HAGUENAU Marc, écrit aussi HAGUENEAU [Pseudonyme : Colombe]

Par Annie Pennetier, Jean-Luc Marquer

Né le 23 novembre 1904 à Paris (Xème arr.), mort des suites de ses blessures après une tentative d’évasion le 20 février 1944 à La Tronche (Isère) ; résistant juif de Toulouse, réseau Sixième-EIF, Homologué interné résistant (D.I.R.)

Né dans une famille juive originaire de Metz, Marc Haguenau était le fils de David Haguenau, grand rabbin de la synagogue Nazareth à Paris (IIIe. arr.) et de Régine, Milka, Trénel, et dernier enfant d’une fratrie de six.
Ami d’enfance de Robert Gamzon alias Castor, fondateur des Éclaireurs israélites de France (EIF) en 1923, Marc Haguenau en devint un animateur national et participa à la création du Service social des jeunes en 1942.
En Haute-Garonne, il œuvra particulièrement dans le sauvetage des enfants juifs dans le cadre du Service social des jeunes. Les jeunes du centre des EIF de Moissac furent dispersés pour échapper aux arrestations et à la déportation. Marc Haguenau participa à la création et à la distribution de faux papiers. Il anima des cercles clandestins.
Le 6 janvier 1944 à Valence (Drôme), il épousa Renée, Esther, Delphine Hess, membre des Forces françaises combattantes au sein du réseau Plutus, spécialisé dans la production de faux-papiers.
En mission à Grenoble (Isère), il tomba dans une souricière tendue par la Gestapo le 18 février 1944. Torturé, et pour échapper à l’interrogatoire, il tenta de s’évader à l’aide de draps de lit par une fenêtre du cinquième étage des locaux de la Gestapo à l’hôtel Suisse et Bordeaux. Sa corde de fortune se rompant, il tomba sur la véranda de l’hôtel. Victime d’une fracture du crâne, il fut transporté à l’hôpital civil de La Tronche (Isère) où il mourut le 20 février 1944 à 10h30.
Marc Haguenau fut inhumé le 22 février 1944 au cimetière du Petit Sablon à La Tronche.
Son acte de décès fut établi sous le numéro 178 à la mairie de La Tronche et transcrit à la mairie de Grenoble le 2 janvier 1945 sous le numéro 6.
Il mentionne une adresse à Grenoble : 1 rue de Turenne.

Ses restes furent exhumés le 20 septembre 1946 et transférés à Paris.
Il obtint la mention "Mort pour la France" et fut homologué interné résistant.
Son nom figure sur la plaque commémorative se trouvant dans la cour du Lycée Jacques Decour, ancien Lycée Rollin à Paris (IXe arr.), sur celle de la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (IIIe. arr.) et sur celle apposée 27 rue de Ségur à Paris (XIIe. arr.) au siège des Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France (E.E.I.F., ex E.I.F.)
Marc Haguenau fut décoré de la Croix de guerre avec palmes à titre posthume et de la Médaille de la Résistance.
Il fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur.
Robert Gamzon prit la direction de la 2e Compagnie des maquis EIF de Vabre (Tarn) dénommée Compagnie Marc-Haguenau qui participa à la libération de Mazamet et de Castres.

En date du 22 décembre 1944, un acte de décès à son nom a été enregistré sous le numéro 43637 EC/C, victime civile de la guerre (Intendance générale du secrétariat national des Anciens Combattants et Victimes de guerre).

Numéro de son dossier déposé au Mémorial de la Résistance juive en France à Yad Vashem Jérusalem : 4.


Voir : Grenoble, d’octobre 1943 à août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167173, notice HAGUENAU Marc, écrit aussi HAGUENEAU [Pseudonyme : Colombe] par Annie Pennetier, Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 5 novembre 2014, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Annie Pennetier, Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression 3808 W 406 — SHD Vincennes, GR 16 P 283407 (à consulter) — Mémoire des hommes — Mémorial Genweb — Mémorial de la Shoah — Site ajpN.org, Frida Wattenberg. — État civil.

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