BISCARLET Alfred [BISCARLET Gaston, Léopold, Alfred]

Par Jacques Girault, Jean Sagnes

Né le 16 octobre 1908 à Lunas (Hérault), mort le 10 octobre 1995 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; instituteur ; militant syndicaliste ; dirigeant communiste de l’Hérault puis de la Haute-Loire ; député de la Haute-Loire (1946-1951).

Alfred Biscarlet dans les années 1940
Alfred Biscarlet dans les années 1940
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Fils de fermiers, Alfred Biscarlet, élève de l’école primaire supérieure de Saint-Pons (Hérault), entra à l’École normale d’instituteurs de Montpellier en 1924 et, titulaire du Brevet supérieur, fut instituteur dans diverses communes de l’Hérault notamment à Clermont-l’Hérault, La Vacquerie, Félines-Minervois (1935-1936), Montouliers (1936-1937) et Vias (1937-1942). Il avait été secrétaire de mairie dans un de ses premiers postes. Il effectua son service dans un régiment d’infanterie (1929-1931) comme soldat de deuxième classe.

Biscarlet adhéra au syndicat unitaire de l’enseignement en 1931-1932 et au Parti communiste en 1931 à Lodève, et devint rapidement secrétaire de la section locale. Il faisait partie du petit groupe d’instituteurs communistes du département exerçant des responsabilités régionales, comme Raoul Calas, Étienne Fajon, Étienne Fabre. De 1936 à 1939, il fut membre du bureau régional de la région Aude-Hérault du Parti communiste et responsable départemental du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Dans son rapport sur la conférence régionale, le 29 novembre 1936, Fajon indiquait que Biscarlet était un « homme de premier plan ». En 1937, il était responsable de l’éducation et des cadres de cette organisation ainsi que de la rédaction du Travailleur du Languedoc, organe régional communiste. Membre du comité régional et du bureau en 1937 – dans sa biographie remplie pour le Parti communiste français en 1944, il indiquait avoir été membre du bureau fédéral dès 1934 – il fut nommé, en 1938, au secrétariat régional et fut délégué au congrès d’Arles. Aux élections législatives de 1936, il fut candidat dans la circonscription de Lodève, en raison des attaches familiales qu’il y avait et de l’activité militante déployée de 1931 à 1935. Dans une circonscription très défavorable aux communistes, il obtint 1 410 voix sur 10 822 votants (alors que quatre ans plus tôt le total des voix communistes ne s’élevait qu’à 169) devançant le candidat socialiste SFIO mais se plaçant après les candidats du Parti radical et de l’Union socialiste républicaine.

Il avait également d’autres responsabilités politiques et syndicales. Fréquentant les auberges de jeunesses, depuis le 31 octobre 1937, il était président des Jeunesses communistes de la région Aude-Hérault. Pourtant dans le questionnaire rempli à la fin des années 1930, il indiquait n’avoir « pas appartenu aux jeunesses communistes ni autres organisations politiques de jeunes » (question 26). D’octobre 1936 à mai 1939, il dirigea Le Croquant, mensuel des jeunes de l’enseignement en France. Depuis 1936, il était secrétaire de la commission des Jeunes de la section héraultaise du Syndicat national des instituteurs et un des cinq responsables nationaux de la commission nationale des jeunes mise en place par le SNI. Membre du conseil syndical de la section départementale depuis 1936, secrétaire de la commission des jeunes, il appartenait à la minorité animée par des communistes. Il présenta en leur nom lors de l’assemblée générale de juin 1938 un rapport sur la lutte pour la paix, s’opposant au contenu du rapport moral qui fut repoussé. Gréviste le 30 novembre 1938, il fut suspendu avec dix-huit de ses camarades puis réintégré.

Sa femme Simone Biscarlet, institutrice, militait également au Parti communiste où elle était, en 1937, responsable des femmes. Elle militait aussi dans le Comité des femmes contre la guerre et le fascisme. Avant 1939, leur vie fut endeuillée par le décès d’un de leurs enfants en bas âge.

