BARAT Victoria [née BAUCHE]

Par Daniel Grason

Née le 1er novembre 1912 à Sigy-en-Bray (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; serveuse ; communiste ; résistante internée, évadée, agent de liaison, déportée.

Victoria Barat
Victoria Barat

Fille jumelle de deux journaliers agricoles, Alfred et Victorine, née Lemaire, Victoria épousa le 31 août 1935 André Barat, en mairie de Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine), le couple eut trois enfants, demeurait dans la ville au 76 Rue de Paris. Elle travaillait comme serveuse dans un café-restaurant au 32 Rue des Rosiers à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis). L’établissement était fréquenté par de nombreux ouvriers qui travaillaient dans les petites entreprises du secteur.

Membre du parti communiste, le 22 février 1942 vers 18 heures, elle était interpellée par quatre inspecteurs de la BS2 alors qu’elle allait entrer avec Léon Landsoght dans une baraque de l’impasse Paul-Bert au marché aux Puces de Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis). Le local servait de dépôt. Une très grosse quantité de matériel y était stocké : 850 000 tracts, une ronéo, une machine à écrire et une tonne et demi de papier blanc.

Dans son sac à main les policiers saisissaient une carte d’alimentation au nom de Mosnay, une carte de tabac au nom de Larrieu. Elle portait sur elle une carte textile au nom d’Alfred Ottino, fusillé depuis le 26 août 1941 au Mont-Valérien.
Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales, une confrontation était organisée avec un membre de l’organisation précédemment arrêté. Il affirma qu’il lui avait remis deux ou trois fois des rouleaux de papier qui contenaient quelques tracts. Elle rétorqua que cela était faux et qu’elle ignorait l’existence du dépôt de matériel de l’impasse Paul-Bert.

Connue pour avoir été en relation avec Alfred Ottino, sa carte d’alimentation au nom de Mosnay avait été établie grâce à un client régulier du café-restaurant où elle travaillait. Jean Mosnay avait prêté son livret militaire à Léon Landsoght, celui-ci fit établir la carte d’alimentation et d’autres documents dont une carte d’identité avec sa photographie.

Condamnée le 28 octobre 1942 par la Section spéciale à un an de prison et à 1200 francs d’amende pour infraction au décret du 26 septembre 1939, elle fut à l’issue de sa peine internée au camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire). Elle s’évada le 30 mai 1943, rejoignit la région parisienne, reprit contact avec la résistance communiste. Sous le pseudonyme d’Yvonne, elle devint agent de liaison du commissaire aux opérations responsable de la moitié de la région parisienne.

Victoria Barat était à nouveau arrêtée le 6 mars 1944, elle demeurait 26 Rue des Renaudes à Paris XVIIe arr., possédait des faux-papiers au nom d’Anna Dars. Emprisonnée au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis), elle était dans un wagon qui partit le 6 juillet à destination de Sarrebruck, les cinquante-et-une détenues restèrent trois semaines au camp de Neue Bremm, puis furent envoyées au camp de Ravensbrück (Allemagne). Affectée au Kommando de Neubrandenburg où les détenues travaillaient pour la firme Siemens. Rapatriée avec les autres détenues au camp de Ravensbrück, le camp fut libéré le 30 avril 1945 par l’armée Soviétique, matricule 47267, Victoria Barat était vivante.

La date de sa mort ne figure pas sur son acte de naissance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168303, notice BARAT Victoria [née BAUCHE] par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 décembre 2014, dernière modification le 27 mars 2019.

Par Daniel Grason

Victoria Barat
Victoria Barat

SOURCES : Arch. PPo. 77W 239, KB 18, PCF carton 16 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – État civil, Sigy-en-Bray.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 172

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