MARGA Louis, Jules

Par Frédéric Stévenot

Né le 28 décembre 1898 à Louvil (Nord), fusillé par condamnation le 7 juin 1944 à Seclin (Nord) ; chef de canton à la SNCF ; résistant au sein de la Voix du Nord (VDN) et du groupe d’Ascq.

Louis Marga et sa femme en 1937, à Hem.
Cliché fourni par son petit-fils Philippe Marga

Fils naturel d’Hortense Bataille, ménagère et célibataire âgée de vingt-neuf ans, Louis Bataille naquit au domicile de son grand-père maternel, Virgile Ghille, à La Frette, commune de Louvil. Il fut légitimé par le mariage de sa mère et de Camille Marga, le 9 juin 1900 à Louvil, comme sa sœur Clara. Il fréquenta l’école primaire puis s’engagea comme manœuvre dans différentes usines du Nord de la France, notamment à Fives près de Lille.

Incorporé avec la classe 1918, Louis Marga était alors ouvrier des chemins de fer ; il habitait au 14 rue de Templeuve, à Louvil. Il fut incorporé au 47e régiment d’infanterie le 16 juin 1919. Il rejoignit ensuite le 67e (au 10 octobre 1919) puis le 147e régiment d’infanterie le 15 mars 1920, avant d’être renvoyé dans ses foyers le 14 juin suivant, avec un certificat de bonne conduite.

Louis Marga changea de domicile à plusieurs reprises. Après Louvil, il habita le 28 juin 1932 à Lys-lès-Lannoy, rue Jules-Guesde, comme garde-barrière. Deux ans plus tard, le 15 avril 1936, il déclara demeurer à Hem, rue de la Gare. Sa veuve habitait à Ascq, au 11 rue Kléber, le 31 juillet 1954. Il s’était marié le 3 octobre 1925 dans sa ville natale avec Aglaure Coignet. Le couple avait eu trois enfants.

Embauché le 1er juillet 1926 (ou en mai mai 1927, selon les sources), Louis Marga entra à la Compagnie du Nord à Orchies comme cantonnier puis travailla à Cysoing , à Tourcoing puis à Ascq. Devenu sous-chef de canton en 1936, il accéda au grade de chef de canton de première classe en 1938.

Louis Marga organisa le passage de deux soldats français évadés, vers le zone libre. Fin 1942, il rejoignit le réseau de résistance du War office, sous les ordres du lieutenant Émile Dubocage, cheminot, avec qui il travaillait à Tourcoing avant-guerre, et du « capitaine Michel » (Michel Trotobas). Il se rapprocha ensuite du mouvement de résistance Voix du Nord. À la fin de l’année suivante, il appartint au « groupe d’Ascq », qui réunit Paul Delécluse, Henri Gallois, Édouard Lelong, Eugène Mangé et Louis Marga, tous cheminots. Le groupe procéda à des actions de sabotage avec des armes parachutées en provenance du réseau Buckmaster Sylvestre-Farmer. Membre du groupe d’Ascq, conduit par Paul Delécluse, Louis Marga participa ainsi à plusieurs sabotages et incendies, dont celui du 13 janvier 1944 contre un wagon de lin à la gare d’Ascq. Le 25 mars 1944, il plaça des explosifs sur la voie ferrée. Le 1er avril 1944, il participa au déraillement d’un train militaire allemand à Ascq, qui entraîna une répression sévère avec l’exécution de quatre-vingt six civils d’Ascq dont 22 cheminots.

Louis Marga fut arrêté, à son domicile, au 58 rue Marceau, dans la nuit du 2 au 3 mai 1944 par la Gestapo de Lille, pour détention d’armes et de munitions et actes de sabotage. La perquisition se révéla négative, mais il fut néanmoins interné à la prison de Loos-lès-Lille (Nord). Traduit devant le tribunal militaire allemand FK 678 de Lille pour intelligence avec l’ennemi, il fut condamné à mort le 30 mai 1944.
Un peloton d’exécution allemand le fusilla au fort de Seclin, le 7 juin 1944, au lendemain du débarquement. Son corps enterré dans une tombe individuelle fut relevé en septembre 1944.

Son nom figure sur la plaque commémorative de la gare d’Ascq, ainsi que sur un monument commémoratif de la commune, mais aussi sur les monuments aux morts de Mons-en-Baroeul et de Louvil. Il est enfin inscrit sur la stèle des fusillés du fort de Seclin.
Cité à l’ordre de la division à titre posthume, Louis Marga a été fait chevalier de la Légion d’honneur le 24 février 1950 (dossier non encore trouvé). Louis Marga fut reconnu « mort pour la France », et homologué membre des FFI, FFC, DIR et RIF (GR 16 P 393415)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167207, notice MARGA Louis, Jules par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 9 juillet 2015, dernière modification le 25 octobre 2018.

Par Frédéric Stévenot

Louis Marga et sa femme en 1937, à Hem.
Cliché fourni par son petit-fils Philippe Marga
Agrandissement de la photographie
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SOURCES : SHD Vincennes, dossiers adm. résistants (GR 16 P 393415). AVCC, Caen, B VII 5 (Notes Thomas Pouty). État civil (1 Mi EC 364 R 001, vue 447). Arch. dép. Nord, reg. matr., 1 R 3420. — Site Internet : Mémorial GenWeb. — État civil de Louvil, acte n° 38, 1 Mi EC 364 R 1. — Renseignements communiqués par Philippe Marga, petit-fils de Louis Marga, 8 octobre 2017.
BIBLIOGRAPHIE. Jacqueline Duhem, Ascq 1944. Un massacre dans le Nord. Une affaire franco-allemande, Les Lumières de Lille éd., 2014, 266 p. Biographie par Laurent Thiery, dans Thomas Fontaine, Cheminots victimes de la répression 1940-1945. Mémorial, Perrin/SNCF, 2017.

ICONOGRAPHIE. Mémorial GenWeb

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