PLEINECASSAGNE Martial, Clément

Par André Balent

.Né le 13 mars 1900 à Auzits (Aveyron) ; tué le 23 mars 1944 à Rodez (Aveyron) par la Sipo-SD après avoir été torturé ; préparateur en pharmacie au Gua (commune d’Aubin, Aveyron) ; résistant (Libération-Sud, AS)

Martial Pleinecassagne (1901-1944)
Martial Pleinecassagne (1901-1944)
Source : MemorialGenWeb

.Martial Pleinecassagne était originaire d’Auzits commune limitrophe d’Aubin commune du bassin houiller de Decazeville.

Martial Pleinecassagne résidait au Gua, à Aubin. Il exerçait la profession de préparateur en pharmacie. Il travaillait à la Pharmacie mutualiste des mines et aciéries. Il était très populaire dans la population ouvrière de sa ville car il excellait dans ses prestations de fantaisiste comique troupier.

Résistant, membre du mouvement Libération-Sud, il en assurait la direction dans le secteur d’Aubin. Il participa aussi à la mise en place de l’AS (Armée secrète) et fut membres de groupes francs de cette organisation armée. Il était aussi lié au maquis « Bayard » (AS) implanté près d’Almont-les-Junies et de Pomiès (commune de Sénergues) à peu de distance du bassin de Decazeville. Aidé par un collègue de travail, Maurice Labit, il cacha des armes parachutées en janvier 1944.

Après que Georges Roche, commissaire de police à Decazeville, eut succombé (9 mars 1944) des suites d’un attentat perpétré par des résistants, Pierre Marty l’intendant de police de Montpellier (Hérault) — qui, le 12 mars, avait assisté avec ostentation aux obsèques de ce fonctionnaire vichyste zélé secondé par sa « brigade » — engagea, en liaison avec la Sipo-SD, des actions de représailles contre la résistance du bassin minier. Martial Pleinecassagne fut l’un des victimes de ces actions « antiterroristes ».

Pleinecassagne fut arrêté sur dénonciation d’une femme de Decazeville qui avait appris ses activités clandestines par l’intermédiaire du gérant le pharmacie mutualiste où Pleinecassagne travaillait (tous deux furent ultérieurement conduits au maquis où ils furent jugés et fusillés). Le 15 mars, à 23 heures 30, il fut arrêté à son domicile par Fienemann — un caporal interprète de la Sipo-SD de Rodez, nazi zélé connu pour sa brutalité. Voir Sainte-Radegonde, Champ de tir (17 août 1944) — et deux feldgendarmes. Ce même jour sept personnes (communistes, FTP, des Français et des Polonais) furent arrêtées dans les trois autres localités du bassin minier : Decazeville, Viviez, Cransac.

Martial Pleinecassagne fut sauvagement torturé à la caserne Burloup, à Rodez, par les Allemands de la Sipo-SD ruthénoise, antenne de celle de Montpellier (Hérault) connue pour ses procédés expéditifs et ses redoutables capacités d’infiltration des organisations de Résistance. Le 22 mars, il fut achevé d’une balle dans la nuque. Le permis d’inhumer fut signé par Paliège capitaine-médecin des Azéris de l’Ost Legion en garnison à Rodez. Ce dernier prétendit qu’il s’était suicidé en s’ouvrant les veines au bras gauche et à la cuisse.

Le frère de Martial Pleinecassagne, Paul, le fit exhumer le 2 septembre 1944 afin de transférer ses dépouilles dans la caveau familial. Plusieurs témoins qui accompagnaient la famille purent constater qu’il avait la bouche grande ouverte et que ses poignets et cuisses ne présentaient aucune entaille. L’oreille droite était partiellement coupée, les dents cassées, la cheville droite fracassée. Il y avait un trou derrière la nuque sur laquelle le ou les assassins avaient apposé ses chaussettes afin d’empêcher le sang de couler.

Martial Pleinecassagne fut déclaré mort pour la France. Son nom figure sur les monuments aux morts d’Aubin et d’Auzits et sur les monument mémorial de Sainte-Radegonde (Aveyron) érigé à la mémoire des trente victimes de la tuerie de Sainte-Radegonde et de toutes les victimes aveyronnaises (fusillés, exécutés, abattus, morts en déportation), des Allemands et des vichystes.

Fienemann fut jugé à Toulouse du 6 au 11 juin 1951 avec tous les autres Allemands coupables d’assassinats et d’exactions à Rodez et en Aveyron. Il fut condamné à vingt ans de travaux forcés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167047, notice PLEINECASSAGNE Martial, Clément par André Balent, version mise en ligne le 1er novembre 2014, dernière modification le 16 janvier 2019.

Par André Balent

Martial Pleinecassagne (1901-1944)
Martial Pleinecassagne (1901-1944)
Source : MemorialGenWeb

.SOURCES : Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty, Les fusillés (1940-1944), op. cit., p. 182. — Christian Font, Henri Moizet, Maquis et combats en Aveyron, Chronologie 1936-1945, Rodez & Toulouse, ONAC Aveyron, ANACR Aveyron, CRDP Midi-Pyrénées, 2e édition, 2001, 412 p. [pp. 209-210]. — Christian Font, Henri Moizet, Construire l’histoire de la Résistance. Aveyron 1944, Rodez & Toulouse, CDDP Rodez, CDHIP Rodez, CRDP Midi-Pyrénées, 1997, 343 p. [pp. 75-76]. — MemorialGenWeb consulté le 28 janvier 2017.

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