ANDREI Simon, Jacques, Charles [Simon/em Charles]

Par Hélène Chaubin, Frédéric Stévenot

Né le 30 avril 1901 à Bastia (Corse) ; fusillé le 6 juillet 1943 à Bastia suite à une condamnation à mort par le tribunal militaire italien de la VIIe armée ; instituteur ; résistant SOE, réseau Frederick.

Charles Andrei
Charles Andrei

Fils de Paul Mathieu Andrei, alors adjudant en retraite âgé de quarante-deux ans, et de son épouse Marie Anne Benedetti, âgé de vingt-six ans, Charles Andrei naquit au domicile de ses parents, place du Palais à Bastia (aucune mention marginale sur l’acte de naissance).

Il habitait à Alger où il exerçait comme instituteur. Il participa comme Guy Verstraëte à la mission Frederick. Ils furent envoyés en Corse en février 1943 dans le cadre de cette mission organisée conjointement par le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), et le Service d’espionnage britannique ISLD M.I.6. L’objectif était de créer un centre de renseignements et préparer la libération de la Corse. Un sous-marin britannique, le HMS Saracen, débarqua le 10 février 1943 des agents dans la baie de Cupabia.
Intercepté avec le radio Vernuge, pseudonyme de Guy Verstraëte, par des carabiniers italiens, il fut interné à la prison Saint-Joseph de Bastia et torturé par les Italiens. Le Tribunal militaire du VIIe corps d’armée italien siégeant à Bastia le condamna à mort pour espionnage militaire. Charles Andrei fut fusillé le lendemain avec son compagnon Vernuge, et inhumé dans le cimetière de Bastia.
Son cousin Paul Colonna d’Istria était le fondateur (Paul Cesari) du réseau Frederick.

Reconnu « Mort pour la France » (AC 21 P 7817) à titre militaire (« fusillé par les Italiens »), Charles Andrei fut homologué en tant membre des FFI (GR 16 P 12892). reçu à titre posthume la médaille de la Résistance (décret du 29 novembre 1946 publié au JO
du 8 décembre 1946 ; ou décret du 31 mars 1947 publié au JO du 29 janvier 1948. Car deux dossiers semblent avoir été ouverts), la Médaille militaire et la Croix de guerre avec palme.
A Bastia, une plaque apposée rue de la Libération rappelle les fusillades : « 1943 - En ces lieux historiques ont été fusillés des patriotes résistants.Ils ont donné leurs vies pour la libération de la patrie. En rappelant leur souvenir, nous rendons hommage à toutes les victimes du fascisme ».

Le nom de Charles Andrei se retrouve à Bastia : inscrit sur le monument du cimetière, il fut donné à une école, rue Pierre-et-Marie-Curie. On le lit aussi à Ajaccio (Corse-du-Sud) sur des plaques commémoratives de l’École normale d’instituteurs et de la citadelle. Il figure également sur le monument commémoratif de Cupabia, à Serra-di-Ferro (Corse-du-Sud), sur le Livre d’or de Sartène et sur la stèle (monument dit de Bouzaréa) à la mémoire des enseignants d’Algérie inaugurée sur le Mont-Saint-Clair à Sète (Hérault) le 24 mars 1990.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167942, notice ANDREI Simon, Jacques, Charles [Simon/em Charles] par Hélène Chaubin, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 25 novembre 2014, dernière modification le 27 juin 2021.

Par Hélène Chaubin, Frédéric Stévenot

Charles Andrei
Charles Andrei

SOURCES : SHD Caen et Vincennes (n.c.). Stato Maggiore Esercito, Ufficio Storico, Roma. tribunale militare di GuerradellVII corpo d’Armata. Sentenze. (26 mars 1943-28 août 1943). – Sias Virginio, Il controspionaggio italiano in Sardegna e Corsica. – 1943, editrice S’Alvure di S. Pulisci, Oristano, 1991. – Griffi Toussaint, Preziosi Laurent, Première mission en Corse occupée, Paris, L’Harmattan, 1988. — Sites Internet : Mémoire des hommes ; Mémorial Genweb ; Les Corses morts pendant la deuxième guerre mondiale. — État civil de Bastia (arch. de Corse, 12 NUM 559), acte n° 201). — Notes Annie Pennetier.

ICONOGRAPHIE : Mémorial GenWeb

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