D’HALLENDRE Eugène, François

Par Julien Lucchini

Né le 21 août 1898 à La Madeleine (Nord), fusillé le 27 décembre 1943 au fort de Bondues (Nord) ; cheminot ; militant socialiste ; syndicaliste CGT ; conseiller municipal de La Madeleine ; résistant, membre du réseau Voix du Nord et responsable de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Eugène d’Hallendre

Fils d’Eugène d’Hallendre, peigneron, et d’Eugénie, Florentine Baumont, étaleuse, Eugène d’Hallendre avait été engagé volontaire de la Grande Guerre en 1916. Il avait servi dans la marine, puis l’aviation, avant de prendre part, les hostilités finies, à l’occupation de la Rhénanie.
En 1921 ou 1922, il devint contrôleur technique au service Voie et Bâtiments de la SNCF. Il vivait alors à La Madeleine. Il s’y était marié le 13 août 1921 et était père d’un fils nommé Edgard. Vice-président de l’Amicale laïque Victor-Hugo, il militait également à la CGT et fut un temps conseiller municipal de La Madeleine.
Dès 1940, Eugène d’Hallendre s’opposa au régime vichyste et signa pas moins de 24 tracts de décembre 1940 à septembre 1941. Ces tracts étaient signés de son matricule militaire (63675). Membre du réseau de résistance Voix du Nord depuis 1940, il était devenu chef régional de l’Organisation civile et militaire à sa création. Il y fut chargé de la création des groupes locaux, ainsi que de la réception du colonel Passy lors de son parachutage. Il repérait également des terrains d’atterrissage possibles pour les forces alliées et réceptionnait les armes parachutées. Il était en lien avec les réseaux Pat O’Leary et Comète, pour lesquels il œuvra à l’organisation d’évasions de pilotes britanniques (notamment par la ligne Bruxelles-San Sebastian).
Résistant gaulliste, si l’on en croit les renseignements fournis par les travaux du musée de la Résistance de Bondues, il semble qu’il ait reçu, par l’intermédiaire du colonel Passy, des instructions émanant du général de Gaulle. Ces instructions, qui annonçaient un débarquement sur les côtes du Nord pour la fin 1943, organisaient le réseau OCM en trois branches : coups de main, sabotage, évasion. Eugène d’Hallendre fut chargé de la tête de la troisième branche.
Arrêté le 20 juillet 1943 avec son fils à La Madeleine par la Gestapo, pour « activité en faveur de l’ennemi » et « menées gaullistes », il fut condamné à mort le 12 décembre par le tribunal militaire allemand FK 678 de Lille (Nord), et fusillé le 27 au fort de Bondues. Son fils Edgard, qui était en charge de la formation de groupes de résistance étudiante, fut incarcéré à la citadelle de Huy (Belgique). La libération de la citadelle par les troupes américaines empêcha probablement sa déportation. Lucienne d’Hallendre, épouse d’Eugène et mère d’Edgard, fut condamnée à trois ans de travaux forcés et envoyée à Gross-Rosen (Pologne).
Eugène d’Hallendre a reçu la Légion d’honneur à titre posthume, ainsi que la Croix de guerre, la Médaille de la Résistance et la Medal of Freedom. Son nom figure sur le monument commémoratif du fort de Bondues, ainsi que sur plusieurs plaques et monuments de La Madeleine. Une école et une rue de La Madeleine ont été baptisées en son honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168318, notice D'HALLENDRE Eugène, François par Julien Lucchini, version mise en ligne le 9 décembre 2014, dernière modification le 11 mars 2020.

Par Julien Lucchini

Eugène d’Hallendre

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 4/B VIII 5 (Notes Thomas Pouty). – Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, 2010. – Mémorial GenWeb. – État civil.

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