BLANC Gilbert, Clément, Joseph

Par Alain Dalançon

Né le 14 juin 1939 à Die (Drôme) ; conseiller d’orientation puis directeur de centre d’information et d’orientation ; militant syndicaliste du SNET puis du SNES, membre de la CA nationale (1971-1981), secrétaire national de catégorie des personnels d’orientation (1973-1979) ; militant communiste, conseiller municipal à Digoin (1971-1973) ; adjoint puis maire de Glandage (1992-2001).

Congrès SNES 1976 (coll. IRHSES)
Congrès SNES 1976 (coll. IRHSES)

Fils de commerçants-paysans, Gilbert Blanc fut élevé dans un petit village de montagne de la Drôme, Glandage, où restait vivante la mémoire des 10 000 résistants du département au coup d’État du 2 décembre 1851 (son aïeul, Alexandre Peyre avait été déporté) et de la Résistance des Francs-Tireurs et Partisans durant la Seconde Guerre mondiale.

Après l’école communale dans son village où il fut aussi enfant de chœur, Gilbert Blanc alla au collège classique et moderne de Die, puis entra à l’École normale d’instituteurs de Valence où il fut élève-maître de 1955 à 1959. Il adhéra alors au Syndicat national des instituteurs et une première fois en 1959, durant une année, au Parti communiste français.

Gilbert Blanc suivit ensuite deux années de scolarité à l’Institut national d’étude du travail et d’orientation professionnelle de Paris (1960-1962). À sa sortie, il fut affecté en 1962-1963 comme conseiller d’orientation à l’annexe de Digoin (Saône-et-Loire) du centre d’orientation scolaire et professionnelle de Mâcon. Marié à Christiane Dufféal, également conseillère d’orientation, et père d’un premier enfant, il fut réformé du service militaire pour raison médicale au bout de dix-sept jours d’incorporation dans un régiment de Tirailleurs marocains. Il obtint un poste double à la rentrée 1963 au centre de Digoin avec son épouse, qui devint directrice de ce CIO quand il devint autonome, puis directrice du CIO de Lyon VIe arr.. Ils eurent deux autres enfants. Devenu lui-même directeur du CIO de Villefranche-sur-Saône (Rhône) en 1973, il fut muté en 1981 à la direction de celui de Villeurbanne/Vaulx-en-Velin (Rhône), où il termina sa carrière en 1997, après avoir bénéficié d’un service réduit pour cessation progressive d’activité à partir de 1995, puis d’un congé de fin d’activité.

Adhérent au Syndicat national de l’enseignement technique dès l’INETOP, Gilbert Blanc fut secrétaire de la section(S1) des élèves conseillers de 2e année (1961-1962) puis, devenu conseiller d’OSP, responsable de sa catégorie de la section académique (S3) de Dijon ; il fut délégué (hors-tendance) au congrès national de fusion du SNET et du Syndicat national de l’enseignement secondaire en 1966. Dans le nouveau SNES (classique, moderne, technique), il demeura responsable de sa catégorie dans le S3 de Dijon, membre ("Unité et action") de la CA académique et du bureau de la section départementale (S2) de Saône-et-Loire ; il siégeait en même temps à la commission paritaire académique.

Au cours des dix années passées à Digoin, ayant repris sa carte au PCF en 1967, tandis que sa femme y adhérait, Gilbert Blanc était également un des cinq élus communistes et républicains au conseil municipal en 1971, sur la liste d’opposition conduite par Marcel Geoffroy, résistant, adjoint au maire à la Libération, modeleur à l’usine CEC (Sanitaires Allia), face à la majorité du maire de centre-gauche.

Mais Gilbert Blanc refusa de se présenter aux élections cantonales, préférant se consacrer au syndicalisme et à diverses activités associatives. Outre son action pour la mise en place d’un « véritable service de psychologie et d’orientation ayant pour mission, en équipe avec les professeurs, de travailler à l’adaptation réciproque de l’élève et de l’éducation, avec un objectif explicite de justice sociale et d’efficacité économique », Il participa aux actions locales qui permirent l’ouverture d’un centre aéré et surtout la création du lycée de Digoin. Avec son épouse, il participa à de nombreuses actions de la Fédération des œuvres laïques : éducation sexuelle et planning familial, stages de l’École des parents et des éducateurs, stages pour la formation d’animateurs de foyers socio-éducatifs, puis stages de formateurs d’animateurs. De son côté, son épouse était vice-présidente départementale de la Saône-et-Loire de la Fédération des conseils de parents d’élèves.

