BLANC Paul, Jacques

Par Jacques Girault, Pierre Gros, Gilles Morin

Né le 28 juin 1904 à Saint-André-de-Valborgne (Gard), mort le 4 mai 1980 à Saint-André-de-Valborgne ; instituteur puis représentant ; militant syndicaliste du SNI ; socialiste, maire et conseiller général de Saint-André-de-Valborgne (1964-1973).

Fils d’un militaire et d’une institutrice, Paul Blanc entra à l’École normale d’instituteurs, obtint le brevet supérieur et devint instituteur en 1923. Il se maria à Saint-Jean-de-Valeriscle (Gard) en mai 1926 avec Paulette Cavalier.

Socialiste SFIO depuis 1923, Paul Blanc devint secrétaire de la section locale, puis secrétaire adjoint de la fédération. Instituteur à Garons, adhérent au syndicat national des instituteurs, il fut élu en février 1930 au conseil syndical de la section départementale qui lui confia la trésorerie. En décembre 1931, il cumula la fonction de trésorier avec celles de gérant du bulletin, de secrétaire adjoint et de représentant du syndicat à l’Union locale CGT. Ces années furent marquées par une grave crise de désyndicalisation, conséquence notamment de l’attitude violente des minoritaires de l’Opposition syndicaliste révolutionnaire, militants de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement dominée par les communistes. Blanc devint le secrétaire général le 14 juillet 1932, élu à l’unanimité par le conseil syndical. Malgré de longs efforts il ne put obtenir, en mars 1935, la constitution d’une liste d’union à cause de l’intransigeance des minoritaires. En janvier 1936, il fut réélu lors du renouvellement du conseil syndical sur une liste unique se plaçant « sous le signe de l’unité syndicale ». Il devint secrétaire adjoint de l’Union départementale CGT après le congrès d’unification de Toulouse en mars 1936. En avril 1937, il était élu au conseil départemental de l’enseignement primaire, obtenant personnellement 401 voix sur 491 votants. Il ne se représenta pas en mars 1938 sur décision du conseil syndical qui estimait qu’il était trop marqué politiquement. Réélu au conseil syndical en novembre 1937, maintenu comme secrétaire général, dans les discussions internes, il se prononçait souvent pour des positions minoritaires. Il appela énergiquement ses camarades à faire grève, le 30 novembre 1938, contre les décrets-lois Daladier-Reynaud qui remettaient en cause les acquis du Front populaire. Les grévistes subirent une retenue de huit jours de salaire.

Mobilisé en août 1939, Paul Blanc fut remplacé au secrétariat de la section. Il fut fait prisonnier à Dunkerque, interné en Prusse puis rapatrié sanitaire en 1942. Instituteur en classe de huitième au lycée de garçons de Nîmes, il fut mis en congé d’invalidité pour raisons de santé. Il participa à la Résistance et devint le responsable de la section « Noyautage des administrations publiques » dans la section du Gard du Mouvement de Libération nationale (1943-1944).

Après la guerre, Paul Blanc devint le chef de cabinet du maire socialiste de Nîmes, puis le représentant départemental de SUDEL, la maison d’édition du SNI. Il eut surtout une activité politique. Il présenta la motion en faveur de l’unité organique immédiate avec le Parti communiste au congrès de la fédération socialiste SFIO du Gard en juillet 1945 (123 mandats pour, 166 allant à la motion Bruguier hostile à celle-ci). Il fut délégué au congrès national.

Conseiller municipal, Blanc était correspondant du Comité socialiste d’études et d’action pour la paix en Algérie en 1957. L’année suivante, il quitta le Parti socialiste SFIO et fut secrétaire de la section nîmoise du Parti socialiste autonome en 1959. Il adhéra au Parti socialiste unifié à sa fondation en avril 1960 et devint secrétaire adjoint de la fédération. Conseiller général du canton de Saint-André-de-Valborgne, élu comme PSU en 1964, Blanc succédait à Ozil*, décédé. Il devint maire de Saint-André-de-Valborgne en 1965. En 1966, il se rendit avec d’autres conseillers généraux en République démocratique allemande. Comme socialiste SFIO à nouveau, il fut réélu conseiller général en 1967.

Sa carrière politique se termina en 1973 à la suite d’une attaque cérébrale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16847, notice BLANC Paul, Jacques par Jacques Girault, Pierre Gros, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 4 janvier 2022.

Par Jacques Girault, Pierre Gros, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., 581AP/128/443, F/1cII/553. — Archives A. Seurat. — Arch. OURS, dossiers Gard. — Fichiers adhérents du PSU. — Tribune socialiste du Gard, n° 1, 1959. — Tribune Socialiste, 21 mars 1964. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par le fils de l’intéressé.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément