PIOUX Roger, Daniel, Maurice

Par Daniel Grason

Né le 4 juillet 1914 à Rugles (Eure), fusillé le 24 novembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre ; résistant.

Fils d’Anatole et de Germaine, Roger Pioux demeurait à l’hôtel du 29 rue des Partants dans le XXe arrondissement de Paris et travaillait comme manœuvre à la société Astra à Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). Mobilisé lors de la déclaration de guerre, il fut démobilisé le 1er août 1940.
Le 18 octobre 1941 vers 23 h 30, il fut interpellé rue des Amandiers (XXe arr.) par des gardiens de la paix alors qu’il rentrait chez lui. Porteur de deux tracts édités par le Parti communiste, « 1er Mai 1941 : Message des ouvriers de Coventry aux ouvriers français » et « Marcel Cachin est en prison », il fut emmené au commissariat du Père-Lachaise.
Les policiers saisirent à son domicile un pistolet automatique calibre 6,35 mm sans munition et une fausse feuille de tickets de pain.
Interrogé sur procès-verbal au commissariat, il déclara ignorer le contenu du tract sur Marcel Cachin : il venait de lui être remis par une femme croisée dans la rue quelques minutes plus tôt. Quant à celui sur le 1er Mai, il déclara l’avoir ramassé lors d’une promenade en forêt de Sèvres (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine), et l’avoir gardé par « curiosité ». Il avait trouvé le pistolet dans une maison abandonnée sur la route de Paris à Amiens en mai 1940 alors qu’il était militaire ; la fausse feuille de tickets de pain, une personne inconnue lui en avait fait cadeau quelques jours auparavant. Il affirma qu’il n’avait jamais été membre du Parti communiste.
Inculpé pour « propagande clandestine » et « détention d’arme prohibée », il fut livré aux autorités allemandes. Incarcéré au Cherche-Midi (VIe arr.), prison administrée par les Allemands, il fut jugé le 31 octobre par le tribunal du Gross Paris, qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.).
Condamné à mort pour « détention d’arme prohibée », il a été passé par les armes le 24 novembre 1941 au Mont-Valérien.
Son inhumation eut lieu au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), 39e division, 3e rangée, fosse 15.
Anatole Pioux, son père, écrivit au préfet de police le 3 juin 1946. Le dossier de son fils ayant été brûlé à la prison du Cherche-Midi, il demandait une pièce justificative attestant que son fils avait été fusillé afin d’obtenir une pension.
Le ministère des Anciens Combattants attribua à Roger Pioux la mention « Mort pour la France » le 5 juin 1972.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168092, notice PIOUX Roger, Daniel, Maurice par Daniel Grason, version mise en ligne le 30 novembre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0038, 77W 76. – DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-2022/41 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb.

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