BITOT Claude

Par Philippe Bourrinet

Né le 19 octobre 1937 à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), chaudronnier, puis traceur dessinateur industriel ; militant PSU, PCF, puis groupe « Programme communiste », « bordiguiste ». Auteur de trois livres de réflexion sur le « projet communiste » aujourd’hui.

Claude Bitot, dont la mère avait travaillé avant-guerre dans une maison bourgeoise et le
père était chauffeur de maître, suivit une formation d’ouvrier chaudronnier. Il s’orienta politiquement à la fin de la guerre d’Algérie : il adhéra quelques mois au PSU, en 1961, puis au PC en 1962, pour peu de temps, juste au moment de la manifestation du métro Charonne à laquelle il participa (8 février 1962), où neuf personnes trouvèrent la mort : « Je me souviens qu’on a attaqué à coups de pierres un car de flics qui nous fonçait dessus et j’ai évité de justesse qu’il ne me renverse ».

Il fut alors contacté par le groupe « Voix ouvrière » (ancêtre de « Lutte ouvrière »), mais cherche sa voie ailleurs. C’est en effet la lecture de la revue Programme communiste, trouvée en kiosque, qui l’amène à prendre contact avec le groupe bordiguiste, où il entre à la fin de 1962, en même temps que Serge Demianiw (1929-1985). Accompagné de Roger Dangeville, il rencontra pour la première fois Bordiga en mars 1963 lors d’une réunion générale à Milan.

Lors de la scission de 1966, qui vit le départ de Dangeville, des « deux Jacques » (Angot et Jacques Camatte), il prit fait et cause pour la direction du « Parti ». Il quitta le groupe « programmiste » au printemps 1968, en même temps que Serge Demianiw. Vers 1969-1970, il prit contact avec le cercle de discussion autour de Révolution internationale, mais sans s’y engager. Il cessa le contact avec ce groupe estimant « qu’ils n’étaient pas assez clairs en ce qui concerne le parti ». Restant « bordiguiste », rejetant « le mouvement étudiant comme purement petit bourgeois », il créa en 1972 avec Philippe Leclerc la revue Parti de classe, qui n’eut qu’un numéro. Sa couverture portait deux marteaux entrecroisés, éliminant ainsi la faucille, et donc la paysannerie comme « classe révolutionnaire ». Il considérait que « la révolution serait désormais purement prolétarienne, avec pour premier modèle celle qui s’était initiée en Allemagne en 1918-19, avec rejet du parlementarisme dit ‘révolutionnaire’ et des syndicats, un peu comme l’avait fait le KAPD, mais en mettant plus l’accent sur le Parti ».

Après un long silence de presque vingt ans, pour raisons personnelles, Claude Bitot a publié depuis 1995 trois ouvrages sur le « projet du communisme » pour « dépasser le capitalisme ». S’éloignant d’une forme de marxisme « industrialiste », il estime que « le prolétariat n’a pas été cette classe à même d’abattre le capitalisme ». La perspective communiste existerait mais resterait fragile, alors que le système « se dirige tout droit vers son auto-effondrement ». Il estime que la crise écologique de la planète ne permet d’envisager, suite à cet « auto-effondrement », rien d’autre qu’« un communisme de la survie, avec lequel l’austérité sera de rigueur, strictement égalitaire, qui devra faire avec les moyens du bord confronté qu’il sera à la pénurie ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168465, notice BITOT Claude par Philippe Bourrinet, version mise en ligne le 15 décembre 2014, dernière modification le 20 novembre 2020.

Par Philippe Bourrinet

OEUVRE : Le communisme n’a pas encore commencé, Spartacus, Paris, 1995. – Quel autre monde possible ? Retour sur le projet communiste, Colibrì, Milan, mars 2008. – Repenser la révolution : quelle voie pour dépasser le capitalisme ?, Spartacus, Paris, 2013.

SOURCES : Parti de classe, n° 1, 1971. – Le communisme n’a pas encore commencé, Spartacus, Paris, 1995. – Quel autre monde possible ? Retour sur le projet communiste, Colibrì, Milan, mars 2008. – Repenser la révolution : quelle voie pour dépasser le capitalisme ?, Spartacus, Paris, 2013. – Interviewes (2013-2014).

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