À la déclaration de guerre, Biscarlet, mobilisé, séjourna dans l’Est, puis avec son unité fut fait prisonnier dans l’Orne. Il s’évada au bout de dix jours et reprit son poste à Vias. Dans sa biographie, il indiquait que, suspendu en 1940, jusqu’au milieu de 1941, il avait milité comme représentant permanent du Parti communiste dans l’Hérault, l’Aude, le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne. Le Parti ne pouvant continuer à assurer son paiement, il avait été réadmis comme instituteur. Il fut alors déplacé dans la région de Brioude (Haute-Loire). Après une perquisition à son domicile, il fut suspendu pendant huit mois et travailla comme cantonnier. Lors de sa réintégration, il demanda un poste à Sainte Florine, l’administration le nomma dans un autre poste du bassin houiller, Auzon où il reprit contact avec les communistes et les milieux résistants.

À la Libération, habitant Langeac (Haute-Loire), il devint secrétaire fédéral du PCF de Haute-Loire (1945-1948). Élève de l’école de politique étrangère du PCF en décembre 1946, il participa à la première commission du Comité central s’occupant de la politique extérieure. Il suivit les cours de l’école centrale du parti en 1946, où le jugement constatait qu’il était « passionné de politique extérieure un peu au détriment du reste ».

Biscarlet fut élu député de la Haute-Loire en octobre 1945, et fut réélu jusqu’en 1951, où, bien que tête de liste, il fut battu. La même situation se renouvela aux élections législatives de 1956. Il fut à nouveau le candidat communiste dans la première circonscription en 1958 et dans la deuxième circonscription en 1967. Il fut candidat au conseil général dans les cantons d’Auzon (1949, 1961), de Langeac (1951), de La Chaise-Dieu (avril 1958).

Directeur adjoint du stage central pour les instituteurs communistes (5-22 septembre 1956), il était depuis 1956, le correspondant départemental de la revue communiste L’École et la Nation.

En 1951, Biscarlet redevint deuxième secrétaire, puis troisième à partir de 1956, à nouveau deuxième à partir de 1965, de la fédération communiste de Haute-Loire, le plus souvent responsable de la propagande et de l’éducation. Il conserva cette responsabilité jusqu’en 1968. Il était aussi secrétaire de la section de Sainte-Florine au début des années 1960. Joseph Sanguedolce qui suivait la conférence fédérale en 1959 soulignait son mauvais état de santé et ses difficultés familiales.

Il reprit son métier d’instituteur et milita dans la section départementale du Syndicat national des instituteurs. Délégué de la Haute-Loire, il intervint lors du congrès national, le 7 juillet 1954. Il évoqua la situation du syndicat vis-à-vis de la Communauté européenne de défense et de la question allemande.

En 1962, retraité et divorcé, Biscarlet se retirait dans le Vaucluse. Il dut revenir en Haute-Loire. En 1962, candidat aux élections législatives dans la deuxième circonscription (Le Puy Nord-Ouest-Brioude), il obtenait 6 061 voix sur 70 155 inscrits. Il se désistait pour le candidat radical-socialiste qui fut battu. A nouveau candidat en 1967, il réunissait 5 504 voix sur 67 660 inscrits et son désistement permettait l’élection du candidat FGDS qui battait le député UNR sortant.

En 1968, remarié, Alfred Biscarlet s’installait dans le Gard.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16773, notice BISCARLET Alfred [BISCARLET Gaston, Léopold, Alfred] par Jacques Girault, Jean Sagnes, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 14 novembre 2016.

Par Jacques Girault, Jean Sagnes

Alfred Biscarlet dans les années 1940
Alfred Biscarlet dans les années 1940
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 15 M 78. — Arch. comité national du PCF. — RGASPI, 495 270 4206, 517 1 1815, 1890, 1908. — Presse locale et nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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