MASSON Charles

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 20 décembre 1912 à Romilly-sur-Seine (Aube), fusillé comme otage le 18 avril 1942 à Montgueux (Aube) ; ouvrier bonnetier ; militant communiste ; résistant.

Charles Masson, marié, un enfant, était ouvrier bonnetier à Romilly-sur-Seine. C’était un militant communiste notoire avant guerre. De ce fait, il fit l’objet de poursuites et de recherches dès 1940 par la police française. En 1941, il dut entrer dans l’illégalité car la police le recherchait, le considérant comme en fuite. À la suite de l’attentat du 10 janvier 1942 contre la soldatenheim de Dijon, la Gestapo recherchait les auteurs de l’attentat. Le 29 janvier 1942, une vaste opération de police fut menée dans les milieux communistes de l’Aube, elle concerna 231 meublés et hôtels. Un important dirigeant clandestin, responsable de l’Yonne et de l’Aube, Jean-Pierre Ringenbach, fut surpris et arrêté dans sa planque du 2 rue de l’Égalité à Troyes. On y trouva une ronéo, des tracts, des journaux et notamment une photo d’identité de Charles Masson qui fut aisément identifié par la police. Ce fut le début de l’affaire Ringenbach : affreusement torturé, subissant un simulacre d’exécution, il ne parla pas dans un premier temps. Condamné à mort le 19 février 1942, il attendait son sort quand tout bascula le 24 février : il livra les noms d’une vingtaine de militants. En échange, sa peine fut commuée en dix ans de forteresse en Allemagne. Furent notamment arrêtés à la fin février 1942 : Jules et Louise Ferrouille*, René Pellerin, Léon Henry, Jean-Marie Creux, René Roulot, Émilien Jacquin et Charles Masson. Ces prisonniers politiques, devenus des otages en puissance, furent incarcérés à la prison de Troyes, rue Hennequin.
En représailles à un attentat commis au Havre le 2 avril 1942, cinq militants communistes appréhendés dans le cadre de l’affaire Ringenbach ont été fusillés sur la colline de Montgueux le 18 avril 1942 : Jules Ferrouille, Jean-Marie Creux, René Roulot, Émilien Jacquin et Charles Masson. Léon Henry et René Pellerin, également arrêtés suite aux aveux de Ringenbach ont été fusillés quelques jours après, le 30 avril 1942.

Son nom figure sur la stèle commémorative de Montchaux à Montgueux avec treize autres.


Voir Montchaud, commune de Montgueux (1940-1942)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168336, notice MASSON Charles par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 12 décembre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Paul Nicolas

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – J.-P. Besse et T. Pouty, Les fusillés (1940-1944), op. cit., p. 98. – Notes Sébastien Touffu, in CDrom La Résistance dans l’Aube ; AERI-CRDP Champagne-Ardenne.

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