, dont au matin du 10 décembre celle de Roger Glasson par la Feldgendarmerie.

Il fut emprisonné sous les motifs de « détention d’un poste émetteur et d’armes » à la caserne Friedrich de Belfort puis à la prison de la Butte à Besançon, interrogé et torturé. Il fut jugé par le tribunal militaire allemand FK 560 de Besançon le 17 février 1944 et fut condamné à mort.
Il a été fusillé le 27 février 1944 à 7 h 35 du matin en même temps que Henri Cherrier, Yves Girardot, René Geyer et Marius Lesure, du même groupe de résistants de Belfort, par les autorités allemandes dans l’enceinte de la citadelle de Besançon. Il fut inhumé après la guerre au Cimetière communal de Brasse à Belfort.

Il obtint la mention mort pour la France, homologué forces françaises combattantes (FFC) avec le grade de Lieutenant B.O.A, et reçut le statut déporté et interné de la résistance (DIR).
Il a été décoré de la Légion d’honneur à titre posthume et de la Médaille de la Résistance.
Son nom figure sur le monument commémoratif « Aux martyrs de la Résistance » établi dans la citadelle de Besançon. Il est inscrit sur le monument aux morts, square du Souvenir à Belfort et dans la même ville sur le monument commémoratif des artilleurs.

Son arrière-petit-fils Robin Glasson, petit-fils de Serge Glasson (le troisième enfant de Roger Glasson), a remporté avec son lycée le 29 mai 2013 à Belfort le Premier prix du concours National de la Résistance et de la Déportation auquel il avait souhaité participer en mémoire et en hommage à son arrière-grand-père.

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Dernière lettre.

Bien chère Delly,
 
Dans quelques instants je serai fusillé !
Je te lègue toute ma confiance pour élever nos petits dignement, en frères de bons Français, durs et bons jours.
Une bonne pensée à toute la famille, aux parrains marraines des enfants, à tous mes amis et connaissances qui se feront un devoir, s’il le faut de t’aider à élever dignement nos beaux petits : Ariane, Jocelyne, Serge, Chantal, Raoul. Soyez gentils avec petite maman. Aimez-la, respectez-la toujours. Soyez toujours amis, pour faire une belle famille, malgré l’absence du papa.
Vous tous...enfants...maman...c’est atroce...ne plus vous revoir !! Une consolation : Dieu !
Au revoir dans les Cieux.
Baisers sans fin.
Roger Glasson

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167026, notice GLASSON Roger par Michel Thébault, version mise en ligne le 30 octobre 2014, dernière modification le 17 juillet 2020.

Par Michel Thébault

Arch. Dép. Territoire de Belfort, 27 février 1944

SOURCES : Arch. Dép. Territoire de Belfort (registre militaire) — SHD Caen dossier AVCC (Notes Thomas Pouty) — Renseignements familiaux communiqués par Christine Glasson — Musée de la Citadelle de Besançon. — Marie-Antoinette Vacelet, Le Territoire de Belfort dans la tourmente 1939-1944, Cêtre, 2004. — Site Internet : Pompiers de Belfort — Mémoire des Hommes — Mémorial GenWeb.

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