PRAROND Ernest

Par Laurent Thiery

Né le 30 mai 1896 à Abbeville (Somme), sans doute fusillé le 5 avril 1944 à Arras (Pas-de-Calais) ; pilote dans l’aviation ; résistant de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Plaque consacrée à Prarond se trouve rue de Cottenchy à Amiens.

Ernest Prarond est le petit-fils du célèbre poète éponyme et maire d’Abbeville. Élève au lycée de la même ville, il fut admis à l’école d’aviation du Crotoy (Somme) à dix-sept ans et devint ensuite pilote à l’escadrille des Cigognes. En pleine Première Guerre mondiale, le 7 avril 1915, il fut affecté à l’aviation militaire.
Après la Première Guerre mondiale, il participa activement au développement de l’aviation aux commandes d’un Caudron-Luciole. Rappelé sous les drapeaux, il effectua la campagne de 1939 au contrôle postal militaire. Fait prisonnier par les Allemands, il fut libéré, en 1941, comme ancien combattant.
Revenu à son domicile, 2 bis rue Lamartine, à Amiens (Somme), il devint chef de district au ravitaillement général de la Somme. C’est alors qu’il entra en contact avec la Résistance. En 1942, il rejoignit le réseau Centurie, la branche renseignements du mouvement Organisation civile et militaire (OCM), puis, en juin 1943, le réseau Samson.
Ses activités, qui se concentraient en particulier sur les différents sites de tirs d’armes V allemands implantés dans la Somme, conduisirent à son arrestation par la Geheimfeldpolizei d’Arras, la police militaire, à Amiens au début d’avril. D’abord interné à la prison de la route d’Albert à Amiens, il fut ensuite transféré à l’Hôtel du Commerce à Arras, siège de « l’ange gardien des V1 ». Il fut condamné à mort par le tribunal militaire du 65e corps d’armée allemand et fusillé dans le plus grand secret, vraisemblablement le 5 avril 1944, en même temps que onze autres grandes figures de la Résistance nationale.
Le corps d’Ernest Prarond fut exhumé le 23 octobre 1944 dans les fossés de la citadelle d’Arras, comme le fusillé no 9 d’une fosse commune en contenant douze et qui, soigneusement camouflée par les Allemands, n’a été découverte qu’à la suite de sondages. Le lieutenant-colonel Pierre Ducornet, qui était en relations avec Ernest Prarond depuis 1917, put alors le reconnaître grâce à ses cheveux, et surtout à son appareil dentaire très spécifique. Avec lui reposaient ses anciens camarades de Résistance, notamment Alfred Touny et Raoul François.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168173, notice PRAROND Ernest par Laurent Thiery, version mise en ligne le 4 décembre 2014, dernière modification le 27 avril 2021.

Par Laurent Thiery

Plaque consacrée à Prarond se trouve rue de Cottenchy à Amiens.

SOURCES : AVCC, Caen, dossier 21p138892. – Fonds « Michel Rousseau » (La Coupole). – Site Internet www.asoublies1418.fr. – Laurent Thiery, La Répression allemande dans le nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256.

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