MARTINEZ François [Bouches-du-Rhône]

Par Louis Botella, Jean-Marie Guillon

Né le 27 février 1913 à Tunis (Tunisie) ; ouvrier maçon ; syndicaliste CGT du Bâtiment et des Bouches-du-Rhône.

Fils de Carmelo Martinez et de Crucifissa Parisi, marié avec Marie-Rose Galluzzi, naturalisé, François Martinez résidait au Pas-des-Lanciers (hameau de Saint-Victoret, Bouches-du-Rhône) et travaillait comme maçon. Ouvrier journalier, il fut employé par plusieurs entreprises du secteur. En 1940, il avait été embauché par la Société Dumez comme chef équipe pour la construction de bâtiments sur le terrain d’aviation de Marignane (Bouches-du-Rhône). Communiste ou sympathisant, il était devenu le secrétaire du syndicat du bâtiment de région de Marignane en 1936. Lors de l’assemblée générale du 18 décembre 1938, il fut élu ou réélu secrétaire adjoint de ce syndicat. Mobilisé en 1939, il fit la guerre au 87e Chasseurs alpins. Le commissaire spécial de Martigues, considérant qu’il n’avait rien renié de ses convictions, le proposa à l’internement administratif le 20 décembre 1940 ainsi qu’Ange Smecca. Cette proposition intervenait en « représailles » (sic) à l’apposition d’affiches communistes « Thorez au pouvoir » à Marignane peu avant dont les auteurs n’avaient pas été pas découverts. Ils le furent en janvier 1941. Il s’agissait du groupe de la Jeunesse communiste dont le responsable était Nicolas Terrana. Mais François Martinez avait été arrêté le 11 janvier et envoyé au camp de Saint-Paul d’Eyjaux (Haute-Vienne). Son fils étant né le 7 juin 1941, il obtint finalement une permission de trois jours, après plusieurs demandes, fin août. En dépit d’une demande de libération qui eut l’aval des autorités, le 14 janvier 1942, il ne fut pas libéré. Interrogé au camp le 15 septembre suivant, il déclara désapprouver le pacte germano-soviétique, regretter sa sympathie pour le Parti communiste. Il mettait son arrestation curieusement sur le compte d’une dénonciation anonyme du 7 mars 1941. N’ayant rien à lui reprocher, le chef de camp donna un avis favorable à sa libération. Il était de retour chez lui le 22 décembre 1942. Le 12 avril 1943, les Renseignements généraux, qui le surveillaient, ne relevaient rien de suspect dans son comportement, ajoutant qu’il était « illettré » et qu’il ne pouvait être considéré comme un « meneur ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167749, notice MARTINEZ François [Bouches-du-Rhône] par Louis Botella, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 19 novembre 2014, dernière modification le 27 février 2021.

Par Louis Botella, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône 5 W 174 (dossier Charpentier) et 199 (dossier internement). — Le Midi syndicaliste, organe des groupements ouvriers confédérés de la région de Marseille puis de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, 20 janvier 1937 (BNF, Gallica). — Le Peuple, organe quotidien du syndicalisme, 30 décembre 1938 (BNF-Gallica).

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