CORDIER Georges.

Par Ivan Lewuillon - Jean-Paul Mahoux

Boussu (pr. Hainaut, arr. Mons), 16 février 1901 – Mons, 8 décembre 1941. Ouvrier mineur, militant puis dirigeant fédéral du Parti communiste de Belgique, conseiller provincial du Hainaut, conseiller communal à Boussu, député de l’arrondissement de Mons, résistant.

Georges Cordier est le fils de Fernand Cordier, ouvrier communal à Boussu, né dans cette commune le 10 octobre 1874, et de Julia Debray,ménagère, née à Archennes (aujourd’hui commune de Grez-Doiceau, pr. Brabant wallon, arr. Nivelles) le 4 avril 1874. Outre Georges, le couple qui s’est marié à Boussu le 21 mars 1898, a sept autres enfants : cinq garçons et deux filles.

Après des études primaires à l’école catholique de son village, Georges Cordier descend dans la mine dès l’âge de quatorze ans. Après son service militaire dans l’infanterie à Tervueren (aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Louvain-Leuven), il retrouve en 1922 son travail au Charbonnage de l’Ouest de Mons.

En 1923, à la suite d’un meeting au cours duquel G. Vandenboom* et E. Linkenheld de Thulin (commune dont il n’est pas originaire mais il y a été parachuté par le Parti communiste de Belgique (PCB)) s’opposent aux orateurs socialistes, Georges Cordier adhère au PCB. Il participe aux grèves de 1923-1924 et dirige la section locale du PCB de Boussu. Dès 1925, il prend la parole publiquement pour dénoncer les conditions de travail des mineurs et l’insécurité de leurs milieux de travail.

En 1928, à la suite de l’exclusion des trotkystes du parti, Georges Cordier devient secrétaire fédéral du PC borain ce qui provoque non seulement son licenciement du charbonnage mais aussi celui de son père qui travaille à la commune à majorité socialiste de Boussu. Plusieurs de ses frères sont également membres du PCB. Embauché au charbonnage de Hornu-Wasmes, il reste ouvrier mineur jusqu’en 1932.

Les tensions sociales qui précèdent la longue grève des mineurs du Borinage (pr. Hainaut) en 1932 amènent Georges Cordier, à trois reprises, devant le tribunal. Il est condamné à une amende et fait onze semaines de prison après son arrestation le 12 juillet 1932. Ayant perdu son dernier emploi, il devient permanent du parti en 1932 et siège à son Comité central. Cordier est à l’origine de la création du journal, La Voix boraine.

L’année 1936 marque l’essor électoral du PCB dans le Borinage. Georges Cordier est le premier suppléant du député, Juvénal Henri Gandibleux et est élu conseiller provincial représentant le canton de Boussu. Il est également questeur du bureau du conseil provincial du 11 juin 1936 au 2 avril 1939. La grève de l’été 1936 lui vaut cependant une nouvelle arrestation de quelques jours. Il est élu conseiller communal à Boussu lors du scrutin de 1938. Le 13 avril 1939, il est un des neuf députés communistes à être élus à la Chambre.

Leader du PC borain et parlementaire très actif, Georges Cordier qui est aussi marié et père de deux filles, est arrêté le 10 mai 1940, premier jour de l’invasion de la Belgique par les Allemands. Les députés communistes sont considérés par les autorités belges comme étant aussi suspects que les députés rexistes. Ils sont détenus à la prison de Saint-Gilles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale).
De retour dans un Borinage occupé, Georges Cordier organise le ravitaillement dans sa commune de Boussu. Membre des Partisans armés, organisation de résistance communiste affiliée au Front de l’indépendance, il fonde et dirige la section boraine de ce mouvement. Il continue à écrire dans La Voix boraine, publiée clandestinement. Cordier est activement recherché par les Allemands qui, le 2 novembre 1940, se présentent chez lui pour l’arrêter mais il prend le maquis.
Après le vol de 450 cartouches de dynamite dans un charbonnage de Boussu, Georges Cordier est arrêté le 28 novembre 1941 à Baudour (pr. Hainaut, arr. Mons) au cours d’une rafle de la feldgendarmerie, en même temps qu’une quinzaine d’autres personnes suspectées de quinze actes de sabotage. Les Allemands découvrent une partie de la dynamite dérobée à Boussu. Cordier est incarcéré à la prison de Mons, où il meurt sous la torture le 8 décembre 1941. Sous l’injonction de la direction du PCB, tous les journaux communistes clandestins lui consacrent leur première page ou, à défaut, un tract.

La commune de Boussu lui rendra hommage après la guerre, en donnant le nom de Georges Cordier à la rue où il avait son domicile. Il reçoit, à titre posthume, la Croix de l’ordre de Léopold avec palme, la Croix de guerre 1940 avec palme et la Médaille de la résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167248, notice CORDIER Georges. par Ivan Lewuillon - Jean-Paul Mahoux, version mise en ligne le 6 novembre 2014, dernière modification le 9 mai 2022.

Par Ivan Lewuillon - Jean-Paul Mahoux

SOURCES : Archives de la famille Cordier – Papiers personnels de Francis Drugman – La Voix du peuple, 1939 – Le Drapeau rouge, 1932-1936 ; janvier 1942, p. 1-2 (icono) ; 2 décembre 1965 (icono) – La Voix boraine, septembre 1942, p. 2 – VAN MOLLE P., Le Parlement belge 1894-1972, Ledeberg-Gent, 1972, p. 50 – GOTOVITCH J., Du rouge au tricolore. Les communistes belges de 1939 à 1944. Un aspect de la résistance en Belgique, Bruxelles, 1992, p. 82, 165, 170-171.

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