Entre 1968 et 1981, Gilbert Blanc collabora au groupe de travail permanent national « psychologie et orientation » du SNES dans l’équipe d’abord animée par Jacques Romian, et comme ce dernier, au début des années 1970, au groupe de travail « psychologie et information » du PCF animé par Maurice Perche (directeur de L’École et la Nation) et Noël Barthes (directeur du CIO de Paris 13e). Il succéda en 1977 à Jacques Romian dans l’animation du groupe de travail du SNES et au secrétariat national de la catégorie (1973-1979). À ce titre, il participa au combat pour l’obtention du statut des personnels d’information et d’orientation en 1972, puis à la lutte pour faire respecter l’esprit de leur mission, l’abaissement de leurs maxima de service et l’obtention de congés pendant les vacances solaires. Cette action était complétée par la défense individuelle des personnels en tant qu’élu commissaire paritaire national.

Membre de la CA nationale (élu suppléant en 1971, puis titulaire de 1973 à 1979), il participait en outre aux travaux de la commission pédagogique, en particulier à tout ce qui concernait la vie scolaire, à ceux de la commission laïque et contribuait en tant qu’élu des personnels de l’orientation aux interventions du syndicat au Conseil de l’enseignement général et technique. Il participait également à la représentation du SNES dans les associations internationales d’orientation. Dénonçant la « réussite de l’échec scolaire », il rêvait de fonder une « psychologie de l’éducation propre au cadre scolaire et aux équipes éducatives » et recherchait l’unité avec les psychologues scolaires des écoles.

Ayant passé le témoin de la responsabilité de la catégorie à Michel Zerwetz* en 1979, Gilbert Blanc resta membre suppléant de la CA nationale du SNES durant deux mandats (1979-1983) et membre de la CA du S3 de Lyon. À partir de 1981, il se consacra pleinement à une action de terrain à Vaulx-en-Velin en faveur du droit à une scolarité de second degré normale pour tous les enfants de cette cité, action menée aux franges de l’Administration et du syndicat ; il bénéficiait en effet d’une mise à disposition pour un mi-temps. Il présida à la création d’un Observatoire local pour la réussite scolaire et contribua à obtenir que la Région et le ministère de l’Éducation nationale acceptent la création d’un lycée polyvalent à Vaulx-en-Velin en 1994. Au cours de cette période, il noua, pendant un temps, des relations d’amitié et d’estime avec Maurice Charrier, maire communiste de Vaulx-en-Velin, et fit partie du groupe restreint de personnes (avec notamment Azzouz Begag) qui réfléchissaient avec lui aux problèmes de Vaulx-en-Velin.

En août 1989, Gilbert Blanc et son épouse participèrent en tant que Lektor à la Pädagogischen Hochschule Karl Liebknecht de Postdam, au dernier des stages initiés en 1961 par un groupe de journalistes de l’Humanité, à l’intention des professeurs de RDA enseignant le français. Depuis 1992, il avait cessé son adhésion au PCF mais continuait de voter pour ses candidats. Il s’était investi dans la vie municipale de son village de Glandage, dont il fut élu de 1992 à 2001, exerçant la responsabilité d’adjoint, puis de maire pendant quatre ans (1997-2001).Toujours abonné à l’Humanité et syndiqué au SNES en 2006, il avait été signataire de « l’Appel des 200 » pour le non au référendum en 2005.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16831, notice BLANC Gilbert, Clément, Joseph par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 30 décembre 2018.

Par Alain Dalançon

Congrès SNES 1976 (coll. IRHSES)
Congrès SNES 1976 (coll. IRHSES)

SOURCES : Arch. IRHSES (dont CA, congrès, secteur orientation et L’Université syndicaliste). — Renseignements fournis par l’intéressé.

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