PERTHUIS Hilaire, Ferdinand, Joseph

Par Daniel Grason

Né le 24 avril 1910 à Laval (Mayenne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ajusteur ; militant communiste.

Fils d’Hilaire et d’Amélie, née Chauvin, Hilaire Perthuis épousa Yvonne Lorieul le 26 octobre 1935 à la mairie d’Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine). Une fille, Yvette, naquit le 16 décembre 1928. La famille habita 114 bis rue Victor-Hugo, puis en mars 1942 au 90 rue du Moulin-de-Pierre à Clamart (Seine, Hauts-de-Seine) où Yvonne était concierge non rétribuée.
Il sympathisa avec le Parti communiste, en 1936, dans l’élan et les espoirs du Front populaire puis adhéra en 1938. Il travailla en qualité d’ajusteur à la Précision Moderne, 52 quai de Jemmapes à Paris (Xe arr.).
Son nom fut trouvé sur une liste en possession de René Guégan, responsable régional du Parti communiste de Paris Sud. Le 26 juin 1942, des inspecteurs de la BS1 arrêtèrent Hilaire Perthuis sur son lieu de travail en tant que militant communiste. Il fut emprisonné au Dépôt du quai de l’Horloge, à Paris (Ier arr.) et interrogé par les Allemands, qui lui reprochèrent de ne pas avoir dénoncé Guégan. Il fut transféré au fort de Romainville le 7 août.
Le 5 août 1942, deux grenades furent lancées par des résistants communistes sur des militaires allemands qui s’entraînaient au stade Jean-Bouin (XVIe arr.). Deux furent tués, cinq grièvement blessés et quinze autres blessés. Les occupants allemands décidèrent le 10 août de fusiller quatre-vingt-huit otages au Mont-Valérien.
Le lendemain, Hilaire Perthuis fut passé par les armes le 11 août à 9 h 05 au Mont-Valérien. Le journal collaborationniste Le Matin annonça le 11 août dans un « Avis » que « pour répondre à chaque attentat [...] 93 otages terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices » étaient fusillés. Tous les otages furent incinérés au Père-Lachaise. Dans une lettre datée du 19 août 1942, Yvonne Perthuis demanda des nouvelles de son mari qui avait quitté le Dépôt pour « une destination inconnue ».
Elle releva qu’il ne s’était « jamais livré, à l’usine ou ailleurs, à aucune agitation politique ». Dans une attestation qu’elle joignit à son employeur, elle écrivit « qu’il n’a jamais fait d’agitation politique, qu’il était très ponctuel dans son travail et qu’il a toujours donné satisfaction ». Le chef de fabrication de l’entreprise s’engagea « à le reprendre en cas d’élargissement ».
Après la guerre, Hilaire Perthuis fut réinhumé dans le carré militaire du cimetière de Clamart. Le conseil municipal donna son nom à une rue de la ville. Le secrétariat général aux Anciens Combattants lui attribua la mention « Mort pour la France » le 4 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168065, notice PERTHUIS Hilaire, Ferdinand, Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 27 novembre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, 1W 0217. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb.

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