BURY Henry. Pseudonyme : Marlagne.

Par Jean Neuville

Liège (pr. et arr. Liège), 1856 − Vottem (aujourd’hui commune de Herstal, pr. et arr. Liège), 1931. Employé dans la presse liégeoise, journaliste, fonctionnaire provincial, militant socialiste, correspondant du Peuple, dirigeant de la Fédération socialiste liégeoise, conseiller provincial et député permanent de Liège.

Né au Pied du Thier à Liège dans une famille nombreuse dont le père est armurier et négociant, Henry Bury, suit, après l’école primaire, les cours d’humanité à l’Athénée. Il entre ensuite comme correcteur à l’imprimerie Vaillant-Carmanne où il reste jusqu’en 1892. Lorsqu’il quitte l’imprimerie Vaillant-Carmanne, il entre comme administrateur au journal, L’Express.
Pendant ce temps, il continue sa formation en autodidacte en étudiant la littérature, l’histoire, les sciences, la philosophie, l’économie politique, le latin, l’anglais.

En 1879, Henry Bury est cofondateur, avec notamment Oscar Beck, du Cercle intime, cercle d’études sociales, berceau du socialisme à Liège. En 1884, il écrit dans Le Wallon où il publie une série d’articles sur les diverses écoles socialistes. De 1886 à 1894, il est le correspondant politique liégeois du Peuple sous le pseudonyme de « Marlagne ». À noter également une brochure intitulée L’impôt sur le revenu à Liège.

En 1894, Henry Bury abandonne son poste de journaliste et devient secrétaire de la Fédération socialiste liégeoise. Il est élu conseiller provincial de Liège et, grâce à l’alliance radicale socialiste, est nommé député permanent. En 1897, il propose au conseil provincial la création d’un subside pour les caisses de chômage. Louis Bertrand dit que Henry Bury est à Liège, le tacticien du parti, tandis que Célestin Demblon* en est le porte-voix. Bury est membre du Comité de presse, mis en place au sein du Comité fédéral du parti ouvrier et responsable du Travail, organe de la section de Liège du parti.

Membre du Comité exécutif de la coopérative, La Populaire, de 1893 à 1896, Henry Bury est à la base de la création de ses succursales, de l’achat du local de la place Verte où la société s’installe le 1er mai 1894. Il est délégué de La Populaire à différents congrès du Parti ouvrier belge (POB), notamment en 1895 (où il siège au bureau du congrès) et en 1898. Après la grève des carriers de 1894, il réorganise l’administration de la coopérative, créée par les ouvriers carriers de Sprimont le 6 janvier 1892.

Selon Louis Bertrand, Henry Bury aurait voulu entrer à la Chambre, sans avoir le soutien des groupes du POB liégeois. Comme, par ailleurs, craignant ne pas être réélu en 1900, notamment à cause de la renonciation à l’alliance avec les libéraux progressistes, Bury accepte une place de chef de division au gouvernement provincial, que lui propose le gouverneur Pety de Thozée. Victor Serwy explique son départ de la façon suivante : « à cette époque, l’union était loin d’être parfaite dans le milieu socialiste liégeois où souvent la jalousie et la haine personnelles séparaient les militants ». Pour Louis Bertrand, « les qualités les plus frappantes de Henry Bury sont la netteté de vues, la profondeur et la promptitude de conception, une clairvoyance et un esprit d’initiative extraordinaire, le tout servi par une grande science doctrinale, par un tempérament d’une singulière ardeur maîtresse d’elle-même, un esprit caustique, et un don d’improvisation oratoire d’une force, d’une justesse et d’une concision qui émerveillèrent tous ceux qui l’entendirent ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167722, notice BURY Henry. Pseudonyme : Marlagne. par Jean Neuville, version mise en ligne le 18 novembre 2014, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Jean Neuville

SOURCES : BERTRAND L., Histoire de la coopération en Belgique. Les hommes - Les idées - Les faits, t. 2, Bruxelles, 1903, p. 419-424 (icono) − SERWY V., La coopération en Belgique, t. II : La formation de la coopération 1880-1914, Bruxelles, 1942.

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