BOZZI Antoine, Michel [Pseudonyme : Bianchi]

Par Hélène Chaubin, Frédéric Stévenot

Né le 17 mars 1910 à Coti-Chiavari (Coti Chjavari, Corse ; auj. Corse du Sud), fusillé le 30 août 1943 à Bastia (Corse, Haute-Corse) suite à une condamnation à mort par le tribunal militaire italien de la VIIe Armée ; résistant, officier radio agent des services spéciaux militaires français (SSMF/TR).

Fils de Paul Bozzi, alors propriétaire âgé de trente-quatre ans, demeurant à Coti-Chiavari, et de son épouse Lucie Sanvité, alors ménagère également âgée de trente-quatre ans, Michel Bozzi naquit au domicile de ses parents. Il se maria le 7 octobre 1933 à Alger, avec Pascaline Pace.

Il s’était engagé à dix-huit ans à l’intendance de l’armée à Ajaccio. Transféré en Algérie dans le 1er régiment de zouaves, résidant à Alger, il devint sous-officier. Il fut promu adjudant-chef en 1940.
En novembre 1942, quand les Alliés débarquèrent en Afrique du nord, il fut alors détaché au 2e Bureau. Il avait été recruté dans les services spéciaux par l’officier de gendarmerie Paulin Colonna d’Istria.
Volontaire pour une mission secrète dans son île natale, il quitta Alger à bord du sous-marin Casabianca et débarqua sur la plage d’Arone, commune de Piana, le 6 février 1943. Il rejoignit les membres de la mission Pearl Harbour comme officier radio dans l’équipe de Jean Nicoli. Il fut arrêté sur dénonciation par la police italienne devant la poste d’Ajaccio, cours Napoléon, le 16 juin 1943.
Interné à la citadelle, puis transféré à Bastia, interrogé et torturé, il fut jugé pour espionnage le 28 août par le tribunal militaire (le même jour que Jean Nicoli et Joseph Luigi). Il fut condamné à mort et exécuté le 30 août 1943, sous les yeux de son père. Il avait une fillette de neuf ans.

Reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 32490) à titre militaire (1er régiment de zouaves), ses activités dans la Résistance ne semblent pas avoir été homologuées, pas plus qu’il ne paraît avoir reçu la médaille de la Résistance.
Son nom figure sur plusieurs monuments et stèles. Il est inscrit sur le monument aux morts de Coti Chjavari, sur celui de Bastia, sur celui de Pietrosella (Pitrusedda, Corse ; auj. Corse-du-Sud), et sur le Livre d’or de la Résistance de Sartène. On peut le lire sur le mémorial des services spéciaux de Ramatuelle (Var) ; sa biographie n’a pas été trouvé sur le site de l’association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale. Il a été honoré par une plaque commémorative à Ajaccio (située à l’entrée du gymnase Michel Bozzi, dans le quartier d’Alzo di Leva) et à Bastia (au 36 boulevard Paoli, en mémoire des membres du groupe Pearl Harbour), ainsi que par un monument à Coti-Chiavari surmonté d’un buste.
Antoine Bozzi fut inhumé dans le cimetière de sa commune natale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167944, notice BOZZI Antoine, Michel [Pseudonyme : Bianchi] par Hélène Chaubin, Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 25 novembre 2014, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Hélène Chaubin, Frédéric Stévenot

Plaque en mémoire de Michel Bozzi. Ajaccio, devant le gymnase Michel-Bozzi
Plaque en mémoire de Michel Bozzi. Ajaccio, devant le gymnase Michel-Bozzi
Monument Antoine Bozzi, Coti-Chiavari
Monument Antoine Bozzi, Coti-Chiavari

SOURCES : SHD, Caen (AC 21 P 32490). Stato Maggiore Esercito, Ufficio Storico, Roma. tribunale militare di GuerradellVII corpo d’Armata. Sentenze. (26 mars 1943-28 août 1943). – Sias Virginio, Il controspionaggio italiano in Sardegna e Corsica. – 1943, editrice S’Alvure di S. Pulisci, Oristano, 1991. – Griffi Toussaint, Preziosi Laurent, Première mission en Corse occupée, Paris, L’Harmattan, 1988. Claude Faure, Aux Services de la République, Fayard, 2004. — Site Internet : Les Corses morts pendant la deuxième guerre mondiale ; Mémoire des hommes ; Mémorial GenWeb. — État civil, Arch. de Corse, 6 MI 98/11 (acte de naissance, n° 5).

ICONOGRAPHIE : Mémorial GenWeb

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