BIRGY Ernest, Émile

Par Rémi Skoutelsky, Paul Boulland

Né le 20 septembre 1909 à Ribeauvillé (Haut-Rhin), mort le 5 janvier 1985 à Ribeauvillé (Haut-Rhin) ; volontaire en Espagne républicaine ; secrétaire de la fédération communiste de Meurthe-et-Moselle.

Ernest Birgy était fils d’Ernest Birgy, ouvrier imprimeur, et de Marie Birgy, née Mathis, ouvrière textile, lecteur du Républican du Haut-Rhin mais peu politisés. "Ils ont une petite maison et en dehors des heures de travail, mon beau-père travaille une vigne avec ma belle-mère" écrit Marie-Louise Birgy. Ernest Birgy était comptable de formation. Il adhéra au Parti communiste en février 1934. Marié à Saint-Dié en avril 1931 avec Marie-Louise Birgy, sténo-dactylo, il milita à Belfort, où il fut membre du bureau de cellule puis du comité de section en 1934, avant d’occuper les mêmes responsabilités l’année suivante à Saint-Dié. En 1936, il dirigea à Saint-Dié une grève des ouvriers textiles et fut renvoyé avec sa femme car ils avaient été les deux seuls employés à se solidariser avec les ouvriers. Quelques mois plus tard, il militait à Longwy (Meurthe-et-Moselle), où il devint directeur de la Caisse d’assurances sociales du Travail. Secrétaire de la section communiste de Longwy (membre du bureau régional) et membre de l’inter-syndicale CGT, il se porta volontaire en Espagne républicaine, le 18 février 1937. Il fut affecté comme comptable (sa profession), avec le grade de lieutenant, à l’Intendance de la base des Brigades internationales, à Albacete. Il fut ensuite versé au Service d’investigation militaire (SIM). Il rentra en France le 12 novembre 1938, avec le gros du contingent français.

À son retour, il reprit sa place au comité régional du PCF et devint président local de l’AVER. Il représenta la section communiste de Nancy à la conférence du PCF à Gennevilliers.

Il fut mobilisé en 1939, dans le 2e régiment des Dragons portés. Considéré comme « suspect » du fait de son engagement en Espagne, il fut affecté en janvier 1940, à un cantonnement de la région d’Angers. Fait prisonnier en juin 1940 près d’Alençon (Orne), il refusa de signaler son origine alsacienne aux autorités allemandes, « considérant que l’Alsace devait se confondre dans l’unité de la nation française ». Il parvint à s’évader au cours de son transfert vers l’Allemagne, en octobre 1940.

Recherché, il s’installa à Nancy (Meurthe-et-Moselle), où il aida à la constitution de plusieurs groupes clandestins, aux côtés de Jean Eggen* avant de se voir confier la responsabilité du secteur de Piennes (Meurthe-et-Moselle). Au cours de l’été 1941, il emprunta une fausse identité pour intégrer un emploi de traducteur dans une mine. Il organisa avec son épouse un réseau chargé de distribuer des tracts destinés aux soldats de la Wermacht. À nouveau inquiété en avril 1942, il parvint à rejoindre Nancy. Sa femme n’eut pas cette chance, fut arrêtée et décapitée en 1944, à Cologne. Entré en contact avec René Camphin, il gagna Lille et devint cadre régional puis inter-régional, responsable du « travail anti-nazi ». Au cours de l’année 1943, il passa au contrôle des cadres, sous la responsabilité directe de Duguet. Après l’arrestation de ce dernier, en août 1943, il travailla à l’appareil central des cadres, dirigé par Jean Chaumeil. C’est dans ce travail qu’il fit la connaissance de sa seconde femme Monique, agent de liaison placée sous ses ordres. Désigné en août 1945, pour reprendre la liaison avec l’Alsace, il ne parvint pas à regagner la région avant septembre.

De retour à Nancy le 15 octobre 1944, Ernest Birgy devint secrétaire régional puis fédéral du PCF et fut candidat aux élections législatives de 1945. En février 1946, il fut remplacé par Louis Dupont* à la tête de la fédération de Meurthe-et-Moselle. Le secrétariat nationale avait envisagé en mars 1946 de « l’utiliser » en Alsace. Il se remaria à Nancy en octobre 1946 avec Augustine Allain, dite Monique.

Installé en région parisienne, il collabora aux côtés de Marcel Paul* au développement des œuvres sociales d’EDF-GDF. En 1947, il était membre du bureau de sa cellule à Noisy-le-Sec (Seine), où il dirigea également des grèves en 1948. En 1953, il était employé de la CCAS d’EDF-GDF, où il avait été membre d’un bureau de cellule dans le 9e arrondissement de Paris, entre 1949 et 1950.

Domicilié à Ribeauvillé, il y mourut en février 1985. Sa femme demanda à continuer à recevoir la carte de l’AVER « par fidélité à l’Espagne républicaine ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16765, notice BIRGY Ernest, Émile par Rémi Skoutelsky, Paul Boulland, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 8 avril 2021.

Par Rémi Skoutelsky, Paul Boulland

SOURCES : Arch. RGASPI, Moscou, 545/6, RGASPI 545.644 mais pas de dossier biographique à son nom dans le fond 495 270 ; l’autobiographie de sa femme, 495 270 2174, rédigée en décembre 1937 alors qu’il est en Espagne, contient des informations intéressantes sur lui. — Arch. AVER. — La Voix de l’Est, 4 février 1939 et 14 juillet 1945. — État civil de Ribeauvillé. — Notes de Claude Pennetier. — Jean-Claude Magrinelli, Militants ouvriers de Meurthe-et-Moselle sous l’Occupation. Dictionnaire biographique, Nancy, 2020.

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