ZIMMERMANN Jean Pierre Joseph

Par Frédéric Stroh, Léon Strauss

Né le 19 octobre 1926 à Carspach (Haut-Rhin), pendu le 18 août 1944 à Cerreta (Italie) ; incorporé de force dans la Waffen-SS.

Photo d’un Jean Zimmermann dans les fichiers de l’Association des familles de fusillés (MRN) mais rien n’indique qu’il s’agit du même. Il semble d’ailleurs plus âgé.

À la suite de l’annexion de fait de l’Alsace au Reich en 1940 et des décrets d’incorporation d’août 1942, Jean-Pierre Zimmermann fut contraint de servir en 1943 comme Luftwaffenhelfer (lycéen contraint de servir dans la DCA), puis d’accomplir le Reichsarbeitsdienst (service du travail du Reich). Il fut ensuite mobilisé dans la division Waffen-SS-Totenkopf (Tête de mort) en Pologne. Il se retrouva ensuite en Hongrie où il fut affecté à la 16e division blindée Reichsführer-SS, qui partit en Italie.
Après l’échec de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, Jean-Pierre Zimmermann et un autre Alsacien, Charles Kreutter, exprimèrent publiquement leur regret : « Dommage qu’il n’ait pas crevé ! Ce salaud a toutes les chances ! » Ils furent dénoncés à leur Obersturmführer (lieutenant) et furent jugés par le Feldgericht-Feldpostnummer 36 800, présidé par le Dr Sammer, SS-Hauptsturmführer (capitaine) et juge SS de réserve, qui les condamna à la peine de mort le 17 août 1944. La grâce leur ayant été refusée, ils furent pendus publiquement le 18 août 1944 et furent enterrés au cimetière de Cerreta.
Le corps de Zimmermann fut transféré à Carspach en 1946. La mairie avait été prévenue le 29 août 1946, son acte de décès a été établi le 17 avril 1948.
Les fichiers du WASt à Berlin ignorent la pendaison et le considèrent comme « tombé ».
Il a été reconnu « Mort pour la France » le 19 octobre 1951.

Dans une lettre d’adieu, Jean-Pierre Zimmermann écrivait : « Il ne me reste plus que quelques jours, peut-être quelques heures à vivre et à pouvoir penser à vous. Hier, 15 août, en cette belle fête de l’Assomption de la Vierge, j’ai été condamné à mort ainsi que mon ami Charles Kreutter, de Waldighoffen, par le Feldgericht. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est, ni ce que je ressens en pensant à la peine et au chagrin qui vous frapperont en apprenant la nouvelle.
_ Pourtant, croyez-moi, ce que j’ai fait n’est guère criminel. Je vous prie de transmettre mes dernières pensées à mes parents et amis, oncles, tantes et cousines. Qu’ils conservent de moi un bon souvenir et qu’ils prient Dieu pour moi. Je dis adieu au cher et beau village, à son église, aux champs et à la campagne, à la chère maison paternelle où j’aimais tant vivre. J’aurais tellement aimé vous revoir tous. Mais Dieu en a décidé autrement. Saluez Monsieur le curé de ma part. Qu’il veuille bien conserver de moi un bon souvenir. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168431, notice ZIMMERMANN Jean Pierre Joseph par Frédéric Stroh, Léon Strauss, version mise en ligne le 12 décembre 2014, dernière modification le 27 avril 2022.

Par Frédéric Stroh, Léon Strauss

Photo d’un Jean Zimmermann dans les fichiers de l’Association des familles de fusillés (MRN) mais rien n’indique qu’il s’agit du même. Il semble d’ailleurs plus âgé.

SOURCES : G.-G. Nonnenmacher, La grande honte, Colmar, 1965, p. 176. – Eugène Riedweg, Les « Malgré nous ». Histoire de l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans dans l’armée allemande, Mulhouse, 1995, p. 172-174. – Pierre Huther (sous la dir.), 1939-1945, L’Alsace déchirée, Ostwald, 2004, p. 127-131. – N. Mengus, A. Hugel, Entre deux fronts, les incorporés de force alsaciens dans la Waffen-SS, 2007, t. 1, p. 188-191.— Mémoire des hommes.

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